douance et syndrome PASS

Pour des raisons de cohérence de l'ensemble et pour présenter à nos visiteurs une information fiable et claire, cette section est réservée en écriture aux surdoués diagnostiqués.
En ligne
Avatar du membre
madeleine
Ninja Traductor
Messages : 3562
Enregistré le : jeu. 9 janv. 2014 10:16
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4411.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : clermont-ferrand
Âge : 52

douance et syndrome PASS

Message par madeleine » mer. 23 juil. 2014 11:24

Suite à la découverte du syndrome PASS - avec remerciements sincères à Un pas de côté qui en parle sur sa présentation - j'aimerais ouvrir ce fil de discussion pour échanger autour de cette théorie, ce que vous en pensez, ce que vous avez expérimenté, en thérapie ou ailleurs, ce qu'il en est de sa validité, de ses liens avec la recherche en neurosciences, avec les tests de personnalité et avec, bien sûr, la douance.
J'ai trouvé sur le site de Cécile Bost la traduction que je m'apprêtais à faire :D et dont voici le lien, en guise d'introduction :

http://www.talentdifferent.com/le-syndr ... -1836.html
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

Avatar du membre
Yniel
Messages : 562
Enregistré le : dim. 6 avr. 2014 22:05
Présentation : Présentation
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 42

Re: douance et syndrome PASS

Message par Yniel » mer. 23 juil. 2014 20:49

C'est épouvantable ce que cet article me parle... et dans les commentaires, j'ai l'impression de me retrouver pour certains...
Est ce que ça rejoint l'effet "caméléon" ? Cela me semble plus violent...

Si je reprends les huit symptômes dont il est question dans l'article :
1. FATIGUE + 3. ALTERATION DU SYSTEME IMMUNITAIRE
Je suis épuisée en permanence, je mettais ça sur le compte de mes heures de transport et sur l'arrivée de mon fils, mais même en vacances je ne récupère pas...

Et je passe mon temps à vouloir manger gras, sucré, alors même que je gonfle à en déprimer... mais impossible de m'en empêcher, j'ai des crises de boulimie dès que je rentre du boulot.
Et si j'essaie de faire un régime, je suis encore plus épuisée, et entre dans une spirale de maladies diverses type rhume, qui ces derniers temps s'aggravent systématiquement en bronchite (même en Juin avec 25 à l'ombre)

2. HYPER-VIGILANCE.
Je m'isole de plus en plus, ne supportant plus de faire attention à tout ce qui m'entoure

4. ALTERATION DE LA MEMOIRE.
Je ne suis plus capable de retenir grand chose depuis un moment (à part des suites de nombres comme les numéros de téléphone) j'ai un mal fou avec les noms d'élèves, je suis incapable de me souvenir des noms des personnes que l'on me présente, incapable de me remettre à apprendre quelque chose dans le cadre de mon travail...

5. CHIMIE CEREBRALE PERTURBEE.
mmm là il y a des trucs perso :$ mais je m'y retrouve...

6. DIMINUTION DES FONCTIONS DES LOBES FRONTAUX
Diminution des productions artistiques / créatives : j'ai toujours dit que je n'avais aucune capacité créatrice... il parait que c'est faux, mais actuellement j'en suis à la phase bonhomme baton :lol:

Après le reste, non, mon boulot me pousse aux choix, prise de décision, reflexion rapide... peut être ça qui me crève du coup ?

7. DECOURAGEMENT ET/OU DEPRESSION.

Je suis toujours déprimée. je me botte le derrière, mais il y a un nuage noir au dessus de ma tête en permanence.

8. PROBLEMES D’ESTIME DE SOI.
bon ça, c'est une évidence.


Alors si effectivement c'est ça mon problème, adaptation à quoi ? A la voie professionnelle choisie ? (sciences alors que j suis plus littéraire, mais j'aime les sciences ? ou enseignement au lieu de recherche ? j'adore la recherche)
Pour littéraire plus que scientifique, je me base sur les items de la WAIS, et la grande différence verbal / raisonnement mathématique. Et le fait que dans ma famille, on est quasi tous scientifiques. Alors même si j'ai l'impression d'avoir réellement choisi les sciences, il y a peut être une adaptation là. Mais je ne serais pas prête à changer !
Ensqeignement ou recherche, je ne sais pas si un test MBTI fait sur internet est fiable, mais recherche semble être une voie qui aurait été plus adaptée, vu ce qui est dit des INTP dont je suis sensée faire partie. Là je serais prête à bouger.
Ou adaptation à mon mari, vu que pour ce qui est des points 1 à 6 cela ne s'est mis en place progressivement que depuis que je l'ai rencontré ? Bon ça, ça bouge...

j'en parlerais lors du prochain rdv avec ma psy, avant de m'emballer (vade retro effet barnum ! mais ça collerait bien)
« La vérité est recherchée pour elle-même. Et ceux qui sont engagés dans une quête du savoir par goût de la vérité ne sont pas intéressés par autre chose. La recherche de la vérité est difficile et la route qui y conduit est ardue... »

Alhazen

Avatar du membre
altima
Messages : 836
Enregistré le : mer. 18 mai 2011 14:42
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... -t410.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 39
Contact :

Re: douance et syndrome PASS

Message par altima » jeu. 24 juil. 2014 08:51

Je tombe sur ton sujet madeleine, et sans encore être allée voir le lien, ça me parle beaucoup aussi malheureusement. Bien contente quand même de trouver des échos ici. Je vais lire tout ça attentivement, merci pour la piste. ;)

J'édite après lecture: je pense être concernée, j'en prends seulement conscience maintenant parce que j'en sors je crois. Une sorte de phase de décompensation où on réalise à quel point on se fourvoie à tous niveaux malgré un potentiel notamment créatif dont on a bien conscience. Le terme de suradaptation me paraît judicieusement choisi. Bref encore merci, ça m'aide bien de mettre des mots. Le côté positif c'est que ça peut être transitoire, pas définitif. Pernicieux certes mais pas "incurable".

