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Les dérives de la psychanalyse

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?

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Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Girlo » Mar 8 Nov 2016 15:20

Je créais ce sujet pour soutenir le projet de Sophie Robert.
Le Phallus et le Pas tout, ou le zizi et la zézette
www.youtube.com Video from : www.youtube.com


C'est quoi un psychanalyste ?
(Source: http://www.psychologue.fr/therapie.php)
C’est une personne qui utilise comme théorie et comme technique la psychanalyse née de Sigmund Freud.
La encore il convient d’être vigilant sur la qualité de la personne ( soit psychologue, soit psychiatre, soit membre d’une société psychanalytique reconnue : SPP,SFP,ELP,Cause freudienne, API,etc).
Le développement personnel est en plein essor et nombreuses sont les chapelles qui vous ouvrent leurs portent en vous garantissant un mieux être et une harmonie retrouvée… N’oubliez pas également que la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes met en garde contre les nombreuses dérives sectaire des psychothérapies nouvelles.
En ne consultant qu’un psychologue ou un psychiatre, vous limitez les risques de vous retrouver pris dans des thérapies parfois douteuses et vous vous assurez les services d’une personne réellement formée.


Quelques critiques constructive:
_ Michel Onfray dans son livre: Le Crépuscule d'une idole
_ Jacques Van Rillaer, dans son livre: le livre noir de la psychanalyse
_ Nadine Kirchgessner dans son livre: Les surdoués atteints de haut potentiel
_ Lionel Naccache, dans son livre: Le nouvel Inconscient. Freud, Christophe Colomb des neurosciences
_ D'autres sources, à partir de Wikipédia: Critique de la psychanalyse

Sophie Robert a déjà réalisé plusieurs documentaires sur ce sujets :
LE MUR ou la psychanalyse a l'épreuve de l'autisme
www.dailymotion.com Video from : www.dailymotion.com

Les deconvertis de la psychanalyse
www.dailymotion.com Video from : www.dailymotion.com

La psychanalyse en France - Entretien avec Sophie Robert
www.youtube.com Video from : www.youtube.com


Qu'en pensez-vous ? Les Français doivent-ils encore supporter cette pratique erronée, si ce n'est malhonnête ?
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar diogene » Mar 8 Nov 2016 19:37

Salut Girlo,

Je pense que le reproche de phallocentrisme si souvent fait à la psychanalyse est l'arbre qui cache la forêt. Bien sûr ça paraît toujours étrange, stupide, délirant de donner une explication sexuelle à des comportements non sexuels. Le fait est pourtant que, si beaucoup de gens tournent en dérision cet aspect de la psychanalyse, l'essentiel en est passé dans le langage commun : "l'inconscient" est mis à toutes les sauces, il y a des "pervers narcissique" à chaque coin de rue, tout le monde a sa petite "névrose", et bien entendu tout ou presque) est censé s'expliquer par le passé de l'individu, ses complexes, ses traumatismes, etc.

En d'autres termes, il s'en trouve beaucoup, parmi les détracteurs de Freud, qui en ont adopté le vocabulaire sans toujours s'en rendre compte.

Personnellement, si je ne porte pas la psychanalyse dans mon cœur, sa "légende noire" ne m'intéresse pas davantage. Prendre le temps d'écouter même ce qui paraît anodin, faire des rapprochements qui ne sautent pas aux yeux, et surtout décriminaliser ce qui est jugé immoral (en gros vous n'êtes ni un monstre ni un salaud ni un criminel parce que telle pensée vous a traversé l'esprit ou a occupé vos nuits) - je trouve que ce sont là des bonnes choses qu'on doit en partie à l'influence de la psychanalyse.

À mon sens, ce qu'il y a de plus contestable dans la psychanalyse c'est précisément ce qu'elle a en commun avec de nombreuses formes d'explications, scientifiques, pseudo-scientifiques, ou sans prétention scientifique. L'argument de la réfutabilité, si souvent opposé à la psychanalyse, pourrait être aussi bien utilisé contre les psychologues, les psychiatres, les sociologues, les historiens, les économistes, et j'en passe (sans parler des philosophes!)

Pour cette raison je pense que la psychanalyse paie souvent pour les autres, et que pendant ce temps on néglige les "dérives" plus insidieuses, celles qui nous habituent à tout psychologiser, au point de ne plus savoir analyser notre propre environnement. Aujourd'hui, pour se faire entendre, une personne qui souffre au travail a le choix entre désigner un pervers narcissique OU admettre qu'elle s'est elle-même mise dans cette situation (parce que masochisme, parce que névrose d'échec, etc.). Souffrir parce qu'on vous brise les c****** est une éventualité de plus en plus difficilement envisagée. Les raisonnements psychanalytiques sont en partie responsables de cette psychologisation à outrance, mais en partie seulement.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Chacoucas » Mar 8 Nov 2016 20:41

Je rajoute deux petites nuances: il y a la théorie psychanalytique, qui est une sorte de système philosophique en soi (avec quelques erreurs mais comme tout système philosophique). Dans cet ensemble il y a des notions très intéressantes (qui ont très largement influencé... tout ). Et d'autres à repenser, mais pas forcément à "détruire avec l'eau du bain".

