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les "révélés tardifs"

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.

Modérateur: Bradeck

Re: les "révélés tardifs"

Messagepar pixelvois » Lun 3 Déc 2012 15:07

axolotl a écrit:Je suis plus gaie, plus sûre de moi, je marche la tête haute. J'ai compris que je pouvais jeter des passerelles entre les autres et moi, et que ce n'était pas très compliqué.

C'est cool hein, cette sérénité nouvelle ? Qui, perso', m'est tombé dessus sans que je l'analyse ni cherche à faire un "travail" pour l'obtenir... sans comprendre non plus vraiment comment / pourquoi, mais après tout OSEF ! Elle est là, et avec elle des fondations solides prêtent à recevoir la construction d'une confiance en soi durable :-)


axolotl a écrit:Bien sûr j'aurais aimé savoir plus tôt, mais quelle importance ? J'aurais pu vivre le restant de ma vie avec cette douloureuse sensation d'être bancale et inappropriée.

+1
La réponse que j'y apporte aussi ( et peut-être prioritairement ) c'est qu'en sachant plus tôt je n'aurais pas eu le même chemin et la même réflexion / recherche sur moi. Probablement cela m'aurait facilité la vie à certains endroits, mais je me dis que sans doute mon chemin n'était pas là, et que de toutes façons c'est ainsi, et qu'il ne sert à rien de se morfondre en envisageant tout ce qui aurait pu être "si" ^^


Tout ça, les premiers temps après le test, j'en restais méfiant : et si ce n'était pas durable, juste l'excitation due à la nouveauté ?... mais non, le moyen terme ( près d'un an après le bilan ) ne l'a pas vraiment démenti : il y a un net palier de franchi, même si des fluctuations sont évidemment encore présentes. Je sais à présent dire que je vais bien ( alors que je ne pouvais faire autrement que d'éluder la question "comment ça va" par un laconique "normal" - sous-entendu ni-bien-ni-mal-pas-vraiment-bien-pas-vraiment-mal-tout-ça-c'est-relatif-et-dépend-de-sur-quel-plan-on-l'envisage-en-plus-vous-n'avez-pas-envie-d'entendre-une-réponse-négative-alors-je-vous-épargne-sans-me-résoudre-à-vous-mentir - ou un "on fait aller" guère plus optimiste ), et pire ( si j'ose dire ;) ), je ne m'autorise plus guère à me plaindre ou à me laisser désespérer...
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Cyrano » Lun 3 Déc 2012 18:12

axolotl a écrit:54 ans, 11 mois, 3 jours. Qui dit mieux ? :geek1:

Le 7 novembre dernier a été une seconde naissance pour moi. J'ai été sonnée pendant plusieurs jours, j'ai regardé le monde autour de moi comme ceci : :o

Après les tests, la psy m'a demandé avec un grand sourire : "Alors, qu'en pensez-vous ?"
Moi, abrutie par mon mal de crâne auto-généré : "Chépas". :tmi:
Elle : "mais oui !"
Moi : "vous êtes sûre ?" :grattelatete:
(Il a fallu qu'elle confirme par mail pour que je me décide à changer mon profil sur le forum.)

Ce jour-là, c'est comme si on avait déchiré un voile devant mes yeux.

Tout ce temps à me cogner aux autres, à m'auto-mutiler la personnalité pour tenter d'être un peu plus "normale" - comme si d'autres ne s'en étaient pas suffisamment chargés... :swear:

Depuis le 7 novembre, tous les matins, j'ai l'impression de prendre mon cartable pour aller à l'école de la vie.
De MA vie, la vraie, pas la fake qui ne tenait pas la route. :ledoigt:

Je suis plus gaie, plus sûre de moi, je marche la tête haute. J'ai compris que je pouvais jeter des passerelles entre les autres et moi, et que ce n'était pas très compliqué.

Les tests ont confirmé un gros manque de confiance en moi et une tendance à l'auto-sabotage. Sur plusieurs sub-tests je me suis plantée à des questions faciles -normal : chuis nulle - mais j'en ai réussi des plus difficiles. Là aussi, "normal" : ce n'était pas grave si je me plantais, puisque c'était difficile ; alors autant tenter le coup.
J'ai toujours su que je devrais plus me faire confiance. Maintenant, je mets le verbe "devoir" à l'indicatif.

Bien sûr j'aurais aimé savoir plus tôt, mais quelle importance ? J'aurais pu vivre le restant de ma vie avec cette douloureuse sensation d'être bancale et inappropriée.


Il fait plaisir à lire ce message. :-)

Moi j'aurais bien aimé savoir à une époque où je pouvais encore influer sur mon orientation scolaire. Ça m'aurait évité de croire que j'étais incapable de poursuivre de hautes études. Ce qui me chagrine, c'est que j'avais les moyens intellectuels de faire à peu près n'importe quoi...Et que je n'ai rien fait.

Enfin, comme le dit Pix, ma vie serait sans doute très différente aujourd'hui, et hormis le côté professionnel, je la trouve pas si mal...
On ne reste parfois fidèle à une cause que parce que ses adversaires ne cessent d'être
ineptes.
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar axolotl » Lun 3 Déc 2012 21:48

pixelvois a écrit:
Tout ça, les premiers temps après le test, j'en restais méfiant : et si ce n'était pas durable, juste l'excitation due à la nouveauté ?... mais non, le moyen terme ( près d'un an après le bilan ) ne l'a pas vraiment démenti : il y a un net palier de franchi, même si des fluctuations sont évidemment encore présentes. Je sais à présent dire que je vais bien ( alors que je ne pouvais faire autrement que d'éluder la question "comment ça va" par un laconique "normal" - sous-entendu ni-bien-ni-mal-pas-vraiment-bien-pas-vraiment-mal-tout-ça-c'est-relatif-et-dépend-de-sur-quel-plan-on-l'envisage-en-plus-vous-n'avez-pas-envie-d'entendre-une-réponse-négative-alors-je-vous-épargne-sans-me-résoudre-à-vous-mentir - ou un "on fait aller" guère plus optimiste ), et pire ( si j'ose dire ;) ), je ne m'autorise plus guère à me plaindre ou à me laisser désespérer...


Disons que j'apprends à relativiser/analyser/sourire... :D
Et tiens, c'est bizarre, on me trouve plus détendue qu'avant !