Avatar du membre
TourneLune
Messages : 12068
Enregistré le : mar. 1 févr. 2011 13:50
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/topic22.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 39

Re: douance et syndrome PASS

Message par TourneLune » jeu. 24 juil. 2014 09:44

Pensez-vous que ce syndrome puisse avoir un lien avec le syndrome post traumatique?
Comme si c'était un peu la même chose mais l'un vient à petit feu et l'autre de façon brutale?

Comme une tendinite suite à un effort trop violent ou suite à une succession de mauvais mouvements sur le long terme?

Concrètement, où trouver des spécialistes de ça? Et que faire?
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
Jean-Christophe Grangé - Le Passager

Avatar du membre
Bradeck
Messages : 1824
Enregistré le : sam. 28 juin 2014 00:25
Présentation : Houba houba hop!
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Brocéliande
Âge : 48

Re: douance et syndrome PASS

Message par Bradeck » jeu. 24 juil. 2014 10:08

Bonjour,

J'ai lu l'article hier, et j'ai laissé reposer pour essayer d'éviter l'effet barnum, et pour laisser la réflexion mûrir.

Ors donc, on va dire que le début de ma carrière professionnelle fut pour moi extrêmement stimulante. En résumé, je travaillais dans le conseil en nouvelle techno, alors même que le sujet était en plein défrichage. Ballot que je suis, je n'en ai pas profité pour me faire un salaire mirobolant, mais surtout pour nourrir mon cerveau. Il fallait à la fois apprendre, ruser, inventer, créer, gérer des équipes, comprendre les véritables problématique des clients qui ne savaient même pas identifier correctement leurs besoin, enfin bon, j'avais un cerveau en perpétuelle effervescence, je faisais tout plein de choses en parallèle, l'extase quoi.
Puis... quand le secteur s'est un peu cassé la figure, je suis rentré dans une filiale d'un grand groupe du secteur public, et cette filiale a été intériorisée. Toujours aussi ballot, je suis resté car je travaillais avec une équipe fort sympathique, mais mes neurones faisaient du sur-place. J'ai dû faire des choses qui ne m'intéressent guères, et cela fait désormais des années que cela dure. J'avais déjà fait un constat des changements dans ma petite personne, que je corrélais de manière forte avec mon environnement professionnel. Pour tenter d'y remédier, j'ai "bougé en interne" et occupé plusieurs métier. Force est de constater qu'à chaque fois, mes neurones s'agitent pendant un mois, et puis plaf :1cache: ...
Il m'est difficile de parler des effets à courts terme, mais dans la liste des effets à long termes je me reconnais très bien dans certains:
- Fatigue: Neurasthénie chronique que rien ne permet de récupérer. J'ai l'impression de ne pas rêver (mais cela est vrai depuis très longtemps)
- Hyper-vigilance: Non, enfin je n'ai rien remarqué
- Altération du système immunitaire : je n'ai jamais été autant malade que depuis quelques années et je "traine" mes petits désagréments plus longtemps...
- Altération de la mémoire : une diminution flagrante de ma mémoire (à tel point que depuis deux ans cela me fait limite peur), j'ai l'impression de ne plus rien retenir. Heureusement ce qui était déjà imprimé reste là, mais même mes amis me disent "Mince, tu ne te souviens plus ? Mais qui êtes-vous, rendez-nous "Bradeck", lui qui se souvenait de tout et de tous les détails !!"
- Chimie cérébrale perturbée: Trop tard pour profiter l'hormone de croissance :P, et le reste no comment
- Diminution des fonctions des lobes frontaux: Comment dire... Moi je dis que depuis quelques temps, et cela s'amplifie au fur et à mesure que le temps passe, j'ai le cerveau qui s'englue... Personne ne le remarque véritablement autour de moi car je continue à réfléchir plutôt vite et bien, mais ce n'est rien par rapport au feu d'artifice d'avant mon entrée dans cette boite...
- Découragement et dépression: Là encore, une image que j'ai est que cette boite m'a érodé...
- Problème d'estime de soi: Comment dire, ça c'est depuis tout le temps ;)

Dans l'introduction, il est fait mention de l'apparition d'une certaine indifférence. Ors je remarque cela chez moi et de manière croissante, et qui me fait dire que depuis je vis dans un monde "gris", et cela me fait flipper.

Et une chose est sûre, je travaille beaucoup sur des choses qui ne m'intéressent point. Mais: Produisant des choses que tout le monde apprécie dans mon entreprise, même si je change de domaine, mes "responsables" sont toujours surpris lorsqu'ils me "félicitent" et qu'ils m'entendent rétorquer: "Merci, mais voilà, ce pour quoi vous m'employez n'est en rien ce pour quoi j'ai été embauché ici. Et surtout, cela ne m'intéresse en rien. Donc si vous me dites que mon travail est excellent lorsque je travaille sur des choses que j'exècre, imaginez ce que cela pourrait donner si vous me permettiez de travailler sur des choses qui m'intéressent ?".

Ceci fait que je peux me retrouver dans le syndrome PASS... mais ne serait-ce pas l'âge également ? :D

Ceci étant dit: J'étais déjà un peu convaincu que ma "survie" passait par le fait de fuir de cette boite, le diagnostic de la douance m'a un peu remotivé dans ce sens, et la découverte de ce syndrome PASS (avéré ou pas), me fait dire que vraiment, il faut que je parte de là !!

Désolé, j'espère ne pas avoir fait un discours trop "perso", mais vraiment, voyant une rupture entre deux parties de ma vie professionnelle, je me suis dit que ce pouvait-être un "témoignage" intéressant.
En raison du manque d’intérêt suscité, la journée de demain est annulée (Ministère du nihilisme)
Pour raison d'économies, la lumière du bout du tunnel va être éteinte (Ministère du budget)

Avatar du membre
Maithril
Messages : 522
Enregistré le : jeu. 15 mai 2014 21:05
Présentation : Ca, c'est vraiment moi
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Dans la forêt, à l'Est de Lutèce
Âge : 45

Re: douance et syndrome PASS

Message par Maithril » jeu. 24 juil. 2014 10:21

Je ne comprends pas trop. Un certain nombre de ces points correspond à une dépression, à un burn-out. Comment distinguer ce syndrome PASS?
Pour ma part, ces symptômes me parlent. A l'époque, j'imaginais plutôt un état dépressif du notamment (mais pas que) à une supérieure hiérarchique qui m'avait petit à petit affaibli psychologiquement et à mon questionnement sur mon éventuel surdouement (après la découverte chez mon fils). J'avais d'ailleurs hésité avec un burn-out.