Et puis les critiques sont souvent faites à la psychanalyse en tant que pratique médicale.
Or c'est aussi une grille de lecture d'objets comportementaux et langagiers, et si ça n'est pas forcément la meilleure approche thérapeutique, en revanche ça peut être un outil très intéressant. Ca n'a pas forcément à rester "thérapeutique" ou appliqué à l'individu uniquement. Ce qui fait pas mal tomber l'approche anti psychanalyse, si on en tient compte. Sophie Robert se bat surtout contre les milieux de la psychanalyse "soignante". (ça rejoint la question de relativité que donnait Diogène).
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar TourneLune » Mar 8 Nov 2016 20:54

 ! TourneLune a écrit:
Avant que ça parte éventuellement en cacahuète, je me permets de rappeler ceci:
annonces/propos-des-sujets-actualite-societe-tendance-polemique-t6171.html
Et notamment à l'auteur du sujet qui a pas trop du le lire avant...


Sur ce, et considérant que c'est acquis, je vous laisse discuter ;)
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Jean-michel » Mer 9 Nov 2016 09:18

TourneLune a écrit:[mod="TourneLune"]Avant que ça parte éventuellement en cacahuète, je me permets de rappeler ceci:
annonces/propos-des-sujets-actualite-societe-tendance-polemique-t6171.html
Et notamment à l'auteur du sujet qui a pas trop du le lire avant...
Sur ce, et considérant que c'est acquis, je vous laisse discuter ;)


oui, Il est difficile de ne pas se laisser envahir par ce sujet qui a embrasé l'opinion publique
çà patauge en France et chacun va de sa recette psychologique
La jeune génération des psys hors du commun tente de nous aider à trouver le cap vers le futur :
http://christopheandre.com/WP/?projects ... confient-2
:ensoleillé:
" Pour moi le plus important aprés la douance, c'est l'aidance."
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar soazic » Mer 9 Nov 2016 13:44

La psychanalyse est un outil, on n'ouvre pas une boîte de conserve avec une clef à molette, mais on peut monter partiellement une voiture avec.
Je n'ai pas d'avis, j'en cotoye au quotidien, apprends avec certains ne cautionne pas tout et y suis passée également. A chaque artisan sa manière d'œuvrer. A chaque client son artisan.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar cléo » Jeu 10 Nov 2016 07:25

Je pense comme Soazic, après être passée par une période de colère contre la psychanalyse dont j'ai compris l'utilité de bouc émissaire facile au regard de mon histoire.

Ça m'a permis de refléchir et de remettre en cause un dogme, mais la réflexion me permet aujourd'hui de nuancer.

Je suis sortie de la colère.

Et je ne comprends pas l'acharnement de Sophie Robert et de ses amis.

Oui, la psychanalyse s'est plantée, à mon avis, sur l'autisme. Mais plus que la psychanalyse, c'est sa suprématie qui est contestable et à contester.
Les critiques que je lis habituellement sur le fond sont très "ras des pâquerettes", dans le sens où j'ai l'impression que ceux qui la décrient n'ont qu'un seul niveau de lecture, n'ont pas accès aux symboles, aux métaphores, et même à un certain humour (et là je pense à Lacan, qui est décrié sur des exercices de langue non compris. A mon avis).

Je lis aussi des critiques qui sortent une phrase de son contexte pour en faire les choux gras des réseaux, alors que le champ de la plsychanalyse est vaste, qu'il y a plusieurs écoles de pensée - c'est de la philosophie, tout de même, pas une recette de cuisine ! - et que nul ne peut prétendre avoir tout compris de LA psychanalyse sur une phrase de Dolto extraite d'un seul livre, extrait d'une pensée, extraite d'une mouvance, par exemple.

Contre quoi on se bat ?

Pourquoi ?

C'est quoi, la psychanalyse ?

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Girlo » Jeu 10 Nov 2016 20:31

Vous trouvez que Sophie Robert et ses amis s'acharnent ou parlent avec colère ?
Moi, je la trouve juste insistante, et c'est normal face à un milieu très fermé, presque sacré.
Sans ça, beaucoup d'enter nous seraient peut-être encore en train de croire que la psychanalyse est une science, au même titre que la psychologie, ou la psychiatrie.