Cyrano a écrit:Il fait plaisir à lire ce message.
Moi j'aurais bien aimé savoir à une époque où je pouvais encore influer sur mon orientation scolaire. Ça m'aurait évité de croire que j'étais incapable de poursuivre de hautes études. Ce qui me chagrine, c'est que j'avais les moyens intellectuels de faire à peu près n'importe quoi...Et que je n'ai rien fait.
Enfin, comme le dit Pix, ma vie serait sans doute très différente aujourd'hui, et hormis le côté professionnel, je la trouve pas si mal...


Mais tu peux encore influer sur ton orientation professionnelle ! T'es tout jeune ! (à côté de moi :lol: )
Ces moyens intellectuels de faire à peu près n'importe quoi, ils sont toujours là, alors ? :cheers:

Pour moi cela n'aurait probablement rien changé. Mes parents étaient persuadés qu'une fille "ça se marie, ça a des enfants et ça arrête de travailler, donc pas besoin de faire de grandes études". Ils ont accepté de me subventionner jusqu'à Bac +2, pour un métier que je détestais (assistante de direction/gestion). Je me suis débrouillée toute seule pour ma licence en anglais, qui ne m'a servi à rien professionnellement :lol: . Mais j'ai adoré ces études en télé enseignement.

Plus récemment, je me suis fait subventionner une prépa concours d'attaché territorial par mon employeur. Fatigant - un jour par semaine, 6 h de cours et 4 h de transport, et après on fait le boulot de 5 jours en 4 - mais stimulant. J'ai su que je pouvais réussir le concours si j'appliquais bêtement les méthologies alors je me suis formatée en conséquence. Pourtant je doutais sacrément de moi, la plupart de mes camarades de promo avaient Bac+5 en droit (c'était un concours très juridique) et moi zéro.

Maintenant, j'aimerais faire des études de psycho pour avoir une pratique privée et/ou bénévole, une fois à la retraite. Mais serais-je capable d'y consacrer dix heures par semaine alors que j'en bosse déjà 40 et que j'ai des tas d'activités sur mon temps libre ? ça vaut le coup d'essayer...
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar nuware » Mar 4 Déc 2012 01:17

bon anniversaire axolotl !
J'ai compris que je pouvais jeter des passerelles entre les autres et moi, et que ce n'était pas très compliqué.

Joli passage, je me demandais comment les "révélés tardifs" voyaient se modifier leur rapport aux autres, en tout cas pour ceux qui n'abordaient pas la plupart de leurs relations avec facilité (ce qui ressort dans pas mal de posts). Jeter des passerelles, c'est beaucoup plus fort qu'accepter ou tolérer, non ?

Sur un autre sujet, j'ai l'impression que la question de la reprise d'études se pose souvent aux "révélés", plus ou moins tardifs. Et quand on est adulte, on peut être confronté à des contraintes matérielles qui semblent difficiles à surmonter, ou redouter de ne pas pouvoir aller assez loin assez vite et en ressentir une certaine frustration (sacrifier plusieurs soirées par semaine pendant une année pour acquérir de simples bases peut sembler vertigineux). Mais une fois lancé on peut aussi s'épanouir sur le parcours en sentant qu'on progresse, le diplôme n'est pas le seul horizon. Je connais quelques personnes qui ont cette discipline, ce n'est pas simple mais c'est possible. Et ça mène quelque part et ça vaut le coup.
Mais ce n'est pas simple ^^
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Pier Kirool » Mar 4 Déc 2012 08:19

axolotl a écrit: Maintenant, j'aimerais faire des études de psycho pour avoir une pratique privée et/ou bénévole, une fois à la retraite. Mais serais-je capable d'y consacrer dix heures par semaine alors que j'en bosse déjà 40 et que j'ai des tas d'activités sur mon temps libre ? ça vaut le coup d'essayer...

nuware a écrit: j'ai l'impression que la question de la reprise d'études se pose souvent aux "révélés", plus ou moins tardifs. Et quand on est adulte, on peut être confronté à des contraintes matérielles qui semblent difficiles à surmonter, ou redouter de ne pas pouvoir aller assez loin assez vite et en ressentir une certaine frustration (sacrifier plusieurs soirées par semaine pendant une année pour acquérir de simples bases peut sembler vertigineux).

Actuellement en VAE, je bosse effectivement pas mal pour ça, sans savoir exactement ce que cela va m’apporter, à part le coté « validation », c'est-à-dire entériner le passé. Pour le futur, je suis plus dubitatif, à cause de ces contraintes, là, qui sont un peu sociales (changer radicalement dans ma position, c’est très peu courant, et puis ce serait larguer les amarres d'un poste assez sûr en fait...), matérielles aussi (j’ai « charge d’âmes » comme on dit), et pour finir « internes » (ça me fait peur tout simplement de penser que je peux me gameller en tentant ce truc de fou…) Le 3) est lié au 2) je pense, ou alors le 2) est un prétexte et juste je flippe... Et, de plus, quand on a tous ces freins, ben c’est dur même de faire la démarche d’essayer de savoir ce qui pourrait bien nous convenir d’une part et d’autre part de trouver les profils de poste et donc les postes qui seraient libres… ou les métiers à créer... Quant à avoir une activité autonome, n’en parlons même pas… pour le moment. Parfois j'aspire à la retraite juste pour pouvoir faire autre chose...

nuware a écrit: je me demandais comment les "révélés tardifs" voyaient se modifier leur rapport aux autres, en tout cas pour ceux qui n'abordaient pas la plupart de leurs relations avec facilité
A propos d’un cas, je trouve que c’est peut-être plus simple d’être moi-même, maintenant que j’ai « une certitude » sur un élément constitutif que je trimballe. Attention, je ne dis pas que tout est simple car je sais bien que le risque d’être perçu comme arrogant existe toujours. Je pense que ce sera aussi important pour moi de savoir que ce que j’ai l’impression de savoir ou de comprendre n’est pas forcément compris ou perçu par les autres. Avant je vivais dans une ambiance « c’est évident ce que je vous dis, je ne comprends pas que ce ne soit pas déjà fait »… ce qui n’est pas très favorable à l’ambiance…
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar mlle socrate » Mar 4 Déc 2012 15:13

Le terme "révélés" m'a fait sourire... ça a un côté mystique... j'aurais plutôt dit "diagnostiqués", mais peut-être est-ce une déformation professionnelle... puisqu'il ne s'agit pas d'une maladie non plus! :roll:

La "révélation" pour moi n'a pas eu d'influence sur la confiance en moi, la perception de mon intelligence, etc... Je savais que j'étais rapide, que je comprenais vite, que j'associais , faisais des liens, mieux et plus vite que la moyenne des gens. J'ai réussi ma scolarité sans effort ni difficulté particuliers.

