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Alimentation

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...

Modérateur: W4x

Re: Alimentation

Messagepar BRG » Jeu 7 Juin 2012 15:29

Merci à tous pour vos réponses, et désolée de ne me manifester que maintenant... Merci pour cette belle synthèse Kayeza, je connaissais plus ou moins tous ces points de vue, mais ça fait toujours du bien de les voir exposés clairement...

Tu as raison Zyghna, on devrait toujours ressentir et comprendre ce que notre corps veut, mais personnellement je n'ai jamais eu un rapport très sain avec l'alimentation, et si je m'écoutais réellement je me nourrirais comme les astronautes, un petit carré concentré et hop! on n'en parle plus... Je viens d'une famille où on a testé toutes sortes de régimes, de l'acido basique au régime crétois, en passant par les aliments vapeur, le sans gluten, le régime selon le groupe sanguin... Ma mère achetait des bouquins qui expliquaient tous les défauts des autres régimes et pourquoi celui du livre était le meilleur de tous, grands schémas scientifiques à la clef...

Je suis assez sidérée de voir tout le foin médiatique qu'on peut faire autour du régime du sportif, entre les sites spécialisés ou les conseils sur les boîtes de gateaux, par rapport à la pauvreté des informations qu'on peut trouver sur les besoins du cerveau... A part quinze jours avant le bac où les nutritionnistes viennent sur les plateaux télé pour dire qu'il faut manger des pâtes et se coucher tôt :D , c'est le néant...

Je viens de trouver le bouquin du docteur Luc Bodin "nourrir son cerveau", et je suis en train de le [s]dévorer[/s] lire, c'est très intéressant, et je commence à avoir des éléments de réponse à mes questions... En plus il propose des idées de menu à la fin du bouquin, et certains plats sont délicieux, en plus d'avoir le mérite de tenir au corps :)
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Re: Alimentation

Messagepar O'Rêve » Mar 10 Jan 2017 16:07

Je relance la discussion avec quelques citations et réflexions…

« L'angoisse alimentaire semble de nature différente des craintes que nous inspirent d'autres dangers, d'une ampleur proportionnellement plus grande. Et à l'intérieur de l'angoisse alimentaire il semble qu'il y ait subdivision selon que le danger, réel ou imaginaire, soit ancien ou nouveau, facile ou difficile à penser, librement consenti ou subi. » Apfelbaum, M. (1998). Risques et peurs alimentaires. Editions Odile Jacob.

« Parce que nos aliments ne sont pas des objets ordinaires : nous les incorporons et, ce faisant, nous incorporons par analogie les qualités réelles ou imaginaires, positives ou négatives, que nous leur prêtons… Comme on le voit, l’essor de la raison et le développement des sciences et des techniques n’ont pas effacé dans nos cerveaux le «penser magique» primitif. En fait, la pensée rationnelle s’est superposée à la pensée magique sans la remplacer et les deux types de pensée cohabitent. Là, tout se complique : comme nous ne la reconnaissons pas, nous rationalisons la pensée magique, l’habillons d’oripeaux scientifiques, si bien que, au final, il est parfois bien difficile de savoir qui, de la pensée magique ou de la logique scientifique, inspire nos déductions et nos décisions »
Bieulac-Scott, M. (2008) La question alimentaire, Paris.

« L’information n’éradique pas les savoirs populaires ou les connaissances déjà présentes sur lesquels elle vient se surajouter, parfois dans la contradiction. Or il est important de prêter attention à ces contradictions mêmes, aux interférences dans l’intégration des savoirs. »
Paicheler, G. (2009).Compte-rendu de lecture de l’ouvrage « La nourriture et nous » de Christine Durif-Bruckert

« Les discours épidémiologiques sur les risques alimentaires, fondés sur des indicateurs contestables ou labiles, vident les aliments de leurs significations sociales, les réduisent à leur aspect fonctionnel, dans une « arrogance technocratique qui prétend faire le bonheur des gens malgré eux »
Paicheler, G. (2009).Compte rendu de lecture de l’ouvrage « La nourriture et nous » de Christine Durif,Bruckert

« A travers les choix de ses aliments, l’homme choisit le type d’homme qu’il désire être. »
Trémolières, J. (1993). Le grand livre de la nutrition. Laffont. Citation (p.100)


Je suis assez réceptive aux idées véhiculées par ces citations : sur les angoisses que le sujet fait naitre, sur la superposition pensée rationnelle/pensée magique dès qu’on se branche un peu sur des questions diététiques, sur les contradictions intérieures que cela amène, sur le discours ambiant (discours diététique) qui enferme les aliments dans leurs dimensions fonctionnelles en masquant leurs dimensions sociales.