Si on doit interpréter son engagement comme un combat, je dirais que c'est celui contre la supercherie.
Un combat contre une méthode qui créer plus de problèmes qu'elle n'en résout, en vendant une vision déformée de la réalité.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar diogene » Jeu 10 Nov 2016 20:43

Girlo a écrit:Sans ça, beaucoup d'enter nous seraient peut-être encore en train de croire que la psychanalyse est une science, au même titre que la psychologie, ou la psychiatrie."


L'autre risque majeur serait de surestimer, par comparaison, la scientificité de la psychologie et de la psychiatrie. L'histoire de l'une et l'autre est riche de cas où tant la pratique que la théorie se sont éloignées de la rigueur scientifique, et cela d'une manière dépassant largement le cadre du dommage collatéral.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar TourneLune » Jeu 10 Nov 2016 20:47

Girlo, certains participants t'invitent au dialogue et à la réflexion. Si tu es venue faire du prosélytisme, tu t'es trompée d'endroit....
Ta façon de lancer le sujet est déjà un peu légère (une succession de liens sans commentaires perso suivie de questions orientées, c'est pas l'idéal et on aime bien être un peu plus exigeant sur la qualité du premier sujet qui est celui qui donne le ton de la discussion)
Donc si tu pouvais avancer ta réflexion un plus plus loin que le "bouh, très méchants!!!", comme t'y invitent les membres de ce forum, ce serait mieux.... ;)
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar soazic » Ven 11 Nov 2016 00:39

Je ne perçois pas la psychanalyse comme une méthode ou un filtre en fait, ça ne me parle pas, ou alors c'est de la psychanalyse à deux balles, mal employée, appliquée comme une grille de lecture effectivement, là pour moi cela fait des ravages (et dans ma carrière j'ai aussi entendu des choses projectives ou hasardeuse que je ne cautionnais absolument pas.).
Pour moi c'est au contraire une gymnastique de l'esprit qui ressemble d'ailleurs à l'arborescence, permettre que l'autre se pose des questions et multiplie ses hypothèses de reflexion à partir de tout ce qui vient de lui-même, et surtout ne jamais se poser comme détenteur de la vérité, c'est le patient qui travaille, il est actif, engagé, et non passif à recevoir des conclusions. La psychanalyse pour moi se fait avec le mécanisme du transfert avec son psy, il n'est que l'écran de soi. Et cela se fait "entre adultes consentants" surtout.
Professionnellement, les espaces de supervisions avec psychanalystes au quels je participe sont des espaces d'ouverture et de réflexion collective parce qu'à un moment réfléchir ensemble sur des situations bloquées on en a besoin, (ne serait ce que pour prendre du recul) pas des impasses enfermantes. Il n'en ressort aucune vérité, cela remet le cerveau au turbin afin ensuite de se positionner différemment avec un patient qui lui est dans l'impasse d'un fonctionnement qui le fait souffrir.
Je te rejoins aussi Cleo quand tu parles de philosophie. Ouvrir. Rencontrer un patient c'est ouvrir son livre, ne pas se contenter de la photo de couverture.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar cléo » Ven 11 Nov 2016 07:52

Girlo a écrit:
Si on doit interpréter son engagement comme un combat, je dirais que c'est celui contre la supercherie.
Un combat contre une méthode qui créer plus de problèmes qu'elle n'en résout, en vendant une vision déformée de la réalité.



Elle crée plus de problèmes qu'elle n'en résout, au plan thérapeutique ?

A ma connaissance, les évaluations les plus récentes ne sont pas aussi péremptoires, sur l'efficacité des psychothérapies.
Qui ne sont d'ailleurs pas si simples à évaluer, quoi qu'on en dise !

La vie c'est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Girlo » Ven 2 Déc 2016 16:58

En Octobre, à Thiais, la maman de deux enfants autistes s'est défenestrée, poussée par le désespoir et l'absence de solution thérapeutique. Elles subissaient des pressions pour confier ses enfants autistes au groupe psychanalytique PREAUT.
Madame Marie-Christine Laznik étant la théoricienne de l'autisme du groupe PREAUT.
On voit un extrait de son interview par Sophie Robert, dans le nouveau documentaire qu'elle souhaite faire.
Sinon on connaît déjà les ravages de la psychanalyse chez les autistes. Les principes de base régissant la psychanalyse restant les mêmes, il n'y a pas de doute aussi sur les ravages que cela produit chez les gens normaux, différent ou surdoués.

Je ne comprends pas pourquoi les gens me reproche mon honnêteté en dénonçant les méfaits de la psychanalyse :(
Ça ne me donne pas tellement envie de m'exprimer, si on m'oblige à me censurer.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Traum » Ven 2 Déc 2016 18:14

Les méfaits de la psychanalyse ou les méfaits des psychanalystes ?