Je retrouve donc mon état de l'époque dans de nombreux points. Chez moi la tendance boulimique avait été totalement inverse, j'ai perdu 15 kg!

Avatar du membre
Bradeck
Messages : 1824
Enregistré le : sam. 28 juin 2014 00:25
Présentation : Houba houba hop!
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Brocéliande
Âge : 48

Re: douance et syndrome PASS

Message par Bradeck » jeu. 24 juil. 2014 11:20

Maithril a écrit :Je ne comprends pas trop. Un certain nombre de ces points correspond à une dépression, à un burn-out. Comment distinguer ce syndrome PASS?
J'ai l'impression, à la lecture du lien fournit, que c'est la falsification qui est un (voire le) facteurs déclencheurs de la dépression.
Si tel est le cas, la dépression pourrais n'être que ce qui est vu-traité. Et si tu retourne à la fin sur ton même poste, tu continues dans la "falsification"...
En raison du manque d’intérêt suscité, la journée de demain est annulée (Ministère du nihilisme)
Pour raison d'économies, la lumière du bout du tunnel va être éteinte (Ministère du budget)

Avatar du membre
Azore
Messages : 108
Enregistré le : sam. 8 mars 2014 21:42
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4727.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 32

Re: douance et syndrome PASS

Message par Azore » jeu. 24 juil. 2014 11:33

Je pense que oui, Tournesol, on peut rapprocher PASS et SSPT. J'ai personnellement vécu à deux reprises quelque chose qui ressemble à cela. Les symptômes étaient à peu près tous là, hormis qu'ils étaient accompagnés d'hallucinations visuelles et auditives, de crises d'angoisse et d'un sentiment diffus d'hostilité du monde (des objets, même) à rapprocher de la déréalisation. Je précise que je ne suis pas atteinte de psychose ou autre pathologie mentale. La première fois, la pire, j'avais 19 ans. Je suis partie 6 mois pour faire un stage à l'étranger. Je suis restée 5 mois dans cet état de PASS, jusqu'à ce que j'arrête mon stage sur ordre du médecin et que je rentre chez mes parents. Eh bien, pendant plusieurs semaines après être rentrée, je me réveillais en sursaut et il me fallait plusieurs secondes pour réaliser que j'étais bien à la maison, chez mes parents, et que j'avais bien quitté pour de bon ce lieu où j'étais devenue folle. Quand j'ai raconté cela à ma doctoresse, elle s'est tournée vers ma mère et elle lui a dit : "C'est comme si votre fille avait eu un accident de voiture et qu'elle était encore dans la voiture." C'est exactement cela, le syndrome de stress post-traumatique. De même, quand on a fait le déménagement avec mon père, j'ai tellement pleuré en arrivant sur les lieux qu'on est rentrés immédiatement après, alors qu'on était censés y passer la nuit, vu que c'était loin de Paris. J'ai bien mis 6 mois à me remettre de cette histoire. J'avais perdu au moins 10 kilos et quand on me demandait comment je me sentais, je répondais : "Une douleur qui marche".

Honnêtement, la seule solution pour guérir, c'est de mettre fin à la situation qui suscite l'effort d'adaptation. C'est plus facile à dire qu'à faire, je sais bien, mais c'est le seul moyen. Il faut découvrir ce dont on a besoin et satisfaire au plus vite ces besoins. Personnellement, j'ai passé beaucoup de temps avec ma famille, et j'ai travaillé au salon du livre jeunesse. C'est les enfants qui m'ont sauvée : je leur lisais des histoires, je voyais leurs yeux qui brillaient, qui brillaient, et j'avais l'impression d'être la grande prêtresse des mots. Rien que de vous en parler, encore aujourd'hui - ça fait presque 10 ans, tout de même -, j'ai les larmes qui me montent aux yeux, tellement c'était puissant. Ils m'ont donné la force de me relever, parce qu'ils m'ont fait confiance, tout simplement : ils m'ont confié leurs oreilles, leurs yeux, leur tête et leur cœur, le temps d'une histoire. Toute ma vie, je leur serai redevable, vous savez.

Mais j'ai mis énormément de temps à admettre qu'il fallait que je fasse autre chose que de travailler dans le commerce. Je me suis maquée avec quelqu'un qui n'était pas fait pour moi et qui, selon une certaine psy que j'ai vue cette année quand j'ai découvert ma douance, était un pervers narcissique. Même si je trouve un peu cavalier de diagnostiquer quelqu'un qu'on n'a jamais vu, c'est ce diagnostic qui m'a permis de couper les dernières petites racines qui minaient encore ma confiance en moi. Alors on va dire que c'était une bonne chose. Quand j'étais avec cet homme, je faisais un métier qui ne me convenait pas du tout. A la maison comme au taf, j'étais en prison, purement et simplement : mes besoins véritables, mes aspirations, mes capacités, tout était nié, où que j'aille. Les symptômes de PASS ont commencé à se manifester. Au bout de quelques mois, je me suis cassée sans préambule avec celui qui est aujourd'hui mon compagnon de tous les instants et nous avons repris nos études pour devenir profs de français en parallèle de l'écriture de notre roman. Amoureux de la littérature et insatiables sur le sujet, nous nous sommes tournés vers ce que nos cœurs désiraient. Voilà maintenant 4 ans que je n'ai pas revu PASS passer dans le coin. Nous commençons notre nouveau métier à la rentrée. Si à noël PASS n'est pas revenu, c'est que je suis au bon endroit. Je vous dirai ça...

A bien vite ! :fleur:
Azore
"Créer, c'est vivre deux fois." Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Avatar du membre
zwip
Messages : 247
Enregistré le : mer. 5 mars 2014 22:01
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4722.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 44

Re: douance et syndrome PASS

Message par zwip » jeu. 24 juil. 2014 15:44

Merci Madeleine pour le sujet.