Ben tout ça pour dire que les articles, ressources sur l’alimentation sont trop souvent désespérants.… Quasiment toujours abordés selon l’unique dimension fonctionnelle (le fructose, oh attention/le café est bon pour ci mauvais pour ça/le lait poison…), selon une vision normalisante (c’est pour tous pareil), en occultant la dimension affective, et le coté social et leurs possibles impacts sur l’assimilation…

Par exemple, on en arrive à lire des articles sur le sucre blanc que sous l’angle « ou lala super mauvais en toutes circonstances» (index glycémique de ouf ! produit raffiné...) Oui mais, quand on lit des articles sur le sujet, on a l’impression qu’on le mange seul, que notre organisme va l’incorporer isolément (comme si on était assis devant le bol de sucre blanc et qu’on avale une(des) cuillère(s) ou un morceau sans rien avec).
Mais si on le remet dans un contexte de une fois de temps en temps, pris en association avec d’autres aliments, mélangé à de l’œuf, des céréales complètes, des fruits, en quantité raisonnable, dans une recette époustouflante, au cours d’un repas en bonne compagnie, où l’ambiance est joviale…quel sera le résultat : le sucre est assimilé avec des fibres, protéines, de la bonne humeur….et la bonne humeur, quel rôle elle joue sur l’alimentation, sur la digestion, sur l’index glycémique ?

Ras le bol de lire tous ces articles exclusifs (tel aliment est mauvais pour tous, dans toutes les conditions d’utilisation, à tous les dosages et fréquences, et modes de cuisson…), sans relier à l’individu, au cadre, à l’émotion véhiculée (ambiance, beauté, harmonie).
J’étouffe de lire ces blogueurs(euses) et pseudo-journalistes qui copient collent les mêmes informations sans émettre le moindre esprit critique…et ainsi voir et relire ces (parfois-souvent fausses ou non vérifiées dans leur complexité) informations et mesurer l’impact de cette répétition. Et à l’opposé de lire les messages des industriels qui enjolivent et minimisent les effets de l’abus de certains de leurs produits.

Pfff, et dans tout ça ne plus savoir à qui se fier, si ce n’est aux bons vieux conseils de la diversité, de la modération, du fait maison !
Et de l’écoute du corps, quoi que… si le corps-cerveau est dans une sorte de cycle d’addiction (par exemple au sucre, au sel), il est d’abord nécessaire de prendre conscience que ce que le corps réclame est une forme d’addiction, puis de trouver des moyens de se débarrasser des signaux qui vont nous porter ce vers quoi on est addict (sucre, sel…) pour renouer avec les signaux nous indiquant ce qui est bon pour nous.
Pas facile de faire confiance à ce que dit le corps dans cette phase de transition. Suis-je addict au sucre ? Ou mon corps le réclame-t-il vraiment (hypoglycémie approchant). Il faut se réapproprier les messages corporels dans leur ensemble.
Et/ou se fier à la science ? Mais qui donne la bonne information ? C’est tellement facile aujourd’hui de faire dire plus que ce qu’une étude veut bien révéler.
Pas simple en somme ?
J’ai repéré deux livres récents qui se revendiquent scientifiques. Est-ce que certains d’entre vous les connaissent (ou les auteurs ?)
https://jacquelinelagace.net/livres/une ... lintestin/
(Parait en France fin janvier 2017) http://livre.fnac.com/a10131549/Jacquel ... l-intestin
Et
http://www.thierrysouccar.com/nutrition ... n=site-mfm

Et si vous avez de la lecture originale sur le sujet alimentation (positions singulières sortant de la dimension strictement fonctionnelle de tel ou tel aliment/ et à l’opposé de prises de position extrémistes : jamais de ceci, jamais de cela), ça m’intéresse!
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Re: Alimentation

Messagepar altima » Mar 10 Jan 2017 20:51

O'Rêve a écrit:Et si vous avez de la lecture originale sur le sujet alimentation (positions singulières sortant de la dimension strictement fonctionnelle de tel ou tel aliment/ et à l’opposé de prises de position extrémistes : jamais de ceci, jamais de cela), ça m’intéresse!