Je n'ai pas envie de faire long parce que ce genre de débats, toujours relancés sur le tapis, me fatiguent dorénavant.

Vu que c'est la psychanalyse qui m'a sauvée la vie alors que j'allais extrêmement mal…
J'adore la psychanalyse mais je conchie certains de mes collègues qui mettent leur patient dans un « divan de Procuste », ceux qui malmènent aussi la psychanalyse et lui font faire n'importe quoi, ce qu'elle ne devrait pas faire, et qui sont responsables en partie de la haine qui l'enveloppe. (Parfois, j'en viens vraiment à me demander quand même pourquoi tant de haine.)
J'ai donné une réponse plutôt viscérale que raisonnée parce qu'au fond, c'est plutôt du fond des tripes que ça parle souvent, plus que de raison.

C'est d'ailleurs un peu comme ça que Sophie Robert produit ses torchons. (Ça ne veut pas dire qu'il y ait du vrai dans ce qui est produit, mais… avec quelle malhonnêteté, ne serait-ce qu'intellectuelle…)

D'autres ont fait des réponses bien plus censées, intelligentes, fines que la mienne, et que je n'ai envie de produire.
Mais quand on parle de « méfaits » à tout bout de champ, m… Moi, le méfait, c'est des psychologues qui voulaient me faire rentrer dans des petites cases. C'est la psychiatrie. C'est plutôt ce qui est de l'ordre des TCC à mon endroit.
La psychanalyse, bien entendue, comprise, exercée, c'est quand même avant tout l'écoute du sujet.

Oui, je suis une Française qui a eu envie de subir cette pratique « erronée, si ce n'est malhonnête ». On ne m'a pas forcée. Je ne viens même pas d'un milieu où ce serait culturel. Si je ne me suis pas suicidée à dix-neuf ans, si je suis en bonne santé à trente, c'est très certainement parce que j'ai rencontré un psychanalyste. Pourtant je suis surdouée.

On ne te demande pas de te censurer. De te nuancer, certainement.
(Et d'aucuns ici l'ont fait.)
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Napirisha » Ven 2 Déc 2016 18:29

Ce n'est pas ta sincérité qui attire ces réponses, c'est le manque de nuance.
Les réponses des autres membres montrent une approche différente de la tienne, personne ne nie qu'il peut y avoir des problèmes, dans certains cas, ou avec certaines personnes. Et oui, il y a eu des dégâts, notamment pour les autistes. Mais certains ici te disent que la psychanalyse a été un outil utile pour eux, et c'est une expérience que tu ne peux pas simplement rejeter en disant que ce n'est pas le cas pour tout le monde.

A titre personnel, pour avoir dans mon entourage, et des personnes concernées par l'autisme, et des personnes concernées par le suicide, il me semble que le fait d'utiliser l'exemple que tu cites comme argument est très limite. Psychanalyse ou pas, la prise en charge d'enfants handicapés, notamment autistes, est une galère sans nom, qui peut provoquer des situations de réelles détresses dans les familles. Psychanalyse ou pas, le suicide est un sujet complexe, et il est délicat voire déplacé, sans connaître une situation, de dire quelles en sont les causes ou le facteur déclencheur. En l'occurrence, rien ne permet de dire "c'est la faute à la Psychanalyse" de manière générale. Ça n'en reste pas moins tragique...
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Grabote » Ven 2 Déc 2016 21:29

J'ai entendu il y 'a quelques temps une émission sur France Culture qui relayait une étude faite sur l’efficacité des différentes écoles de soin "psy" on dira. Je ne me souviens plus des détails ni de la source exacte, désolée, mais je me souviens très bien d'un des éléments de conclusion : ce qui fait la différence, ce n'est pas tant l'école du thérapeute que l'alliance thérapeutique qui s'installe, ou pas, entre deux personnes dans un cadre donné à un moment donné.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar PointBlanc » Sam 3 Déc 2016 07:56

Je n'avais jamais regardé Le Mur. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le montage est impitoyable ; mais même ainsi, on peut difficilement évacuer le fait que ces propos ont bel et bien été tenus, par des professionnels qu'on peut croire orthodoxes et auxquels on donne assez longuement la parole pour qu'on ne puisse plus parler de phrases "tirées de leur contexte". Quand je les entends, j'entends des éléments de théorie psychanalytique : le plan fixe sur le rictus de sorcière de je ne sais plus quelle psychanalyste en milieu de film a beau constituer un procédé grossier et malhonnête, il ne change rien à leur existence.