Lors de mon entretien de restitution avec la psy, j'avais interrogé celle-ci sur le lien éventuel entre mes difficultés avec mon travail et la douance. Je lui avais parlé du manque chronique de stimulations, et surtout de ma fatigue énorme après ne serait-ce que quelques heures de cours (en précisant que cette fatigue était un phénomène relativement récent - deux ou trois ans - et n'était pas lié à un surcroît de travail). J'avais évoqué aussi la lassitude d'être "en public" constamment dans mon métier (puisque je suis prof).

Selon elle ce lien était évident : les efforts d'adaptations, conscients ou non, que j'étais amenée à faire en permanence, du fait de cette différence pointée par le test, étaient LA cause principale de cette fatigue (plus que l'âge, que j'avais aussi avancé comme raison possible). Elle avait eu la délicatesse (hum) d'ajouter : "et ça ne va pas s'arranger...". Avant de me conseiller, en conséquence, de tout faire pour changer de travail au plus vite.
Son discours m'avait évidemment bien parlé, il donnait une validation et une cause à mes ressentis (restait ce doute : Faut-il s'en tenir aux affirmations d'une psy qui, certes, avait l'air tout à fait convaincue de ce qu'elle avançait, mais me connaissait très peu... Ne m'avait t-elle pas tout bonnement dit ce que je voulais entendre, "pour me faire plaisir" ?).

Et puis il y a eu, il y a quelques semaines, la découverte de cet article que tu relaies, un des rares sur la douance que j'aie immédiatement rangé dans mes favoris. Les passages qui suivent (notamment) me paraissant mettre le doigt là où ça fait mal :
C.G. Jung a mis en lumière le profil du “Falsificateur”, pour décrire un individu dont les compétences les plus développées et/ou utilisées étaient en fait hors de ses préférences naturelles. Ce qui, à ses yeux, ne pouvait manquer d’avoir des répercussions sérieuses, à la fois pratiques et physiques, car il y a là « violation de ses dispositions naturelles » : « on peut énoncer que lorsque le profil du falsificateur émerge en tant que résultat d’une influence extérieure, l’individu devient alors névrosé, et on ne peut attendre de guérison que dans le développement d’une attitude (ou de fonctions) qui correspondent à ses inclinations naturelles »
(...)
L’éducation, la compréhension, l’empathie, le soutien émotionnel, le recadrage par soi-même de son expérience sont des outils psychologiques puissants. A long terme, cependant, ils sont pratiquement sans effet quand l’individu passe chaque jour des heures et des heures en activités qui demandent à son cerveau de travailler 100 fois plus
Si je fais le point sur ce qui se passe dans mon cas, je me rends bien compte que l'aspect "face au public" de mon travail va contre mes inclinations : je préfère bosser seule (+ saturation rapide dans les rapport sociaux). Je préfère aussi, bien sûr, bosser sur des sujets un tant soit peu stimulants et/ou qui se renouvellent - Or, une fois que je les maîtrise, je fais mes cours façon pilote automatique (avec une stimulation intellectuelle proche de zéro, donc). Qui plus est, je dois bien sûr adapter constamment mon langage et mon propos, m'auto-paraphraser, me répéter...
Le fait que je supporte mal aujourd'hui une situation que j'ai pu supporter par le passé, l 'amplification rapide de ma lassitude tendent à me convaincre qu'en effet, sur le long terme, ce n'est pas tenable.

Outre la fatigue, je me retrouve dans un assez grand nombre des symptômes listés (besoin grandissant de sommeil, diminution ou plutôt oubli des rêves, augmentation de la sensibilité aux stimuli environnementaux (sons, agitation), irritabilité et besoin d'isolement. Mais aussi un sentiment général que ma mémoire baisse, tout comme ma capacité à me concentrer, à élaborer une pensée claire, à prendre des décisions. Et puis le découragement : de plus en plus). Symptômes qui (heureusement) s'estompent ou disparaissent presque tous lorsque je suis en vacances (même si le besoin de sommeil reste très haut dans un premier temps, comme si j'avais un énorme déficit à rattraper).
Je ne sais pas si ce syndrome est validé par d'autres sources, peu m'importe d'ailleurs de savoir si je suis concernée ou non, mais j'ai trouvé dans cet article des éléments qui me sont utiles, et de quoi étayer l'avis que m'avait donné la psy. Et je le prends aussi comme une mise en garde (ne pas attendre de friser la dépression, chercher tout de suite la porte de sortie).
"Une pensée me traverse : Le dessin doit être juste puisqu'il est aussi confus que le modèle." (Roland Topor, "Portrait en pied de Suzanne")

Avatar du membre
Azore
Messages : 108
Enregistré le : sam. 8 mars 2014 21:42
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4727.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 32

Re: douance et syndrome PASS

Message par Azore » jeu. 24 juil. 2014 23:36

Tu me fais peur, Zwip ! J'espère que je ne vais pas péter un câble dans l'enseignement, parce que je ne pourrai pas me permettre de reprendre à nouveau des études...
Azore
"Créer, c'est vivre deux fois." Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Avatar du membre
Mindblender
Messages : 77
Enregistré le : mer. 5 mars 2014 18:06
Présentation : C'est qui çui-là ?
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Loire Atlantique
Âge : 39

Re: douance et syndrome PASS

Message par Mindblender » ven. 25 juil. 2014 02:40

Ça alors...Ce "syndrome" décrit au mieux ma situation. Depuis tout petit je souffre de fatigue chronique / fibromyalgie et dépression. J'ai vu un nombre impressionnant de spécialistes, je ne compte plus les prises de sang, IRM et autres examens réalisés sans n'avoir jamais rien trouvé d'anormal. À chaque fois, le résultat est sans appel, je n'ai rien qui cloche d'un point de vue physiologique. Aucun médoc n'a jamais rien fait, mis à part les anti-psychotiques qui aggravent mon état, et certains anti-dépresseurs qui aussi me rendent la vie dure. Sinon tous les autres médocs n'ont aucun effet. Si jamais il y a un spécialiste "dans la salle" qui cherche pour ses travaux d'études sur le sujet un patient souffrant à la fois de douance, de fibromyalgie, de dépression et de fatigue chronique (je sais j'accumule les peines), vous pouvez prendre contact avec moi car j'ai conservé tout mon dossier avec tous les résultats d'analyses (ça fait un sacré paquet !). Le manque d'oxygène du corps car accaparé par le cerveau, et à l'origine des autres pathologies, j'y crois assez :emo:
Diagnostiqué Aspie/HPI/TDAH | Le PASSLes synthés