J'ai envie de dire: médecine traditionnelle chinoise, ayurveda. De quoi se faire de bonnes piles de lecture. :lol:
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Re: Alimentation

Messagepar dani » Lun 16 Jan 2017 10:33

Une source intéressante : l'ouvrage de M. de Lorgeril sur la diète méditerranéenne (avec des explications scientifiques adaptées à des non chercheurs) https://www.payot.ch/Detail/le_nouveau_ ... 2360981489

Le personnage est un peu arrogant, ce qui peut agacer, mais ses sources me semblent très solides. Et dans la littérature scientifique, l'alimentation méditerranéenne pour prévenir les maladies (cardiovasculaire et probablement aussi le cancer selon la littérature récente) devient une prévention considérée comme un "gold standard" , probablement grâce à une harmonieuse combinaison d'aliments anti oxydants et anti-inflammatoires https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27552476 : la littérature scientifique se développe beaucoup à ce sujet depuis 2-3 ans
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Re: Alimentation

Messagepar O'Rêve » Lun 16 Jan 2017 11:57

Merci Dani pour ce retour!
J’ai trouvé une interview qui me donne effectivement envie d’en savoir plus…lire son cheminement, son approche à priori non idéologique, non normative, non pharmacologique de l’alimentation, le lien entre alimentation et écologie, oui, c’est bien le type de lecture que je recherchais.
http://www.satoriz.fr/infos-produits/en ... terraneen/

Entre j’ai apprécié ces passages :
Le moins que l’on puisse dire, c’est que votre livre ne joue pas la carte des recettes préétablies…
Effectivement, nous proposons un cheminement au lecteur pour qu’il nous comprenne vraiment et nous fasse confiance sur une base rationnelle et vérifiable, tout en intégrant la notion de plaisir, qui n’est pas la même pour tous. Ceux qui essayent d’établir des normes concernant ce régime en survalorisant un aliment ou en essayant de définir des portions types s’écharpent entre eux, sans arriver à grand-chose…

Vous parlez de plaisir… Faut-il considérer que la convivialité méditerranéenne est un atout santé ?
Il faut tenir compte de l’aspect purement nutritionnel du régime méditerranéen, mais effectivement aussi du mode de vie, pour lequel les choses ne sont pour autant pas si simples. Le méditerranéen parle à table, il boit… C’est un moment d’échange. C’est très différent de ce que fait l’asiatique, qui a tendance à se taire en mangeant, voire à méditer son repas… Ce sont deux approches différentes, et je ne sais pas si l’une est meilleure que l’autre. Je n’en ferai donc pas un point central.

Ce que vous dites sur le rapport entre la consommation de viande et la santé est très éclairant, dans un domaine où il y a plus de dogmatisme que de véritables informations…
Il y a deux blocs qui s’opposent sur le sujet, avec des arguments divers. Et chacun finit par retenir les arguments qui l’arrangent, afin de défendre une idéologie. Mais a-t-on de véritables arguments santé fondés en faveur de l’un ou de l’autre ? Eh bien non, il n’y en a pas. Ou plutôt, si, mais c’est un peu déroutant : on peut dire que ce qui parait bon dans le mode de vie végétarien, ce n’est pas la façon de manger… Il y a tellement de facteurs autour de ce mode de vie chez les végétariens occidentaux qui peuvent expliquer qu’ils aillent mieux : il semble que lorsqu’ils boivent de l’alcool, ce soit intelligemment, qu’ils fument moins, sont plus préoccupés par leur mode de vie, gèrent mieux le stress… Ce sont ces différences, plus que le fait de manger de la viande ou pas, qui pourraient être importantes. Ce qui ne veut pas dire que le fait de ne pas manger de viande ne le soit pas ! Mais on ne peut pas l’affirmer.

On pense qu’un aliment possède un ou des nutriments préférentiels, et qu’il a des propriétés telles qu’on peut le consommer sous forme de capsules. Une idée qui découle du fait que la médecine moderne n’arrive pas à comprendre que la nutrition n’est pas de la pharmacologie. En fac de médecine, on apprend que la nutrition, c’est une suite de pseudo petits médicaments qui peuvent nous faire du bien. Non ! C’est beaucoup plus complexe que ça.
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Re: Alimentation

Messagepar dani » Lun 16 Jan 2017 12:05

Offtopic :
ah oui, très bon ton lien sur son interview, il amène l'essentiel de l'approche de Lorgeril, merci O' Rêve !
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Re: Alimentation

Messagepar Grabote » Mar 17 Jan 2017 10:34

Une émission de France culture "les aliments de la bonne humeur"
qui va bien dans le sens de ton questionnement O' rêve en replaçant l'acte de manger dans une globalité, tout en parlant des aliments qui favorisent la production de sérotonine !
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Re: Alimentation

Messagepar O'Rêve » Mar 17 Jan 2017 16:07

Merci Grabote. J’ai écouté l’émission.