Que la cure analytique ait une efficacité en dépit de la théorie, c'est un fait : je connais moi aussi des gens qu'elle a aidés. Que la théorie ait un intérêt en tant qu'édifice intellectuel, c'est tout aussi certain. Je doute seulement de son poids réel dans le déroulement d'une cure où, comme le rappelait Soazic je crois, le patient est à la fois l'ouvrier et la matière.

(Dans le même ordre d'idée, j'ai déjà croisé des gens sauvés par l'alchimie).
Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Maitresse Rita » Sam 3 Déc 2016 20:03

J'aimerais bien faire quelques petites remarques à propos de ce documentaire.
Parce que c'est bien joli de faire parler les psychanalystes avec des mots simples pour ensuite réduire le propos à des histoires de zizi et de zezette, pour tourner ensuite le tout en ridicule aux yeux des néophytes, mais c'est pas très professionnel quand même...

Le phallus, ce n'est pas le pénis de l'homme. Et le pas-tout n'est pas le vagin de la femme. Ce sont des symboles pour parler de la quête de toute-puissance et de la peur de l'impuissance (la castration symbolique).

Personne n'a le phallus, ni les hommes, ni les femmes.
Tout le monde est castré, manquant, pas tout. Et l'enfant comprend qu'on ne peut pas être tout, à la fois un homme et une femme, au moment de la découverte de la différence des sexes. Et quand on ne l'accepte pas, on cherche à combler son manque en se cherchant des phallus...Des symboles de pouvoir, pour se donner cinq minutes l'illusion qu'on est complet, qu'on est plus qu'un homme ou une femme avec juste son sexe à lui, forcément décevant. Des symboles de supériorité et de puissance sur l'autre : Des gros muscles, du rouge à lèvres, une voiture qui fait vroum, un enfant parfait, des talons hauts, un poste à responsabilités, un beau partenaire convoité par les autres, un diplôme, une cravache ( :D ), un gros billet, un flingue, un sac à main griffé...

Il y a deux façons de courir après le phallus : par le rapport de force, l'effort et le combat (qu'on associe généralement à la masculinité (ce qui ne veut pas dire aux hommes)) et la séduction/fertilité (qu'on associe généralement à la féminité (ce qui ne veut pas dire aux femmes)).
L'homme doit accepter qu'il n'est pas tout, même s'il a un sexe externe que tout le monde peut voir.
La femme doit accepter qu'elle n'est pas tout, même si elle porte la vie dans son ventre.
Il s'agit de renoncer à l'illusion de la toute-puissance et accepter le besoin de l'autre, rien de plus. Et quand on ne le fait pas, on reste un enfant qui souffre.

Par exemple, ce qu'on appelle une femme phallique, ce n'est pas une femme qui se prend pour un homme, ou qui regrette de ne pas en être un (comme on l'entend généralement dire... :swear: ), mais une femme qui court après le phallus d'une façon associée à la masculinité, par le combat réel ou symbolique. Ce qui ne l'empêche pas d'être aussi dans la séduction. L'un n'empêche pas l'autre.
Quand Naouri dit que le corps de la femme est un phallus, ça ne veut pas dire que son corps est un pénis géant, mais que son corps est une manifestation et une source de pouvoir sur les autres. Pour elle, qui obtient des gratifications grâce à sa beauté. Et pour celui qui lui donne le bras et que tous les autres hommes jalousent en secret.
Quand on entend que certains parents considèrent leurs enfants comme des phallus, ça ne veut pas dire qu'il y a un truc sexuel dégueulasse derrière, ça veut dire qu'ils considèrent leurs enfants comme des manifestations de leur pouvoir, qu'ils les pensent comme des trophées, des œuvres, ce qui réduit les enfants à un rôle d'objet narcissique.

Bref, derrière cette histoire de phallus et de pas-tout, l'important, c'est de comprendre l'enjeu : l'acceptation du manque et le renoncement à la toute-puissance.
Parce que courir perpétuellement après le phallus, c'est un aveu d'impuissance et une grande souffrance. On veut le phallus parce qu'on se sent profondément vide, et qu'on croit que quelque chose pourra enfin nous rendre complet. Et tant qu'on y croit, on souffre atrocement. Et on fait frénétiquement les soldes dans l'espoir de trouver ce qui nous rendra plus belle, et on fait de la gonflette dans les salles de muscu pour être plus baraqué que son voisin, et on montre qu'on a une grosse voix et on se fait gonfler les seins. Et on court et on court et on s'épuise en conneries.

Et le travail du psychanalyste, c'est justement d'utiliser sa grille de lecture phallus/pas-tout pour permettre aux analysants de renoncer à cette course sans fin et à toute la souffrance qui va avec.

Homme ou femme, on n'est pas tout et c'est comme ça. On a besoin de la complémentarité des sexes pour créer de la vie, et de l'autre d'une manière générale. Le comprendre, c'est un pas énorme pour devenir adulte, avancer ou soigner ses névroses. (Soigner, ce n'est pas guérir. Soigner c'est prendre soin...)