Ce que ça change par contre c'est sur la sphère émotionnelle, relationnelle, affective: ça répond à la question du pourquoi . Pourquoi l'ennui, la frustration, le besoin de plus toujours plus, la perpétuelle insatisfaction, l'exigence démesurée envers la vie, les émotions, etc...
Et ça suggère des réponses: plutôt que de rechercher la vibration sur le plan relationnel (soit ça ne vibre pas assez, soit ça vibre assez, mais là c'est moi qui n'ai plus les épaules pur le vivre...), je vais aller la chercher sur le plan intellectuel... J'ai décidé de reprendre des études de philo pour la rentrée 2013, pas dans un but de réorientation professionnelle (j'aime mon travail de psychiatre, que je trouve intellectuellement, humainement, et financièrement très satisfaisant), mais bien dans un but d'épanouissement personnel, intellectuel: je vais vibrer avec des idées, des concepts... vu que dans la vie j'y ai laissé quelques plumes récemment! :cry:

Sinon, ça survient dans une période où il faut que je comprenne qui je suis (à 35 balais, il serait temps!): la démarche comprenait donc la WAIS, mais ne s'achève pas avec... le sujet sur le faux self m'a particulièrement intéressée d'ailleurs, je vais essayer de creuser l'idée...

Ah oui, et pour Noël, mon père, mon frère (concernés eux aussi je pense par la douance), et mon chéri (qui m'aime et veut me comprendre) vont avoir un joli livre dans leur cadeau (quand est-ce que JSF le sort en poche d'ailleurs???).
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Mafalda » Mar 25 Déc 2012 22:28

Bonsoir à tous,
je prends votre train en route, je viens d'arriver....
Moi, j'ai toujours su que j'étais plus intelligente que la norme, j'avais toujours deux longueurs d'avance à l'école, mais je ne voyais pas l'intérêt de m'y attarder, j'étais comme ça, comme d'autres ont l'oreille musicale, aucun mérite.
J'ai aussi eu un parcours professionnel que les autres considèrent une réussite, ce qui ne m'a jamais empêchée de manquer terriblement de confiance en moi-même, car ma barre à moi, elle est bien plus haute que là où je suis..
La "révélation", pour moi, ça a été de lire que que la douance s'accompagnait de la ###hyperplasie des apophyses latérales###, alors que je n'avais jamais su faire le lien entre mon sentiment de décalage permanent et le HP.
Du coup, j'ai très envie de me repasser le film de ma vie (de toute façon, je ne fais que ça, de l'introspection 24h sur 24h) à la lumière du diagnostique désormais confirmé, il y a tout juste une semaine. j'ai pris RV avec un psycho-thérapeute HP lui-même et dans l'emphatique, m'a-t-on dit, je me dis qu'au pire ça ne servira à rien, mais je me le dis juste pour masquer que j'ai terriblement envie de trouver quelqu'un qui puisse m'aider à comprendre pourquoi ça fait aussi mal là où ça fait mal.
Étonnement, dans les quatre mois entre la prise de RV pour passer le test et la passation du test, je pensais que dès que j'aurai eu la réponse, j'aurais largué les amarres (chose dont j'ai envie de manière cyclique depuis toute petite), mais en fait ce n'est pas ça. Pour l'instant, c''est plutôt le sentiment que j'ai à remettre en place les morceaux du puzzle pour trouver (enfin?) un dessin qui ait du sens. Je me dis aussi que c'est sans doute une illusion de plus...
Par contre, que faites-vous avec l'entourage? je ne parle pas des amis, j'y vais tout doucement avec ceux qui sont à mon avis comme moi, mon problème c'est la famille, quoi faire d'un conjoint que je ne pense pas qu'il puisse comprendre moindrement de quoi je parle? Et des enfants (quasi-ados), avec qui j'ai essayé d'exprimer ma différence, et qui se sont tout simplement moqué de maman qui se prend pour une surdouée ? Et de ma mère, à qui j'ai dit le résultat et qui n'y a vu que fierté, alors que moi, je n'y vois que confirmation d'une détresse qu'elle n'a jamais su ou voulu voir ?
Merci à l'avance !
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Mlle Rose » Mer 26 Déc 2012 11:30

Mafalda a écrit:La "révélation", pour moi, ça a été de lire que que la douance s'accompagnait de la ###hyperplasie des apophyses latérales###, alors que je n'avais jamais su faire le lien entre mon sentiment de décalage permanent et le HP.


Huhu te voilà faire l'expérience de la censure spéciale du forum ^^ Nous avons banni le champ lexical en z parce que tout ceci ne veut rien dire. Va voir le topic "un peu de terminologie" dans "là où on se pose des questions" pour plus de précisions.

Il n'y a pas la douance d'un côté (d'après ce que je comprends pour toi cela signifie haut QI) et la chépakoitude de l'autre.
Le Haut QI, en raison de ses caractéristiques étiologiques intrinsèques (neuronales notamment) implique nécessairement des différences dans la manière de percevoir le monde (réception accrue de stimuli, traitement plus rapide et plus élaboré, etc). Tout ceci est intimement lié. Après il y a la manière dont chacun est capable de s'en servir/satisfaire/accomoder en fonction de son vécu, c'est encore autre chose.
Le décalage ne peut être que normal. Imaginons une personne avec une intelligence normale/moyenne vivre dans un monde de déficients intellectuels, tu ne penses pas qu'elle se sentirait décalée et que ce serait tout à fait naturel/logique ?
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Mafalda » Mer 26 Déc 2012 17:19

Il n'y a pas la douance d'un côté (d'après ce que je comprends pour toi cela signifie haut QI) et la chépakoitude de l'autre. Le Haut QI, en raison de ses caractéristiques étiologiques intrinsèques (neuronales notamment) implique nécessairement des différences dans la manière de percevoir le monde (réception accrue de stimuli, traitement plus rapide et plus élaboré, etc). Tout ceci est intimement lié. Après il y a la manière dont chacun est capable de s'en servir/satisfaire/accomoder en fonction de son vécu, c'est encore autre chose.
Le décalage ne peut être que normal. Imaginons une personne avec une intelligence normale/moyenne vivre dans un monde de déficients intellectuels, tu ne penses pas qu'elle se sentirait décalée et que ce serait tout à fait naturel/logique ?

oui, ça, j'ai entre temps commencé à l'intégrer. c'était justement ça le déclic.
Quant à la terminologie, je veux bien essayer de me plier aux usages du forum, et utiliser surdoué là où je disais douance - histoire d'appeler un chat un chat - mais j'ai beau lire la section terminologie, je ne suis pas sûre qu'entre la bête noire et blanche à 4 pattes et la "chépakoitude", le terme zoologiquee ne soit pas plus clair...
PS: je ne suis pas sûre non plus, Mlle Rose, d'avoir envie de te rencontrer dans les waters avec une tronçonneuse, mais je suis bien contente que tu prennes le temps de me répondre :-) !
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Eric Lerouge » Lun 7 Jan 2013 14:08

Comme on m'y a invité sur ma file de présentation, je viens poster ici mes réflexions de "révélé tardif".