J’ai apprécié que l’invité ne tienne pas à adopter une position interdictrice ou incitatrice sur tel ou tel aliment, qu’il ne soit pas dans un raisonnement absolutiste.
J’ai bien aimé quand il partage qu’il a tendance à penser qu’aucun aliment englouti rapidement, sans avoir conscience ni de son goût, ni de sa texture, ni de sa valeur par rapport à l’histoire personnelle ne va faire du bien.
Et puis quand il évoque le besoin de ne pas rester dans le pessimisme (alimentaire), mais le devoir qu’on a de se questionner pour mettre dans son assiette aussi un peu d’émotion positive. Avec par exemple, le fait d’instaurer une convivialité, une relation réelle. Le repas en groupe (bon, pas forcément tous les jours) qui va être producteur d’émotions positives…
Ou, par le fait d’être attentif à apporter de temps en temps un peu de nouveauté (alimentaire) pour développer une qualité qui s’appelle néophilie, qualité (selon l’invité) qui est très bonne pour l’humeur.

Par d’autres aspects, je suis bien moins convaincue par l’invité qui développe une approche « pharmacologique » de l’alimentation (lorsqu’il aborde les aliments qui augmentent la sérotonine et ceux qui augmentent l’adrénaline) et avec l’allusion aux psychobiotiques = précurseurs des antidépresseurs naturels.
Si j’apprécie l’idée derrière (sans doute de ne pas se précipiter sur les médicaments), son discours est assez ronflant et agaçant (mais comme beaucoup d’écrits et propos qu'on peut lire chez cette catégorie d’auteurs)

Après, je me suis demandée s’il n’avait pas fait une petite erreur en parlant de ghréline, comme hormone qui détermine la satiété (il me semblait que c’était la leptine), alors que la ghréline stimulerait l’appétit ?
Ce qui fait que je suis un peu perturbée, quant à son explication sur le lien ghréline, lumière, satiété.

Les propos de l’invité :
« Il y a des tas de choses étonnantes sur la satiété. On sait que l’hormone qui détermine la satiété c’est la ghréline et cette ghréline elle augmente avec le soleil et avec la lumière. Si vous mangez dans la pénombre, vous allez probablement avoir plus faim.
On sait que la lumière du matin, ou une lumière artificielle (1 H par jour) va avoir un effet objectif sur la satiété.
Bien sur que la satiété vient de la quantité de ce qu’on mange, mais aussi de notre capacité j’allais dire à aller chercher la lumière »


Pas trop convaincue non plus par l’expérience citée par l’invité sur le lien entre couleur et alimentation.
L’expérience relatée concerne le fait de servir de la junk food sur une assiette de couleur rouge. Et la conclusion : si vous servez de la junk food dans une assiette rouge, le cerveau associera qu’il y a une forme d’interdiction/danger (car la couleur rouge est liée à l’interdiction).
Mouai, peut-être pour un certain nombre de personnes, mais j’aurais tendance à penser que cela dépend aussi de notre histoire personnelle avec la couleur (et la junk food), de la mode du moment/ période de fête (en matière de couleur de présentation), de la couleur de l’emballage de la marque qui commercialise la junk food...
Dommage qu'il n'ait pas abordé d'études (mais il n'en existe peut-être pas encore?) entre la beauté d'une assiette, le mélange des couleurs dans une assiette et la bonne humeur?

Il parle également de musique (mais là c’est un autre sujet). Certainement qu’il aborde cet aspect dans son livre, mais j’ai trouvé dommage qu’il développe cet aspect dans le cadre de cette émission consacrée aux aliments de la bonne humeur (d’autant plus qu’il n'évoque pas l'influence d'écouter de la musique sur l'alimentation). A moins que l'aliment (nourrir) n'ait été pris au sens large? Un peu trop la sensation quand même qu’il venait faire sa pub!
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Re: Alimentation

Messagepar O'Rêve » Mer 25 Jan 2017 22:26

Tellement enthousiasmée par les propos de Michel de Lorgeril (cité un peu plus haut), que je me suis précipitée sur son livre « Le nouveau régime méditerranéen ».