Travailler autour de ces sujets, cela permet par exemple, de comprendre qu'on ne sera jamais tout pour sa mère et qu'on a donc le droit de la quitter. Ou qu'on n'a pas besoin d'être violent pour pouvoir se faire respecter. Ou encore, qu'on ne contrôle pas grand chose de sa vie...Cela permet de trouver sa place dans le monde, d'exister et de se projeter autrement. La psychanalyse relève d'une démarche initiatique visant à passer des étapes symboliques. L'acceptation de la castration en est une et concerne tout le monde.

Dans le monde symbolique, il est question de création de sens qui va bien au-delà des choses matérielles. Par exemple, quand on dit que dans la psychanalyse, "l'argent c'est la merde", ça ne veut pas dire que c'est vraiment de la merde et que c'est méprisable. Ca veut dire que c'est ce qu'on doit expulser pour vivre, dans l'acceptation de la perte. Parce que l'argent n'existe que quand on le dépense, et qu'on ne se sent vivant qu'en acceptant la perte de l'instant. Vivre c'est perdre : ce que les radins et les constipés ont beaucoup de mal à accepter. Bref, c'est du symbole. Il est évident que si un psychanalyste dit face caméra et sans introduction que "l'argent, c'est l'angoisse des constipés en mal de vivre", il passera pour un con.


Alors après, on peut considérer la psychanalyse comme une grille de lecture inutile, incomplète ou non-adaptée à certaines situations. Mais la réduire à des histoires organiques et à de l'obsession sexuelle, c'est tout de même très limité, niveau honnêteté intellectuelle...Je ne connais pas le parcours de la réalisatrice, mais il me semble qu'avant de critiquer une théorie, la moindre des choses, c'est d'essayer de la comprendre un minimum. Ce qui visiblement n'est pas le cas.
"Donc l’idée est que l’existence, ce n’est pas vrai ou faux, ce n’est pas le fait d’être dans le réel ; l’existence, c’est une histoire qu’on se raconte vraiment, on y croit comme l’enfant qui joue au docteur ou à la maîtresse"(M. Vial)
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar soazic » Lun 5 Déc 2016 22:00

La psychanalyse ou les psychanalyses.
Ce qui se passe en pedopsychiatrie, les dérives et théories hasardeuses, obsolètes et néfastes concernant les personnes autistes, les tollés successifs envers les pedopsys de Necker,cela est très éloigné d'une démarche perso qui consiste à partir sur le chemin de ses propres turpitudes et fonctionnements.
Quand je vois les videos, le Mur etc, ça vous tord les tripes de rage et de douleur, on pense à ceux qui ont pris des paroles en pleine figures et ont dégringolé dans une culpabilité inutile. Heureusement pour moi, avec mon cerveau tel qu'il est, cela ne fut pas le cas et cela ne ressemble pas à ce que je connais (je fuis les cons faut dire et suis dans le soin, ça aide). Les dérives, le pouvoir, c'est triste, car on peut dire n'importe quoi en maniant des concepts et utilisant une grille de lecture. Hugo Horiot est aussi très remonté pour avoir subi cela, (c'est le livre de sa mère et ceux d'Howard Butten qui m'ont poussée vers ma voie professionnelle... ils étaient déjà hors système).
Pour être sur des pages concernant les enfants disons "atypiques", il y a encore de sérieux abus de pouvoir, des rétentions d'info, etc, des situations abominables.
Pour être tombée sur de bonnes personnes, qui m'ont amenée où je suis maintenant, je ne peux mettre tout le monde dans le même sac, ce qui me semble normal et sain. On peut être contre des pratiques néfastes de la psychanalyse, qui ne le serait pas, et avoir apprécié ceux qui vous ont accompagné dans une démarche perso. Il n'y a pas UNE psychanalyse, il suffit de lire Jung par exemple, pour voir qu'on est loin loin loin de ce qui est dénoncé. Donc voilà, bien sûr je suis contre les abus, les oeillères et la puissance de certains , mais merci à Mme QZ pour le travail que nous avons fait ensemble.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar TourneLune » Lun 5 Déc 2016 22:43

Quand même une question me taraude.... pourquoi avoir choisi des mots pareils pour ces concepts....
Si on veut avoit un discours clair, c'est quand même pas gagné.
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar *Za* » Mar 6 Déc 2016 06:02

TourneLune a écrit:Quand même une question me taraude.... pourquoi avoir choisi des mots pareils pour ces concepts....
Si on veut avoit un discours clair, c'est quand même pas gagné.