Avatar du membre
Yniel
Messages : 562
Enregistré le : dim. 6 avr. 2014 22:05
Présentation : Présentation
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 42

Re: douance et syndrome PASS

Message par Yniel » ven. 25 juil. 2014 09:40

Azore a écrit :Tu me fais peur, Zwip ! J'espère que je ne vais pas péter un câble dans l'enseignement, parce que je ne pourrai pas me permettre de reprendre à nouveau des études...
Je n'y ai pas pété un câble, moi, et j'adore mon boulot :)

Par contre je me suis "choisi" au mieux mon parcours professionnel, en me renseignant sur ce qui permet de gagner un max de points pour aller dans des endroits où je me sentirais à l'aise.
Les trois premières années, en temps que TZR (titulaire de zone de remplacement) sur créteil, j'étais malade tous les jours. Puis ensuite j'ai décroché un bon lycée, et maintenant, BTS. Ce qui me convient c'est de changer souvent pour ne pas "m'encrouter" sur un programme, et de trouver un endroit où les élèves apprécient ce que j'ai à leur apporter. Il faut du coup bien se renseigner à l'avance sur les établissements (et pas seulement sur leur réussite aux examens, c'est maintenant peu fiable, plutôt sur l'ambiance en allant parler aux collègues avant de faire sa mutation)
« La vérité est recherchée pour elle-même. Et ceux qui sont engagés dans une quête du savoir par goût de la vérité ne sont pas intéressés par autre chose. La recherche de la vérité est difficile et la route qui y conduit est ardue... »

Alhazen

Avatar du membre
Azore
Messages : 108
Enregistré le : sam. 8 mars 2014 21:42
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4727.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 32

Re: douance et syndrome PASS

Message par Azore » ven. 25 juil. 2014 15:09

Merci Yniel ! Je commençais à m'inquiéter. :-)
Azore
"Créer, c'est vivre deux fois." Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Avatar du membre
sandrinef
Messages : 1969
Enregistré le : jeu. 15 nov. 2012 12:11
Présentation : ici
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Toujours dans le Sud, souvent dans la Lune et parfois à l'Ouest
Âge : 42

Re: douance et syndrome PASS

Message par sandrinef » sam. 26 juil. 2014 07:48

Merci madeleine pour ce lien très intéressant.
Ceci m'amène à d'autres interrogations... à savoir qu'il serait possible qu'une personne surdouée qui s'ignore, atteinte de ce syndrôme, soit diagnostiquée comme ayant une pathologie psychiatrique... Le témoignage d'Azore, notamment avec la présence d'hallucinations, m'interpelle beaucoup ainsi que ce syndrôme pass soit bien proche du syndrôme post traumatique...
Je mélange peut-être un peu tout, mais je suis frappée par cet article qui m'évoque fortement une personne de mon entourage.
"Le Monde ne te doit rien. Il était là avant toi" M.Twain

Avatar du membre
zwip
Messages : 247
Enregistré le : mer. 5 mars 2014 22:01
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4722.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 44

Re: douance et syndrome PASS

Message par zwip » sam. 26 juil. 2014 10:50

Hors-sujet
Azore a écrit :Tu me fais peur, Zwip ! J'espère que je ne vais pas péter un câble dans l'enseignement, parce que je ne pourrai pas me permettre de reprendre à nouveau des études...
Pas de panique, Azore. Si je vis aujourd'hui ce métier de cette manière - que je ne qualifierais pas de pétage de câble, je ne crois pas en être à ce stade ;) -, c'est aussi parce je maintiens en parallèle d'autres activités qui sont pour moi plus importantes et plus stimulantes. Qui donc, pour rester un peu dans le sujet, correspondent à mes aspirations - et l'enseignement supporte mal la comparaison, surtout sur le long terme... Par ailleurs, prof est un métier que je n'ai pas choisi, mais que j'ai dû faire car il faut bien gagner sa croûte (il a bien fallu, donc, que je m'y adapte).
Je ne pense pas qu'il faille tirer de mon expérience des généralités sur ce métier : Je pense qu'on être prof ET épanoui, et même surdoué ET prof épanoui : parmi les profs du forum, tous ne s'en plaignent pas... Yniel en apporte ici même la preuve. Et je ne voudrais surtout pas décourager les vocations naissantes pour l'enseignement (j'ai deux enfants scolarisés ;)).
"Une pensée me traverse : Le dessin doit être juste puisqu'il est aussi confus que le modèle." (Roland Topor, "Portrait en pied de Suzanne")

Avatar du membre
Azore
Messages : 108
Enregistré le : sam. 8 mars 2014 21:42
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4727.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 32

Re: douance et syndrome PASS

Message par Azore » sam. 26 juil. 2014 21:32

Off-topic :
OK, Zwip ! Pas de problème ! Je sais ce que c'est que de faire un métier qu'on n'a pas choisi, alors je comprends. :-) J'espère que je saurai mettre la douance au service de ce métier que j'avais envie de faire depuis gamine, en fait. Mon parcours n'a finalement été qu'un long détour pour revenir à ce qui me tenait à cœur depuis très longtemps. Je partagerai mon expérience avec vous quand j'aurai commencé. Je suis assez excitée à l'idée d'enseigner l'année prochaine : à chaque fois que je lis quelque chose, je me demande "Et alors, ça, comment pourrait-on le faire étudier à des 3ème ? Par quel bout commencer ?" J'adore ! Mon copain, qui connaît déjà ses classes, commence doucement à construire ses séquences de cours et c'est génial de choisir les œuvres, les angles d'approche, etc.