J’ai apprécié l’état d’esprit et la manière dont l’auteur aborde l’alimentation. Il évoque un modèle alimentaire et non pas le rôle de tel ou tel aliment (ou nutriment). Ce modèle n’est pas figé une fois pour toute. Il peut évoluer avec les cultures, territoires, époques. Et il doit être adapté aux conditions modernes d’existence.

« Plus que l’aliment lui-même, c’est le modèle alimentaire qui est important, c’est-à-dire la combinaison d’aliments interactifs et complémentaires sur les plans physiologiques et gastronomiques. On peut répéter la même phrase en remplaçant aliments par nutriments. »

« L’histoire de la science de la nutrition peut se décliner comme une succession de guerres ridicules opposant des bons à des méchants nutriments : après la guerre des protéines, il y eut la guerre des sucres-raffinés contre non raffinés »-la guerre des acides gras saturés contre les insaturés, des omégas 3 contre les omégas 6. Et pourtant un aliment n’est pas une somme de nutriments, pas plus qu’une somme d’aliments ne constituent un modèle alimentaire protecteur. »

« Ce n’est pas pour autant qu’il faille persister dans le ridicule dualisme bon-méchant, il faut simplement considérer à la fois l’aliment et le nutriment-mais aussi le mangeur et encore la communauté dans laquelle s’inscrit ce mangeur-et bien d’autres facteurs comme nous allons le discuter à propos de modèles alimentaires ».


J’ai trouvé très agréable la prise de recul qu’il semble prendre (aussi bien par rapport aux sciences que par rapport aux savoirs traditionnels empiriques).
Pour les données scientifiques auxquelles il fait référence, j’ai apprécié l’esprit critique apporté. Il mentionne la qualité des études (bonnes ou médiocres) auxquelles il se réfère ; il développe s’il y a eu plusieurs études allant dans un même sens ou si certaines études sont à répéter pour valider des résultats.

« Il ne faut pas faire confiance les yeux fermés aux sciences de la nutrition-et aux sciences de la vie en général-car elles n’ont cessé de se tromper et aussi d’avouer s’être trompées, ce qui les différencie de toutes les formes d’idéologie et des religions…
Mais il ne faut pas non plus faire confiance les yeux fermés à la nutrition empirique…Ici on peut rencontrer toutes les formes de délire métaphysiques et d’idéologies non vérifiables. »


C’était intéressant de lire ses explications sur l’importance de suivre certains régimes (ex : régime Seignalet) dans le cas de certaines maladies (ex : intolérances au gluten). Mais de constater également qu’il tempère les généralisations que certains nutritionnistes essaient de faire passer en terme d’alimentation (plus de lait, plus de gluten pour toute la population). Mais sans pour autant faire abstraction des problèmes (de plus en plus nombreux)qui pourraient découler des gluten transformés des blés actuels (et caséines des laits à production industrialisée).

Ses conclusions tendent vers le bon sens. Quand on n’a pas de problème particulier de santé : manger des légumes et fruits de saison et variés, des céréales à diversifier, un peu de viande (pour ceux qui le souhaitent), quelques produits de la mer, des œufs, des produits laitiers mais sans abus (si on les aime ; et plutôt type fermentés), des huiles de qualité (olive, colza), un peu de vin, un peu de thé, un peu de café (selon nos goûts). Se faire plaisir de temps en temps avec un petit plaisir sucré. Choisir des aliments de préférence bio.
Puis le régime est à adapter si pathologies avérées (diabète, intolérance gluten, allergies…)
Et pas d’aliment miracle, pas de recette magique !

« C’est un modèle riche en plantes : légumes, légumineuses, céréales, fruits frais et fruits à coque. Les aliments de base doivent être simples, de qualité et non dénaturés, le moins possible transformés par des procédés industriels et le plus possible bio !
C’est une cuisine, hautement gastronomique riche en herbes aromatiques, toute de plaisir et de sociabilité. Que l’on mange ou que l’on boive, on se nourrit pleinement et sainement ! Il faut cuisiner soi-même avec des modes de cuisson qui préservent les aliments, en évitant les fritures à haute température. »


Il évoque également le bilan environnemental de nos choix alimentaires (pas seulement en terme de bio ou pas bio, mais également en terme de déforestation et l’importance de consommer modérément certains aliments (ex : café, chocolat) et de choisir des produits issus du commerce équitable.