En ce qui me concerne, j'ai toujours su que je l'étais parce que contrairement à beaucoup, mon cadre familial m'a beaucoup entouré : j'étais l'aîné des deux côtés, mes deux parents étaient eux-mêmes brillants intellectuellement et dans les deux branches de ma famille tout le monde avait fait des études supérieures. J'ai commencé ma scolarité avec une bonne année d'avance tout en étant systématiquement dans les premiers de la classe. Malgré un redoublement en 2nd C pour rester dans la filière scientifique (et correspondant également à la séparation de mes parents), j'ai fait des études supérieures très brillantes, avec des mentions, des doubles diplômes, etc. Et ma vie professionnelle a toujours été réussie, même si la conjoncture économique et les difficultés personnelles font qu'il y a des années meilleures que d'autres.

En 2002 ou 2003, j'ai fait le test en suivant l'émission E=M6. J'avais accueilli le résultat (138) avec sérénité car il correspondait bien à ce que je pensais avoir.

En fait, le choc est plutôt venu de la détection de mes deux derniers enfants : 156 et 155 de QI. L'énormité du chiffre m'a beaucoup perturbé. Je me suis alors dit que mes enfants allaient avoir besoin d'une attention très spéciale et qu'en aucun cas, ils ne pourraient vivre une scolarité à peu près normale comme je l'avais fait.

Le psychologue nous a incité, mon épouse et moi-même, à nous faire tester. Dans un premier temps je n'en voyais pas l'intérêt pour moi. Puis mon épouse l'a fait et je me suis senti un peu "seul", avec un test dont le psychologue me disait qu'il était bien fait pour les gens au QI "moyen" (c'est-à-dire dans la cloche de la courbe), mais qu'il n'était pas assez précis pour les très hauts (ou très bas) QI.

Ce sont ces deux éléments qui m'ont décidé à me faire sérieusement tester. Le résultat me rassure : je ne suis pas très loin derrière mes enfants, ce qui signifie qu'ils pourront très probablement avoir une scolarité "normale", en évitant les collèges spécialisés dont l'éloignement nous obligerait à les mettre en pension... dès l'age de 9 ans puisque ma fille a déjà deux ans d'avance. Je sais que c'est la scolarité normale des petits britanniques, mais ce n'est pas pour rien que les anglais sont les ennemis héréditaires de la France : on n'appartient pas à la même espèce !

Voilà pour un témoignage qui manque certes d'effet dramatique, du style "enfin, je vais enfin pouvoir vivre ma vie car je sais maintenant qui je suis !", mais qui pourrait convaincre quelques hésitants à se faire tester : si vous n'en voyez pas l'utilité pour vous, cela pourrait rendre service à vos proches !

Pour l'anecdote (je sais, le récit se découd un peu, désolé...), lorsque j'ai annoncé mes résultats à mes parents, aucun ne m'a félicité : tous deux m'ont dit qu'ils n'étaient absolument pas surpris et mon père a même ajouté "qu'il ne croyait pas à toutes ces histoires de test" ! A bon entendeur...
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Tinou » Lun 11 Mar 2013 06:11

Bonjour !!

Comme on me l'a gentiment demandé je viens ajouter mes réflexions de "révélée tardive" ...

A 57 ans, 6 mois et 1 jour le diagnostic qui tombe ça fait "bizarre" mais ça soulage ... quasi une semaine après je me sens "apaisée" et j'ai dépassé la première réflexion: pourquoi maintenant, pourquoi si tard ???

Les 57 ans écoulés, même si ils n'ont pas été "roses" ont fait de moi ce que je suis et il ne sert à rien de se retourner, il faut juste tirer les leçons du passé, des échecs ...

Je suis soulagée, je sais enfin pourquoi, je commence à comprendre mon "fonctionnement" et je déculpabilise ... Même si par moment je doute encore un peu :lol:

Aujourd'hui je suis optimiste, même si un "grand travail" doit se poursuivre avec mon psy ...

Aujourd'hui je met de l'ordre dans mes envies, je reprends "contact" avec mes désirs enfouis ...

Aujourd'hui je me sens la force d'affronter le regard et les commentaires d'autrui ... oui je ne fonctionne pas comme vous, oui je n'aime pas les mêmes choses que vous et alors ???!!!! Unissons nos différences et faisons ensemble quelque chose de super !!!
Je n'aime pas le terme de SUR doué, de HAUT potentiel, le superlatif me dérange ... je ne me sens pas supérieure ... je suis juste différente ...

Aujourd'hui je n'ai plus "honte" de ce besoin d'isolement qui me prend par moment et que mon entourage ne comprend pas... j'adore le contact mais par moment il faut que je retourne dans ma "bulle", j'ai besoin d’échapper au bruit, à ce monde de "ouf"...

Aujourd'hui c'est "ma seconde naissance" et j'entends bien utiliser cette seconde chance !! Il n'est jamais trop tard !!
A la rentrée prochaine je serai sur les banc de l'école d'infirmière et c'est un immense bonheur d'enfin "oser" ...

Aujourd'hui je suis heureuse, je reprend le chemin de l'école de "ma vie" :amour1:
Quand dans ta vie, des moments difficiles viendront...
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Moutarde » Sam 13 Avr 2013 17:27

Des "révélés tardifs" ? Ah oui, j'en fais partie ....

La "révélation" étant toute neuve, j'en suis à une étape de soulagement, de déculpabilisation peut-être aussi ....
Soulagement parce que ça m'éclaire sur moi-même ; cette sensation d'être différente, de ne pas savoir quoi répondre quand on me disait : "mais t'es pénible à vivre, toi, t'es jamais contente, tu vas trop vite, tu en veux toujours plus, on peut pas te suivre", cette crainte de paraitre supérieure, pédante, hautaine .....