Je suis tout à fait d'accord, et je crois que c'est effectivement un problème. Même si j'ai eu une expérience positive de la psychanalyse (courant jungien sans doute, à aucun moment il n'a été question de termes ou concepts freudiens), depuis les quelques cours que j'ai eu en formation initiale ça me gratte : puisqu'il s'agit de symboles et seulement de symboles, le fait de toujours tout ramener aux mêmes concepts, en général sexuels, n'est pas anodin.
A l'époque, je disais pour rire que Freud avait manifestement décidé d'appliquer ses propres fantasmes à toute la population, en affirmant qu'ils étaient universels (ce qui était bien pratique pour lui) et que donc, on devait le croire sur parole. Le côté "c'est inconscient" aidant, puisqu'il rend ses théories irréfutables (et donc scientifiquement invalides d'ailleurs). Ben je me demande si on est si loin de la vérité, en fait...

Je pense que le discours des branches freudienne et lacanienne peut être dangereux en lui-même, pour peu qu'on ne prenne pas le recul suffisant (il faut beeeeeeaaaaaucoup de recul...).
Même si les déclarations des psys interviewés dans "le Mur", par exemple, sont sorties de leur contexte, beaucoup font froid dans le dos (paternalisme, culpabilité de la mère, pathologisation de comportements pourtant attendus dans le contexte, absence totale de visée thérapeutique...), et sincèrement, pour la plupart, j'aurais assez peur de leur confier l'un de mes proches ou l'un de mes patients.
J'ai mis mon képi dans la cage
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar samjna » Mar 6 Déc 2016 07:56

TourneLune a écrit:Quand même une question me taraude.... pourquoi avoir choisi des mots pareils pour ces concepts....
Si on veut avoit un discours clair, c'est quand même pas gagné.


C'est pas évident du tout déjà la naissance d'un concept, c'est-à-dire d'une nouvelle forme du temps: souvent ça fonctionne par périphrase ou catachrèse et à partir d'une littérature déjà existante à laquelle il reste le souci de se relier pour rester compréhensible tout en limitant les amalgames ( et déjà en soi-même bien qu'on soit guidé par sa propre temporalité/intuition ).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Catachr%C3%A8se

D'autre part, y a l'éventuel souci de le transmettre ( ou de le vulgariser ) par des analogies plus ou moins heureuses/adhésives qui dépendent d'un bon choix des mots qui peuvent de surcroit poser des problèmes variés de traduction dans une langue cible. Et c'est aussi au départ une politique sensée de taper dans l'émotionnel comme quand on veut lancer un nouveau produit.

Avec de la "chance", le discours se simplifie et se clarifie au fur et à mesure de l'élaboration théorique et de sa validation pratique: enfin, quand y a pas dix écoles qui se tirent dans les pattes dans tout le respect de la Loi du Père.

D'où des joies comme "castration symbolique'", "processus du Nom_du_Père", etc et à la limite, il faut pour chaque mot se taper son historique pour piger le sens qu'il prend chez tel auteur particulier.
C'est particulièrement pénible en sciences humaines. Les sciences dures ayant généralement des objets plus faciles à localiser.

Etc...
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Mei Run » Mar 6 Déc 2016 11:59

Je suis d'accord avec le message de Maîtresse Rita sur le symbolisme etc. Si on voit la psychanalyse sous cet angle, ça me va.

Mais ce que j'en vois au quotidien dans mon boulot, c'est par exemple le psychologue qui vient nous faire la supervision, qui a bossé pendant 30 ans en Hôpital de Jour, et qui là today en 2016, est encore capable de nous dire que l'autisme c'est la faute des parents, c'est parce que la maman n'est pas assez affectueuse, et qui systématiquement à chaque cas d'enfant présenté, ramène tout à la pulsion sexuelle du jeune et la pulsion d'inceste de la mère.
Tout tout tout ce qui est dit est réinterprété de sa part sous cet angle, en permanence. Il prend même des temps infinis pour nous causer des conférences qu'il a vu et autre livres qu'il a lu, toujours dans le domaine de la psycho Freudienne (temps dévolu à notre supervision hein, gg dude).

C'est pas possible. Et ça ne devrait plus l'être.

A mon sens, la psychanalyse est un outil comme un autre, parmi les autres, dans ta boîte à outil de professionnel, et tu devrais choisir en fonction du patient et de sa demande/problématique, l'outil adéquat pour l'aider au mieux.

Vouloir tout traiter par la psychanalyse, ça revient à se dire menuisier mais n'avoir qu'un marteau à disposition. Alors, ouais, pour enfoncer un clou et défoncer un mur, ça marche. Mais pour le reste... Si t'as pas ta caisse à outils complète, tu peux pas. Et vouloir scier une planche avec un marteau, ça marche pas. Et généralement, t'acharner te fait passer pour un con. Et dans l'autre sens un menuisier qui refuserait d'utiliser un marteau parce qu'il trouve que ceux qui n'utilise que ça sont cons, ben il aurait l'air aussi benêt que ceux qu'il critique.