« Selon certaines ONG, le succès planétaire du cacao a un peu les mêmes inconvénients que celui de l’huile de palme, du café ou de la banane, celui d’éradiquer les forêts naturelles au profit de plantations en monocultures où la biodiversité est réduite. Il faudrait donc promouvoir l’agriculture sous couvert forestier qui fonctionne bien, car la cacaoyer peut tout à fait cohabiter avec la forêt : la culture du cacao se fait alors sous l’ombre des arbres conservés de la forêt. »
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Re: Alimentation

Messagepar Cyrielle » Jeu 26 Jan 2017 01:28

O'Rêve a écrit: Pfff, et dans tout ça ne plus savoir à qui se fier, si ce n’est aux bons vieux conseils de la diversité, de la modération, du fait maison !
Et de l’écoute du corps, quoi que… si le corps-cerveau est dans une sorte de cycle d’addiction (par exemple au sucre, au sel), il est d’abord nécessaire de prendre conscience que ce que le corps réclame est une forme d’addiction, puis de trouver des moyens de se débarrasser des signaux qui vont nous porter ce vers quoi on est addict (sucre, sel…) pour renouer avec les signaux nous indiquant ce qui est bon pour nous.
/.../
Et si vous avez de la lecture originale sur le sujet alimentation (positions singulières sortant de la dimension strictement fonctionnelle de tel ou tel aliment/ et à l’opposé de prises de position extrémistes : jamais de ceci, jamais de cela), ça m’intéresse!

Gérard Apfeldorfer devrait te combler... Le lire n'a pas résolu tous mes problèmes, mais ça m'a bien aidée, quand même, même si son style est parfois "gniangnian" et simpliste.
C'est un psychiatre qui travaille sur l'obésité et le surpoids... Mais bien au-delà, il combat les régimes, l'hypercontrôle et la recherche d'un idéal physique, prônant une rééducation aux sensations alimentaires, l'écoute de son corps et de ses émotions, et la découverte de ce qui conditionne nos comportements alimentaires.
Ça peut paraître évident à certains... moi j'ai eu besoin de le lire pour le concevoir :$.
Y'a trop de monde sur les gradins... Le spectacle du monde nous appartient !
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Re: Alimentation

Messagepar altima » Jeu 26 Jan 2017 09:17

Cyrielle a écrit:
O'Rêve a écrit: Pfff, et dans tout ça ne plus savoir à qui se fier, si ce n’est aux bons vieux conseils de la diversité, de la modération, du fait maison !
Et de l’écoute du corps, quoi que… si le corps-cerveau est dans une sorte de cycle d’addiction (par exemple au sucre, au sel), il est d’abord nécessaire de prendre conscience que ce que le corps réclame est une forme d’addiction, puis de trouver des moyens de se débarrasser des signaux qui vont nous porter ce vers quoi on est addict (sucre, sel…) pour renouer avec les signaux nous indiquant ce qui est bon pour nous.
/.../
Et si vous avez de la lecture originale sur le sujet alimentation (positions singulières sortant de la dimension strictement fonctionnelle de tel ou tel aliment/ et à l’opposé de prises de position extrémistes : jamais de ceci, jamais de cela), ça m’intéresse!

Gérard Apfeldorfer devrait te combler...

Arf, tu m'as grillée Cyrielle! :lol:
J'allais proposer aussi Apfeldorfer! J'ai buzzé trop tard.

Pour moi le maître mot reste le bon sens. Et on peut aussi creuser du côté de l'anthropologie pour mieux prendre du recul et sortir de notre époque qui a trop tendance à mettre la loupe sur tous les phénomènes quels qu'ils soient, au détriment d'une réflexion plus globale.
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Re: Alimentation

Messagepar O'Rêve » Jeu 26 Jan 2017 15:21

Merci Cyrielle et Altima!
Effectivement, je pense que je peux trouver des pistes intéressantes avec cet auteur, pour ce qui est lien avec le corps et les émotions (sur l’identification des sensations de faim et de satiété, sur la possibilité de se mettre à l’écoute des sensations alimentaires ; sur l’influence des émotions dans le déclenchement des envies de manger ; sur les remises en mouvement du corps pour se mettre en capacité de ressentir à nouveau son corps). Oui, oui, tout cela me parle énormément!
Et j’ai cru comprendre qu’il utilise (entre autre) des techniques de pleine conscience, ce qui n’est pas pour me déplaire.
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