Déculpabilisation, parce que non, je ne méprise personne, ce n'est pas de l'ordre du miracle quand mon empathie me permet d'y voir limpide chez les autres, je n'ai pas de "solutions toutes faites" mais pourtant, si l'autre m'écoute un tant soit peu, il/elle verra que je ne déconne pas .....
(ne plus souffrir en entendant : "je ne veux pas que tu me donnes ton avis, tu auras forcément raison !"

Une vague sensation de "gâchis" à l'annonce du résultat : si j'avais su plus tôt .....
Et puis très vite, je me suis dis que ce n'était pas "grave" ; oui, j'aurais pu faire de hautes études mais finalement, j'ai voulu m'arrêter au bac parce que mon besoin de partir de chez mes parents et d'être autonome était le plus fort ; oui, j'aurais pu avoir une vie professionnelle plus "réussie" mais la mienne ne me convient pas si mal.

Et du coup, je me tourne encore plus vers l'avenir : il me reste une vingtaine d'années à bosser, waouh !
En voilà des années où j'ai encore le temps et l'envie de faire des choses !
Et si cette révélation tardive me donne le p'tit coup de pouce qu'il me manque peut-être pour être un peu plus audacieuse question boulot, et bien tant mieux !!!

Mon passé aurait pu être autrement, si j'avais été diagnostiquée enfant ; et bien, en finale, mon passé est ce qu'il est ; j'en fais une force, et j'avance.
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar gramine » Lun 15 Avr 2013 17:38

Révélée tardive pas plus tard qu'aujourd'hui, après à peine quelques semaines de questionnement. Voilà. Voilà-voilà. J'espère que cela va m'aider à avancer, gagner un peu de confiance en mes capacités et que je vais réussir à m'éclater. Je rejoins un peu cette idée de gâchis de ces années d'incertitude molle où ma vie est restée bloquée. Mais je me dis aussi que si cela ne m'est pas apparu avant, c'est peut-être que j'avais besoin de temps? Quoiqu'il en soit, cela va certainement m'aider à surveiller mes enfants du coin de l’œil et ça c'est bon! Comme d'autres, je me pose la question d'en parler à mon mari, je vais tenter de trouver des éléments de réponses sur ce forum.
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Collinette » Jeu 12 Juin 2014 12:43

Révélée tardive comme vous, il y a un peu plus d’un mois, j’imaginais que le diagnostic allait m’apaiser, qu’il constituerait une sorte de nouveau départ.
Comme expliqué dans ma présentation, j’ai passé les tests en même temps que mon fils aîné (20 ans) et voilà: lui QI 152 (il se sent plus serein depuis qu’il sait, ouf) et moi 149. Sorry pour les chiffres mais ils vous aideront p.e. à comprendre mon désarroi.

Flash-back. J’étais et suis toujours considérée comme originale et révolutionnaire par les parents (ce qu’ils désapprouvent bien évidemment). J’ai été renvoyée pour indiscipline d’un lycée bruxellois très « commyfô » (pouah). J’ai fini par faire des études minimalistes pour fuir au plus vite le toit familial. J’ai bossé, bossé, tantôt comme indépendante, tantôt comme salariée. (le positif, quand on bosse, c’est qu’on ne pense pas). En janvier dernier je me suis fait licencier, à 54 berges. Ah, j’oubliais: à mon actif une grosse dépression il y a une quinzaine d’années et un très joli burn-out il y a 2 ou 3 ans.

Aujourd'hui j’ai toujours autant l’impression qu’avant de courir dans le noir en me heurtant aux murs. L’impression de ne pas parler la même langue que les autres. Aucun intérêt pour la plupart de leurs conversations. Horreur des groupes. Je ne regarde quasi pas la télé. Me fous du foot et du tour de France. Et du dernier roman à la mode. Et des marques de voitures. Et d’aller en vacances le plus loin possible. Et d’avoir une belle maison 4 façades. Et de « fréquenter » utile. Et d’être diplomate. Oui, c’est sans doute une des raisons de mes échecs: je ne sais absolument pas faire semblant. Besoin vital d’appeler un chat un chat. Ce qui déplaît… forcément…
Et je me sens si loin…
Sans doute Mlle Rose a-t’elle raison en disant "Le décalage ne peut être que normal. Imaginons une personne avec une intelligence normale/moyenne vivre dans un monde de déficients intellectuels, tu ne penses pas qu'elle se sentirait décalée et que ce serait tout à fait naturel/logique ? » On fait comment pour intégrer ça dans le quotidien, comment arriver de bon coeur à ne pas être méprisant/agressif/excédé quand, pour la énième fois, on demande/explique/argumente la même chose à la même personne? :@

J’ai fait plusieurs ateliers de « développement personnel » dont la conclusion est toujours identique à celle de la psy du test: sois toi même. C’est bien là le problème: c’est qui, moi-même? Chaipas. J’ai repris RV pour un suivi psy.

En plus, je serai sans boulot bientôt. Chercher à me recaser dans ce domaine que je connais bien? Seuls les jeunes qui font du web ET du papier sont sollicités. Puis, plus envie de me battre, fait le tour, marre, je devrais à nouveau lutter seule pour essayer d’imposer des évidences et me faire envoyer au bain.

Question aux quinquas qui ont repris des études: comment le vivez-vous? Comment fonctionne votre « vieille » mémoire?
Et comment envisagez-vous la suite, le marché du travail, et toussa?

Ah, les amis, je suis désolée de cette intervention complètement larmoyante et nombriliste. Je lis beaucoup sur le forum, j’adore vos interventions et les aides qu’elles m’apportent, je pensais plutôt écrire quelque chose de positif mais c’est raté. J’espère revenir vers vous de façon plus positive bientôt :-)
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Pier Kirool » Jeu 12 Juin 2014 15:23

Moi je suis le révélé tardif (un révélé tardif) qui a aussi eu des soucis avec le boulot.
Pas jusqu'à reprendre des études (enfin VAE et formations tout le temps) ni jusqu'à connaître le marché du travail, MAIS j'ai tous (peut-être pas d'ailleurs) les topics ayant trait à ça dans mes favoris, alors c'est cadeau.
La recherche d'emploi
Votre rapport à la hiérarchie
Travailler mieux et être mieux au travail
Nos métiers manqués
Reconversion professionelle
Sinon : "C'est qui moi", c'est bien sûr à cerner avec un(e) professionnel(le).
C'est normal qu'on ne trouve pas des caisses et des caisses de personnes avec qui on soit parfaitement bien et en confiance, pour le boulot et autre chose d'ailleurs. A mon avis ça doit rentrer dans le cahier des charges du boulot qu'on se trouve : avoir l'impression d'être en confiance...
Et puis, être capable de prendre sur soi quand ça en vaut vraiment la peine, ça s'appelle mûrir (oui je sais on va finir moisis si on mûrit trop, mais bon...). Et même si partir, c'est mûrir un peu, bah faut se fixer des priorités.
Enfin c'est facile à dire hein, je le sais bien...
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Kayeza » Jeu 12 Juin 2014 15:48

Pier Kirool a écrit:Sinon : "C'est qui moi", c'est bien sûr à cerner avec un(e) professionnel(le).