Revenons à nos moutons ! Sandrinef souligne quelque chose de très important et qui peut avoir des conséquences graves : le syndrome PASS peut très vite ressembler à une dépression ou même à une psychose. A l'époque j'ignorais absolument tout de la douance et de ses "corrélats" (non, non, rien à voir avec le choléra ! Bon, ok, je ---------->). Je me souviens très bien : désemparée face à mon état, j'allais sur internet pour dénicher le nom de cette chose étrange qui m'arrivait. Hallucinations ? Vous êtes peut-être schizophrène. :o Consultez au plus vite. Hypersomnie ? Vous êtes sûrement dépressive. :'( Mais il y avait toujours un truc qui clochait : j'avais une soif de vivre qui était telle que je ne pouvais pas me considérer dépressive, et l'hypothèse de la psychose n'a pas non plus tenu longtemps quand j'ai lu que dans ces cas-là, le sujet est inconscient de l'"anormalité" de son état. :nesaitpas: J'en étais très consciente, bien au contraire. Du coup, je n'ai pas mis de nom sur cette chose jusqu'à ce que je découvre la douance. J'ai fini avec du lithium en ampoules qui ne faisait rien, puis des anxiolytiques qui n'ont fait qu'enfermer ma sensibilité dans une chape de plomb jusqu'à ce que je ne devienne plus que l'ombre de moi-même : je les ai bazardés sans regret au bout d'un mois. Je n'étais pas dans un état génial, mais au moins j'étais re-moi et je pouvais boire le champagne :P (c'était pendant la période des fêtes). La deuxième fois que ce syndrome a fait son apparition, c'est bien simple : j'ai consulté un médecin à qui j'ai expliqué que je me sentais menacée par les prises électriques et le fer à repasser (curieux, n'est-ce pas ? :vgeek:) : il m'a envoyée chez un psychiatre sur le champ. Au bout de trois séances, le psychiatre m'a sorti : "Qu'est-ce que vous faites dans mon bureau ? Vous n'êtes pas malade." J'ai été vexée sur le moment. Ça me paraissait tellement fou qu'il me claque la porte au nez que j'ai imaginé que c'était une stratégie quelconque dont seuls les psychiatres ont le secret pour me faire réagir. Mais j'ai vite compris que ça n'était pas une manœuvre et que cet individu me trouvait parfaitement saine d'esprit. J'étais furax. :@ J'avais l'impression d'être complètement abandonnée, et pire encore, illégitime dans mon mal-être. Aujourd'hui, j'ai bien compris que les psychiatres, et en particulier ceux qui ont lu Freud (c'est-à-dire la plupart), ne sont pas des pionniers en ce qui concerne la douance et les souffrances psychologiques qui en résultent. Donc, je ne lui en veux plus, à ce barbu. Au moins, il ne m'a pas fait bouffer de médocs ! Déjà que les anxiolytiques, bonjour, alors je n'ose même pas imaginer les résultats d'une prise d'antidépresseurs ou autres neuroleptiques sur un surdoué qui n'est pas atteint des maladies en question ! :sweat:

Le souci, c'est que la plupart des spécialistes et des médecins n'étant pas particulièrement au taquet sur la douance, ils ne risquent pas non plus d'être très au fait de ce syndrome. Cependant, il est à mon avis souvent à l'origine du mal-être existentiel et social (au sens d'utilité et place dans la société) des surdoués. Dans un monde parfait, il faudrait que ces choses-là soient enseignées à l'université... mais je rêve peut-être un peu, là.

Dites donc, est-ce que je suis la seule sur le forum à avoir vécu des crises d'angoisse, des hallucinations et ce sentiment d'hostilité des choses pendant des phases de PASS ? (C'est un peu comme dans les nouvelles fantastiques de Maupassant ou les œuvres surréalistes : les objets les plus quotidiens "s'animent" d'une sorte de vie malfaisante). Je viens de regarder sur wikipédia : les troubles dissociatifs (dont fait partie la déréalisation) peuvent apparaître épisodiquement chez des sujets sains lors de traumatismes (viol, deuil, catastrophe naturelle, etc.), ce qui rapprocherait à nouveau les syndromes PASS et SSPT. Mais bon, ce ne sont que des hypothèses à partir de mon auto-diagnostic, alors je ne sais pas ce que ça vaut...
Azore
"Créer, c'est vivre deux fois." Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Avatar du membre
Mindblender
Messages : 77
Enregistré le : mer. 5 mars 2014 18:06
Présentation : C'est qui çui-là ?
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Loire Atlantique
Âge : 39

Re: douance et syndrome PASS

Message par Mindblender » dim. 27 juil. 2014 13:53

Azore a écrit :Dites donc, est-ce que je suis la seule sur le forum à avoir vécu des crises d'angoisse, des hallucinations et ce sentiment d'hostilité des choses pendant des phases de PASS ?
Pas vraiment pour ce qui me concerne. En fait le PASS ne se manifeste pas de manière cyclique pour moi, mais est continu, en tâche de fond, avec quand même des périodes de forte détresse où je reste couché chez moi, dans le noir, et d'autres périodes de mieux-être, et je fais plein de choses, un peu comme les bipolaires mais en moins fort. J'ai souvent des moments d'angoisse car je suis agoraphobe, mais pas d'hallucinations. J'ai aussi eu le forfait illimité pendant de nombreuses années (anti-anxiolytiques, anti-dépresseurs, anti-psychotiques, etc...), sans aucun résultat.
Diagnostiqué Aspie/HPI/TDAH | Le PASSLes synthés

Avatar du membre
Azore
Messages : 108
Enregistré le : sam. 8 mars 2014 21:42
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4727.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 32

Re: douance et syndrome PASS

Message par Azore » lun. 28 juil. 2014 11:04

Au sujet des rapports entre PASS et SSPT, l'article suivant revient rapidement sur la confusion possible entre les deux syndromes et leurs différences : http://arlenetaylor.org/index.php/adapt ... -pass.html

La différence majeure entre les deux est que le syndrome PASS n'inclut pas deux des caractéristiques typiques du syndrome SSPT :
- aucun événement identifiable n'est à l'origine du problème
- le sujet n'a pas de flashbacks
Azore
"Créer, c'est vivre deux fois." Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Avatar du membre
Mindblender
Messages : 77
Enregistré le : mer. 5 mars 2014 18:06
Présentation : C'est qui çui-là ?
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Loire Atlantique
Âge : 39