Brayf.
Le tout est à mon sens de savoir ajuster sa position en tant que pro, se remettre en question, et se former suffisamment pour être à la hauteur de ce qu'on est censé apporter à nos patients, au lieu de leur imposer nos vues (parfois) étriquées dans un seul courant.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar dani » Mar 6 Déc 2016 13:10

Offtopic :
Mei Run .... c'est tellement, mais tellement vrai ! et pas que pour la psychanalyse .. nous devrions avoir cette attitude d'ajustement à la situation et au contexte dans n'importe quel domaine (psy, éducation, gestion, recherche, développement de projets, mesures politiques etc etc etc....) . Et c'est si rarement le cas ! les bras m'en tombent et c'est décourageant. Le seul intérêt de bien des personnes c'est "avoir le pouvoir". Et finalement, pour arriver à un meilleur résultat quand même, ce n'est plus l'outil qui compte, mais les personnes (celles qui ont cette attitude d'ouverture et les autres, que l'on fuit et dont on n'attend même plus qu'elles s'améliorent.. juste qu'elles ne fassent pas plus de mal) et ce n'est pas top non plus. Que d'énergie perdue
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Messagepar Chacoucas » Mar 6 Déc 2016 15:13

Sans être praticien ni dans le domaine du soin, je chipote un peu sur une formulation: je pense que l'on apprend les outils comme séparés, ce qui est assez logique, pour être un peu précis on va pas travailler le burin comme une pioche ou une pelle, donc c'est pas un mal en soi.
Par contre des dynamiques diverses (carrière, pouvoir, cognition, conformisme en tant que dynamique etc. jusqu'à la structure même des cursus d'enseignement... ce qui est une catastrophe à mon sens, derrière une pratique nécessaire) amènent à conserver ces séparations, ce qui me semble souvent problématique (et fait probablement la différence entre "la personne qui aide" quelqu'un et n'aide pas quelqu'un d'autre: son mélange personnel des approches, sa compréhension intuitive (intuition en tant que construite par l'expérience et donc l'enseignement aussi) de ce qui va fonctionner ici).

J'illustre rapidement par mon domaine: la psychanalyse littéraire est un outil de lecture du texte, au même titre que la mythocritique (approche comparative utilisant des figures mythiques comme grille de lecture). L'Oedipe est en soi un exercice de mythocritique appliqué à la lecture de comportements, comme si ils étaient une fiction.
Les deux approches ne sont pas excluantes en soi. (et Freud tient son analyse de son goût pour les jeux de mot et des romanciers du 19ème... donc en soi on est clairement dans une approche très littéraire... qui a voulu se faire médicale).

Le problème est qu'on ne va pas - que ce soit en mythocritique ou en psychanalyse - se faire un petit sac rempli de mythes conformes et homologués. Ca serait extrêmement limité et absurde. Il y a des outils homologués mais on en construit aussi perpétuellement. La figure du vampire peut être lue via celle du juif errant, ou encore d'un Sisyphe ou 'un Prométhée suivant les situations où on le rencontre, mais il est lui même une figure mythologique (disons dès lors qu'il devient un topos: 2 occurrences devraient suffire).

Donc on peut psychanalyser un texte sans utiliser le nom du père, le pas tout ou le phallus: ce débat me rappelle un peu celui de l'esprit et de la lettre. La lettre étant les figures homologuées conformes et l'esprit étant la lecture symbolique et la recherche d'analogies systémiques pour comprendre ce qui a lieu devant nous.
Par définition ça n'est pas une démarche qui est "carrée", ce qui ne l'empêche pas de rechercher précision. Etre carré reviendrait à prendre une équerre et chercher les angles droits pour oublier les autres (approche normative: normae, équerre). Etre précis demande de regarder l'angle tel qu'il est et tenter de trouver un objet auquel le comparer, qui soit le plus proche possible de l'angle (ce qui est créatif en soi, et peut être infiniment plus précis que coller des outils tout faits sur une situation).
Et là dedans, une bonne étude de texte n'a même pas besoin de séparer une approche stylistique 'une approche mythocritique ou psychanalytique (etc.). Chaque apport et compréhension se mélange assez naturellement au reste. Ce sont des outils comme compas, équerre, rapporteur, règle etc. pour étudier et reproduire une figure géométrique... Ca serait absurde de faire ça "que au compas" et 'opposer à "que à l'équerre": pis ça montrerait de terribles erreurs de fait :)


Enfin valà, si c'est compréhensible. ^^
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