Oui. On peut aussi ajouter l'idée que le "moi" n'est pas figé. On peut trouver des pistes avec un/e professionnel/le mais je pense aussi qu'à un moment ou à un autre du processus (peut-être pas au début), on peut se dire que ce "moi" qu'on découvre peu à peu est une structure mouvante, en perpétuelle évolution - et je pense que c'est encore plus vrai pour les surdoués qui peuvent avoir tendance à remettre tout en question tout le temps :P Mais c'est pas forcément grave... Je suis ce que je suis à l'instant T, tant que ça reste en accord avec un ensemble de certaines valeurs, j'ai le droit de changer d'avis régulièrement. Il me semble...
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar arizona » Jeu 12 Juin 2014 18:15

Tiens, un sujet que je n'avais jamais vu ! A 45 ans pour ma part, et assez rapidement, sans hésitations, une fois que l'on m'a mis sous le nez le terme de HP.

J'aurais adoré savoir cela jeune, enfant, ou adolescente. C'est-à-dire à une époque où les seules émotions que je connaissais étaient la solitude, la peur, la honte, la tristesse, la colère intérieure. A une époque où le monde était noir. A l'époque où je ne comprenais rien, où je disais que je m'étais trompée de planète.

Un jour, j'ai décidé que j'en avais assez, que puisque j'étais sur cette planète-ci, il fallait que je l'accepte. Qu'être malheureux, ça ne sert à rien, sauf à rendre d'autres gens malheureux. Que je devais prendre les choses une à une, et les régler une à une. La peur, c'était déjà fait, avant mes vingt ans. Il restait les autres. La colère, je m'en suis débarrassée assez vite. La honte aussi. ( La honte d'être blanche, la honte de ne jamais avoir eu faim, la honte de recevoir de l'argent parce que mon père était mort..., bref, des choses dont je n'étais pas responsable. Je n'ai jamais eu la honte de moi-même. ) La tristesse et la solitude, c'est beaucoup plus difficile, et je n'en ai pas encore tout à fait fini avec eux. Par contre, je sais les gérer, leur parler, et les tenir à distance.

Bref, a 25 ans, je suis prête à essayer de nouveau, à renaître, à essayer de vivre, joyeusement. J'accepte enfin l'idée que j'étais responsable de ce que je ressentais. Si je voulais ressentir des choses positives, je devais vivre des choses positives. Que si j'étais triste, je n'avais qu'à me donner une claque, et basta. Que ma posture allait influer sur mon mental - mais oui, puisque mon mental influe sur ma posture. Il suffit d'enclencher un cercle positif, pour qu'il revienne vers soi. Dans toute cette démarche, aller voir un psy pour qu'il me parle de moi-même, pour qu'il m'explique je ne sais quoi, n'aurait pas eu de sens, et je l'aurais refusé sans même m'arrêter à l'idée. C'était à moi de faire les choses, à moi d'avancer, à moi de devenir ce que je voulais être.

Et pendant 10 ans, j'apprends à apprécier les autres, à les considérer comme des personnes, à être joyeuse et à prendre du plaisir. A arrêter de penser que les Hommes ne valent rien, que la Vie ne vaut rien. Parce que la conclusion de cela, logique, c'est que moi non plus je ne vaux rien. Or, j'ai toujours pensé que je valais quelque chose. La conclusion logique, c'est que les Autres aussi, et la Vie aussi.

Lorsque j'ai entendu parler de douance, j'ai compris assez rapidement que j'allais de nouveau faire des bonds en avant. Mais cette fois bien plus rapides, bien plus intéressants que juste me débarrasser d'un certain moi-même, et d'apprendre à être joyeuse. Tout ce que j'ai parcouru par moi-même, tout ce que j'ai appris à gérer par moi-même, fait que ce concept aujourd'hui pour moi n'est que positif. Il rend aussi évident le pourquoi j'ai réussi à faire cela toute seule.

Dans environ 10 semaines, cela fera un an.

Durant ce temps, j'ai appris à ne plus penser au temps qui passe. Le temps est là, et j'en profite pleinement, sans penser à demain, sans penser à hier. ( Si, bien sûr, mais rien de néfaste, rien qui m'ôte du temps de maintenant ). Je suis heureuse.
Cela n'a l'air de rien, cette histoire de temps, mais c'est énorme. Et je sais que d'autres choses sont en cours à l'intérieur de moi, sans vraiment savoir ce qui va sortir. Un jour, on se réveille, et c'est différent. Je suis impatiente de voir ce qui sera différent, et comment. Parce que je sais que cela me rendra un peu plus heureuse.
Si nous n'étions pas d'ici, nous serions l'infini.
D'une chanson.
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar O'Rêve » Jeu 12 Juin 2014 21:12

Avant de passer le test, j’avais la sensation qu’il manquait une pièce au puzzle ou que je n’arrivais pas à ajuster correctement les pièces les unes avec les autres.
Après avoir passé le test et obtenu les résultats, j’ai eu le sentiment que chaque pièce d’un passé douloureux allait trouver sa juste place dans le puzzle vu sous le prisme de la douance.