Re: douance et syndrome PASS

Message par Mindblender » lun. 28 juil. 2014 11:09

Azore a écrit :- aucun événement identifiable n'est à l'origine du problème
- le sujet n'a pas de flashbacks
Exact. Et puis quand on souffre de SSPT, on sait ce qui en est à l'origine. Vous qui souffrez de PASS, êtes-vous "des fourmis" ? Personnellement, je mange énormément de choses sucrées, de gâteaux, de desserts, de barres chocolatées, de biscuits, de fruits, de yaourts, etc... Et ça me redonne de l'énergie, ça réduit ma confusion et ma fatigue mentales.
Diagnostiqué Aspie/HPI/TDAH | Le PASSLes synthés

Avatar du membre
TourneLune
Messages : 12068
Enregistré le : mar. 1 févr. 2011 13:50
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/topic22.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 39

Re: douance et syndrome PASS

Message par TourneLune » lun. 28 juil. 2014 12:38

Disons que je me demandais si un sspt ne se déclencherait pas plus facilement sur un pass, les ressources étant fortement entamées voire en limite, les trauma doivent être plus difficiles à depasser, non?

Quoi qu'il en soit, que fait-on de ces symptômes une fois identifiés?
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
Jean-Christophe Grangé - Le Passager

En ligne
Avatar du membre
madeleine
Ninja Traductor
Messages : 3562
Enregistré le : jeu. 9 janv. 2014 10:16
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4411.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : clermont-ferrand
Âge : 52

Re: douance et syndrome PASS

Message par madeleine » mar. 29 juil. 2014 09:04

Tournesol a écrit :Disons que je me demandais si un sspt ne se déclencherait pas plus facilement sur un pass, les ressources étant fortement entamées voire en limite, les trauma doivent être plus difficiles à depasser, non?

Quoi qu'il en soit, que fait-on de ces symptômes une fois identifiés?
C'est LA bonne question :-)

Si on valide cette théorie (j'ai pas mal de réserves quant à moi), on a envie de dire : les effets identifiés, supprimons la (les) cause(s) ! Dans cette logique-là, il n'est pas question d'autre chose.
Mais en dehors des articles de Mme Arlene R.Taylor, consultante, dont une rapide recherche sur google permet de se faire une idée de la stature scientifique, et sachant que l'être humain - comme tous les vivants d'ailleurs - est conçu pour s'adapter au stress et l'utiliser comme moteur d'évolution, il y peut-être un intérêt à chercher d'autres réponses quand on ne parvient plus à le gérer.

Mais ceci n'engage bien sûr que moi ;)
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

Avatar du membre
Riffifi
Messages : 1209
Enregistré le : sam. 20 avr. 2013 15:35
Présentation : riffifi
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : à l'Ouest
Âge : 39

Re: douance et syndrome PASS

Message par Riffifi » mar. 29 juil. 2014 11:44

Azore a écrit :Dites donc, est-ce que je suis la seule sur le forum à avoir vécu des crises d'angoisse, des hallucinations et ce sentiment d'hostilité des choses pendant des phases de PASS ? (C'est un peu comme dans les nouvelles fantastiques de Maupassant ou les œuvres surréalistes : les objets les plus quotidiens "s'animent" d'une sorte de vie malfaisante).
Je n'ai fait que survoler l'article sur le PASS et je n'arrive pas bien à me situer par rapport à ça.
Mais j'ai eu ce type d'hallucinations, ponctuelles, et de forte impression d'hostilité (+ de mise en mouvement) des objets (et des animaux inconnus), pendant une période de ma vie.
Cela n'était pas continu mais par contre lié à un contexte, si je me souviens exactement, qui impliquait
- une forte angoisse permanente (mais peu de crises d'angoisse par contre),
- une dépression, longue et non identifiée donc non traitée, suite à une rupture,
- et un sentiment permanent de non appartenance au monde (auquel j'étais "tenue par des fils" selon mon expression de l'époque, les fils étant mes proches), voire de non humanité, voire de non matérialité, mais toujours pensé par comparaison avec les "autres", si humains, si concrets, si doués pour vivre.

La question du lien avec un syndrome de stress post-traumatique me semble a priori bien intéressante, mais je connais trop peu ces notions pour pouvoir y relier mon cas ou pas.
Où que tu sois, creuse profond. En bas, c’est la source.
Laisse les hommes noirs crier : « En bas, c’est toujours l’enfer".

(merci Friedrich)

Sandre

Re: douance et syndrome PASS

Message par Sandre » mar. 29 juil. 2014 11:53

J'aimerais partager plus longuement mon expérience personnelle et ce qui me semble cohérent avec le syndrome décrit. Mais j'aurai besoin d'un peu plus de temps. Du coup, je préfère illustrer ce que je peux ressentir, avec une image qui m’a été inspirée par mon ami.

C'est comme une très belle voiture puissante, performante et stylée. Mettons une Porshe ou une Ferrari en fonction des goûts. Sur la route tout va bien, lancée à 210 km/h, elle fait des millers de bornes. Le moteur est si efficace, qu'il ne consomme que ce dont il a besoin et beaucoup moins qu'une voiture disons "plus classique". Et puis, le hasard, les évènements, les pressions environmentales, la pousse à faire un choix bizarre... Et si j'essayais l'eau. Bien sûr, elle ne connaît pas grand chose à la physique, je le rappelle c'est une voiture (donc conçue pour rouler sur la terre ferme, pas pour s'instruire). A 210 km/h, elle se lance sur la plage puis dans l'eau. Elle fait peut-être 200 m sur l'eau (faudrait faire un peu de calcul et théoriser sur la résistance du support, l'énergie cinétique et compagnie, mais les chiffres sont là avant tout pour la forme).

