Comment réellement réfléchir, et retrouver les sensations plutôt que vouloir les supprimer?

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Yato
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Comment réellement réfléchir, et retrouver les sensations plutôt que vouloir les supprimer?

Message par Yato » dim. 12 nov. 2017 17:33

Est-il possible de perdre son niveau de réflexion, son niveau d' analyse?

Il y a encore quelques mois, j'avais l'impression d'avoir ma pensée en arborescence en permanence, sur plein de thématiques diverses. Après mon entrée en médecine, le bourrage de crâne et le par coeur m'ont dégoûtés, et j'ai l'impression depuis d'avoir beaucoup plus de mal à relâcher mes réflexions, plus de mal à réfléchir et à trouver des idées. J'ai juste l'impression que ces études m'ont cloisonné et fait rentrer dans un moule... Pensez-vous qu'il est possible d'apprendre (réapprendre...?) à réfléchir? De retrouver cette vivacité d'esprit?

Depuis ma réorientation en prépa littéraire en Septembre dernier, j'ai juste l'impression d'avoir gâché mon potentiel, ayant été conditionné à, dès que j'ai un nouveau cours, l'apprendre. L'impression d'avoir supprimé ces questionnements incessants (qui me seraient désormais utiles) par des mécanismes de protection qui empêchent de réfléchir: écoute de musique pour laisser place à l'imaginaire (sorte de refuge) et refus de sentir les choses par peur de trop les prendre à coeur, et de souffrir...

Je me demande même si chacune de mes idées que ce soit sur le plan philosophique ou mathématique, n'est finalement que le recopiage d'une réflexion déjà entendue, et que je sais restituer quand il le faut? De même, je retrouve plus difficilement cet "éclair" qui vient devant un problème mathématique ardu qu'auparavant (comme en Terminale).

Auriez-vous des conseils pour relâcher sa réflexion, réellement la développer et la contrôler, l'organiser? Quand je suis devant un sujet à analyser, soit les idées ne me viennent que difficilement; soit elles partent dans tous les sens et ne suivent donc pas un ordre logique, qui doit être appliqué dans une dissertation...

Auriez-vous des conseils pour guider sa réflexion, et plutôt que supprimer ses émotions les dompter et savoir les contrôler?

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Traum
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Re: Comment réellement réfléchir, et retrouver les sensations plutôt que vouloir les supprimer?

Message par Traum » lun. 13 nov. 2017 13:43

Bonjour Yato,

Bienvenu parmi nous ! En lisant ton parcours, j'ai lu que tu avais fait un an de médecine pour maintenant t'orienter en prépa B/L : c'est courageux, et j'espère que ce début en prépa te plaît bien.
J'ai fait le chemin inverse : une hypokhâgne B/L, puis quelques longues années d'études autres, avant de partir sur des études médicales. (Je n'ai par contre pas passé le concours de première année, mais la suite des études ressemble tout à fait à ce que tu as décrit.)

Je ne pense pas qu'il soit possible de perdre son niveau de réflexion ni d'analyse.
Je pense en revanche que le choc est tel que tu sembles avoir l'impression de ne plus être capable de réfléchir. Même sans avoir commencé par médecine, le souvenir que j'ai de mon année de prépa est que l'on nous poussait à toujours plus de réflexion, et en même temps, qu'il fallait quand même en passer par un apprentissage assez soutenu. (Et, en médecine, même si on peut réussir en n'apprenant — presque — que par cœur, comprendre est pourtant un paramètre essentiel. Et c'est pour ma part grâce à ça que je m'en suis sortie. Si on ne fait pas l'effort de comprendre, on oublie à long terme et on n'est plus capable de prendre des décisions judicieuses.)
Le niveau de maths en B/L n'a rien à voir avec ce que tu as pu faire en terminale et tes camarades doivent souffrir autant que toi.
C'est « normal » d'avoir le sentiment, en prépa, d'être perdu, de ne plus savoir réfléchir. D'autant que tu es confronté désormais à un autre paradoxe que celui de la médecine : on te demande à la fois d'avoir des idées, des références et d'organiser le tout. Le problème dans l'exigence d'avoir des idées, c'est qu'effectivement, très souvent, un autre a déjà pensé le problème avant toi, et l'a déjà théorisé bien mieux que toi. C'est ce qui est très frustrant dans les sciences humaines de façon générale. Mieux vaut renoncer à prétendre inventer la poudre maintenant (mais plus tard, pourquoi pas). Toi, ta force, ce sera d'organiser progressivement en t'imprégnant de la pensée des autres. On ne te demande pas d'être extrêmement original, mais de cerner au mieux toutes les données d'un problème et de pointer les limites dudit problème. Si tu as une fulgurance d'esprit, tant mieux, mais autrement ne te flagelle pas pour ça.

En prépa, je n'ai jamais su faire une dissertation de français potable. Quand je suis retournée à l'université, mes camarades de promo et plusieurs de mes profs pensaient que j'irais jusqu'au doctorat. (J'ai arrêté une fois le DEUG obtenu.)
Ce n'est pas grave si tu n'es pas excellent partout. S'il y a des choses que tu ne comprends pas, et surtout : ce n'est pas grave si tu ne comprends pas tout, tout de suite.

Souffle, respire, prends ton temps. On n'est qu'en novembre. Tu as encore bien du temps devant toi.
J'ignore ce que tu souhaites faire après la prépa, mais profite de cette année, de la suivante, et puis tu verras bien ! Petit à petit, tu vas trouver le pli. (Tu as bien su le faire pour médecine.)
« Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. » Mark Twain

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