Aujourd’hui, j’ai plus l’impression que mon puzzle est en fait un jeu de taquin, que j’essaie tant bien que mal de terminer pour percevoir l’image finale recomposée (la personne que je suis…)

Image

Les pièces du jeu, ce sont mes blessures personnelles, mes ombres mais aussi mes ressources cachées…J’ai le sentiment que mes thérapies (avant la douance) m’ont permis de faire apparaitre certaines des images des pièces du jeu.
Depuis l’hypothèse de douance et les résultats, j’ai l’impression que j’ai pu retirer la petite pièce qui bloque le jeu taquin, pour faire bouger les pièces, afin de reformer l’image finale. En ce moment, je bouge les pièces, je fais des essais, des tentatives pour essayer de comprendre le jeu...en vue d'arriver (un jour, je l'espère) à percevoir l’image reconstituée. Lorsque deux pièces forment une partie de l’image, je revis des blessures déjà repérées mais réactualisées à la lumière de la douance. Donc on peut dire que la période n'est pas confortable...mais je veux croire que je vais arriver à la ré-assembler cette photo! La question est : combien de temps encore?
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Aïnoa » Jeu 12 Juin 2014 22:02

Bravo Ari, joli parcours, et bien raconté...
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar soazic » Jeu 12 Juin 2014 22:25

Tu évoques un puzzle, je dirais un casse tête. Quand le truc est défait et que tu cherches la clef.
Au niveau identitaire, c'est encore chaotique, l'impression d'avoir passé une partir de ma vie à côté de moi.
ce post date de presque trois ans, ma grande fille sera en Cm2 l'an prochain, elle va très bien, je me pose des questions quant à ma deuxième.
Après avoir cherché ma clef, pensant que j'étais folle, je travaille en psychiatrie et croise à l'occasion des HPs qui n'ont pas encore trouvé leur clef.
Savoir ne m'a pas ôté mes incapacités, (cela m'attriste) mais c'est comme si mon univers s'étendait de tout son long. Rien que cela c'est bon.
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar gahangirl » Sam 21 Juin 2014 13:57

les "révélés tardifs"

ça fait les re-levés tardifs. joli :) et ensuite on tient mieux debout :) et plus souvent :) (confère quand j'ai lu : "vous êtes bancals". réaliser un décalage, le visualiser et pour ma part tardivement surtout découvrir à "quoi" et à "qui")
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar O'Rêve » Mar 24 Juin 2014 14:17

Pour poursuivre sur les impressions d'images de puzzle, de jeu de taquin, ou de casse-tête que nous, révélés tardifs pouvont ressentir après "la révélation" de douance, je partage quelques phrases d'un livre de Saverio Tomasella (Oser s'aimer), qui personnellement me font du bien :

Dans l'expression que chacun emploie : être ou ne pas être "soi-même", quel est ce même, quelle est cette "mêmeté" dont on parle, lorsqu'on parle de soi?....
Le mot même entre en résonance avec amour. Même : m'aime...Tu m'aimes, je m'aime. Je même!
...Le même est une création. Le même n'est pas commun (comme un), il est singulier. séparé. Unique.
La "mêmeté" fonde l'identité. Elle n'est pas fixe, elle se construit tout au long de la vie. L'identité est mouvante et multiple : elle présente de nombreuses facettes changeantes, en permanente évolution"
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Pier Kirool » Mar 24 Juin 2014 18:13

Offtopic :
O'Rêve a écrit:Dans l'expression que chacun emploie : être ou ne pas être "soi-même", quel est ce même, quelle est cette "mêmeté" dont on parle, lorsqu'on parle de soi?....
Le mot même entre en résonance avec amour. Même : m'aime...Tu m'aimes, je m'aime. Je même!
...Le même est une création. Le même n'est pas commun (comme un), il est singulier. séparé. Unique.
La "mêmeté" fonde l'identité. Elle n'est pas fixe, elle se construit tout au long de la vie. L'identité est mouvante et multiple : elle présente de nombreuses facettes changeantes, en permanente évolution"

Je suis un peu taquin et expéditif, mais devant ce type d'évocation para (ou péri ?)-analytique, j'ai tendance à me demander comment se forgent les identités allemandes (où soi-même se dit "sich selbst", et aimer "lieben") et anglaises (ou soi-même se dit "self" et amour, "love"). Comment font-ils ? Bon. Ok, je ferme ma :x et je :porte:
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar Bradeck » Jeu 10 Juil 2014 22:19

J'apporte ma petite contribution, ainsi que certains questionnements, à ce topic.

J'ai été passer le test il y a peu. J'y suis allé car je désire avancer sur certains points de ma vie malgré mon âge avancé ;)
Surtout sur les points de "se sentir en décalage", "se sentir seul en permanence" en plus d'être malgré tout très isolé socialement parlant, et surtout cette sensation lancinante d'être à côté de moi.
Adolescent, je savais pertinemment que j'étais spectateur de ma vie, que je la vivais par procuration dans le sens où j'intellectualisais ce que sont les sentiments à force d'en voir les effets sur les autres. A tel point qu'un moment je me demandais si j'étais capable de ressentir quelque-chose (en dehors de la petite larme que je verse lors de chaque scène tristoune de n'importe quel film/série). J'étais un "observateur" perpétuel.

Ce sentiment m'avait quitté. Puis à force de toujours ressentir ces divers décalages, je me suis demandé s'ils n'étaient tout simplement pas liés à des choses que je ne voulais pas regarder en face, comme le fait que je m'étais tellement bien camouflé que j'en avais moi-même oublié que je portais un déguisement. Comme ces deux adjectifs qui me collent à la peau, et que je prenais comme des insultes: "intelligent" et "gentil".
J'en étais venu à les détester non pour leur sens, mais car ce sont les deux choses qui viennent à l'esprit de tout ceux qui à un moment, je ne sais pourquoi, veulent me qualifier.
Mince, je ne suis pas "que" quelqu'un de "gentil" et "intelligent", si ?

Au moment de tester ma douance, j'étais certain de m'entendre dire : "QIT 129, et comportement classique". Mais cela m'aurait fait avancer également.
Là je me retrouve avec un chiffre qui est tellement haut qu'il me fait littéralement peur.
Avant le test, à force de réfléchir, je m'étais un peu convaincu que je ne pouvais pas lutter. Qu'à mon âge, j'ai désormais ce que je mérite. Je me suis laissé porté par la vie, et me voilà condamné à la solitude et au décalage.
Et quand j'ai vu les résultats des tests, cela a enfoncé le clou...

Puis je digère... Le premier changement est qu'au lieu de me sentir coupable de ressentir ces décalages, de me dire que je ne suis pas normal, et bien j'ai intégré que je suis bien "hors norme". Et que ces sentiments, qu'ils proviennent de la douance, ou de mon caractère, ou de mon éducation, ou du fin fond de l'univers, voir de tout cela mélangé dans le grand shaker de la vie, et bien j'ai le droit de les ressentir.
Je n'ai pas le droit de me cacher derrière, mais j'ai le droit qu'ils me fassent mal, et je dois cesser de m'infliger une double peine en me disant "Je souffre, et je suis coupable de cette douleur".