Donc cette voiture quitte la route à très grande vitesse et parcourt une certaine distance, disons "indéterminée". Elle ralentit et, tout en ralentissant, commence à se noyer. L'eau n'est pas son milieu naturel. La noyade devient si lente, qu'elle ne perçoit pas, que chaque jour, elle respire un peu moins. Chaque jour, elle rouille un peu plus, perd de son éclat, ses phares s'opacifient. Le moteur tente de se relancer... Beaucoup de litres de carburant lui paraissent nécessaires pour remonter à la surface, pour être touchée par la chaleur du soleil. Mais cela ne saurait lui servir... dans l'eau. Elle pourra envier Laure Manaudou ou Ariel la sirène, elle pourra consommer autant de litres de carburants qui lui sembleront nécessaires, elle ne sera jamais en mesure d'exister... dans l'eau.

On passe sur la station essence dans les fonds océaniques... on va dire que c'est une histoire surréaliste... ou que cette voiture peut se nourrir de magma, ici fournit par la dorsale médio-atlantique... bref, je fais appel à votre imagination.

Alors, elle cherche un corail où se cacher, un point de vue particulier, pour profiter du paysage, malgré son hostilité. Elle tente d'être heureuse dans cet océan sans lumière. Elle colore tout ça avec des substituts, qui lui rappelle "l'avant-la-mer". L'eau embourbe toute sa motorisation. Elle tousse pour l'évacuer mais rien n'y fait. Et cette voiture qui était si belle de joie, d'espoir et d'optimisme, à force de tout essayer, perd toute vigueur, ne resiste plus. Tout au plus, elle tentera de ralentir sa chute avec la pédale de frein... Mais rien y fait... Elle continuera à consommer dans le vide, pour lui rappeler les souvenirs de quand "ca marchait."

Et puis, avec un peu d'espoir, à force de se dire que la vie ne peut être que ça, et si la rouille n'a pas trop entamé l'intérieur... elle utilise sa souffrance comme un dernier soubresaut d'énergie, pour revenir à la terre ferme... Car à quoi bon essayer de survivre dans l'eau, quand on peut vivre sur Terre. Avec du courage et de la volonté, elle se rapproche de la plage. Le soleil la caresse de nouveau. Dans un saut vertical, obligé et urgent, elle finit par panser ses plaies et repart sur une voie plus naturelle mais qui reste pleines d'inconnues.

Toute une histoire pour décrire ce syndrome, mais je suis peut-être à côté de mes pompes. Je m'interroge aussi sur les compatibilités avec la théorie de Dabrowski.

Avatar du membre
Azore
Messages : 108
Enregistré le : sam. 8 mars 2014 21:42
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t4727.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 32

Re: douance et syndrome PASS

Message par Azore » mar. 29 juil. 2014 15:58

Riffifi a écrit :Mais j'ai eu ce type d'hallucinations, ponctuelles, et de forte impression d'hostilité (+ de mise en mouvement) des objets (et des animaux inconnus), pendant une période de ma vie.
Cela n'était pas continu mais par contre lié à un contexte, si je me souviens exactement, qui impliquait
- une forte angoisse permanente (mais peu de crises d'angoisse par contre),
- une dépression, longue et non identifiée donc non traitée, suite à une rupture,
- et un sentiment permanent de non appartenance au monde (auquel j'étais "tenue par des fils" selon mon expression de l'époque, les fils étant mes proches), voire de non humanité, voire de non matérialité, mais toujours pensé par comparaison avec les "autres", si humains, si concrets, si doués pour vivre.
Quel soulagement, Rififi ! Non pas que je souhaite cela à qui que ce soit (c'est vraiment le truc qu'on ne souhaite pas même à son pire ennemi, à vrai dire), mais je me sens moins seule. C'est la première fois que quelqu'un me dit qu'il a vécu cela aussi ! Le plus frappant dans ton témoignage, c'est que toi aussi tu venais de vivre une rupture au moment où les symptômes sont apparus. Les mots que tu utilises sont tout à fait justes, je trouve, pour exprimer ce "voyage de l'autre côté du miroir". Personnellement, je dirais que je voyais la réalité se décoller des choses petit à petit, je me sentais devenir étrangère et progressivement perdre la raison. Cette lucidité extrême sur ce qui m'arrivait aggravait encore mon anxiété. Mais il y avait aussi tous les symptômes du syndrome PASS, sauf la boulimie de sucré qui pour moi s'est inversée en incapacité à manger le soir, à l'heure où l'angoisse est à son paroxysme.

J'ai eu beau demander aux divers psys que j'ai rencontrés ce que ces symptômes voulaient dire, ils n'ont jamais su mettre de mot là-dessus, ce qui est hyper frustrant quand on va mal. Comme on n'arrêtait pas de me dire que je ne souffrais pas de psychose, j'en suis arrivée à la conclusion que soit les psys sont incompétents (ce qui paraissait trop radical pour être vraisemblable), soit mes symptômes n'étaient que les manifestations d'une "dépression" mutante encore inconnue de la médecine. Je disais "dépression" faute de mieux, même si je n'étais pas tout à fait convaincue.

Je dois reconnaître que la découverte de la douance a été pour moi une première clé : si mon cerveau fonctionne vraiment différemment de la plupart des gens et que les connaissances sur le sujet n'en sont qu'à leurs débuts, il est normal que tout le monde reste coi. Ce syndrome PASS explique à mon avis pas mal de choses. Je veux dire que pour une fois, "ça colle" avec ce que j'ai vécu, contrairement à ce que j'ai pu lire sur la dépression classique. Seuls ces symptômes additionnels restent un mystère pour moi. Peut-être quelque éminent spécialiste trouvera un jour une explication rationnelle à tout cela. J'aimerais vraiment en savoir plus là-dessus, donc si quelqu'un connaît des travaux sur le sujet, je suis preneuse.
Azore
"Créer, c'est vivre deux fois." Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Avatar du membre
TourneLune
Messages : 12068
Enregistré le : mar. 1 févr. 2011 13:50
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/topic22.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 39

Re: douance et syndrome PASS

Message par TourneLune » mar. 29 juil. 2014 16:32

Que ce syndrome semble exister et être intéressant ne doit pas être la porte ouverte à tous les autodiagnostics du monde hein....

Si le concept est intéressant et séduisant, j'ai l'impression que tout ce qu'on trouve à son sujet découle d'une seule et même source pas hyper fouillée scientifiquement parlant.
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
Jean-Christophe Grangé - Le Passager

Répondre