Rien que pour cela, je suis content d'avoir passé ce test. Je pense que c'est le début de l'acceptation de soi.

Et là, trois semaines après le diagnostique, j'ai été en formation car j'entame un énième tournant dans ma carrière. Au lieu de faire comme d'habitude, le gentil caméléon qui ne tourne pas les pages du support, qui dit "Je pense avoir compris", et ne pose pas de questions, et bien j'ai décidé de faire un test : Le WAIS me dit que j'ai une lamborghini dans la tête, et bien si je faisais un tour de chauffe !
Alors j'ai tourné les pages du support, pour constater que je n'avais pas besoin des explications du formateur, que tout là dedans n'était que du "bon sens". Alors en parallèle j'ai aussi fait le boulot que j'étais censé ne pas pouvoir effectuer à cause de cette formation... et j'ai squatté un peu le forum AS... et j'ai lu des trucs sur internet... et j'ai posé des questions pour creuser certains points et faire des liens avec d'autres choses...
J'étais au fond de la salle, dans mon coin, et j'étais content, car j'osais un peu utiliser le fameux "Potentiel" de la dénomination "THPI". Dans ma petite boite crânienne, une petite brise a commencé à souffler, avec la possibilité de devenir un ouragan qui j'espère balaiera les blocages mis en place tout au long de cette vie.

Je sais que c'est ce potentiel qui m'a permis de me "laisser porter" et a fait que sans mal je suis où j'en suis professionnellement parlant, mais également que c'est en partie lui qui m'a bloqué dans la sphère personnelle.
J'essaye de ne pas m'en vouloir de l'avoir laissé en dormance jusqu'alors, et je tente de le maîtriser. J'ai passé la seconde, je veux m'adapter avant de passer la troisième et ainsi de suite, jusqu'à fond de 5e !
Et je sais que malgré le "tardif", il n'est pas trop tard. Je ne veux plus me laisser vivre par défaut en me disant "pffou, profite tant que tu fais illusion" tout en ayant mal de "ne pas le mériter", mais choisir ma vie.

Et si je m'en vais vivre tout seul au fond de la forêt dans une cabane au canada, je saurais que j'obéis à ma nature profonde, et non à un rêve de gamin qui voulait fuir ce monde qui lui faisait mal alors qu'il voulait juste être comme tout le monde...
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Re: les "révélés tardifs"

Messagepar ragged » Ven 11 Juil 2014 20:34

bonjour à tous.

est ce que 37 ans et 4 jours c'est être un révélé tardif ??

Pour ma part, ce fut un choc total.
Je ne me suis jamais senti plus intelligent que les autres. Dans le même temps, je constatais pourtant que je réalisais X fois plus de choses que ceux qui m'entouraient et je mettais ça sur le compte : ok, ce sont des flemmards, ils n'utilisent pas leurs capacités...tant pis pour eux.
Cela entrainant au fil des ans un décalage de plus en plus important (un fossé, voir un abysse même), je me suis vraiment crûe désaxé total : schizo, bipolaire, dépressif chronique, personnalités multiples...et consorts.

La découverte de la douance quelques jours après mon anniversaire alors que je traversais une phase un peu sombre, je l'ai pris en pleine face, une grande râclée mawashigerri coup de pied inversé. J'ai fait quatre 360 sur moi-même et ça m'a fait planer à mort. Mais ça m'a aussi fait très peur.
Je n'ai jamais su qui j'étais et là, j'ouvrais une porte qui pourrait me donner des réponses, du moins des directions, des repères (enfin).

Les premiers 6 mois, ça été génial. Un peu de colère mais vite dominée par l'enthousiasme, la joie, je voyais tout diffèrement autour de moi, vraiment le sentiment qu'on avait enfin enlevé ce voile dans mon esprit qui ne me permettait pas d'être moi-même. Assez étrangement, ma façon d'être, physiquement, a très vite changé, corps moins raide, sensation que des bouchons ont été enlevés de mes cinq sens, hyperesthésie à une puissance folle sur les sons, les couleurs, les variations thermiques et pressions atmosphériques, les odeurs, tout se décuplait en moi.

Au bout de six mois, en 24h, il y a eu un nouveau basculement après une IRL avec une membre du forum.
Je ne me reconnais plus tel que j'étais "avant" et ça me trouble énormément. C'est comme si j'étais devenu une coquille vide, une page blanche avec tout à ré écrire.
Mes expériences passées ne me semblent plus vraiment être mienne (alors que j'ai vécu des supers trucs).
En gros, j'ai le sentiment de me retrouver à poil total devant la vie !
Et c'est comme si je n'assumais pas le fait d'être trucmachin avec les neurones au taquet dans tout les sens.
Et j'ai parfois envie de m'en détourner, d'oublier ça.
Mais dans le même temps, je sais que c'est là dessus que je dois me reconstruire, parce que c'est Moi. Mais je ne sais pas encore comment m'y prendre et comment faire des choix (parce que des choix, il y en trop et je les veux tous !!).

Donc voilà, révélé tardif, après l'euphorie, ça me fout un gros gros bordel dans la tronche qui ne fait qu'accentuer le décalage avec les autres. J'ai même pas pu revenir sur le forum depuis au moins un mois à cause de ça.

Est ce que j'aurais préféré l'apprendre plus tôt ? Non. Je me dis que c'est venu au bon moment, j'étais trop immature avant pour gérer un tel truc. J'ai vécu ces 25 dernières années en électron libre et j'ai aucun regret sur cette ancienne vie qui me semble même avoir été composée de plusieurs vies !

Pas de raison que la suite des évènements soient "moindres" alors que je suis "plus" !
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Jeu 16 Jan 2014 13:36
Réunions de "surdoués" ?
1, 2par Flying » Dim 14 Oct 2012 21:13

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Dernier message par Idril Voir le dernier message
Lun 15 Juil 2013 21:58
une confusion "enfant précoce" et asperger est elle possible
par Vanille » Ven 17 Jan 2014 14:30

Réponses: 11

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Dernier message par Symphonie Voir le dernier message
Sam 17 Juin 2017 19:48
"Troubles"
par Animal » Dim 22 Fév 2015 21:21

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Dernier message par savonnette Voir le dernier message
Jeu 26 Fév 2015 17:41

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