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QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Modérateur: Zyghna

QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Fish » Lun 22 Aoû 2016 17:51

Ouf ! Ayé, je viens de terminer « QI et intelligence humaine », de Nicholas Mackintosh. Le bouquin est dense et fait 450 pages. C’est de loin le plus intéressant et le plus abouti que j’ai pu lire à propos de la mesure de l’intelligence.

Le livre ne traite pas des surdoués, mais de la définition de l’intelligence et de ce que mesurent les tests de QI. Il fait le point sur les données factuelles, ce qui est démontré et considéré comme avéré aujourd’hui (en 1998, en fait), ce qui reste à explorer, etc.

Le livre montre comment sont construites les théories de l’intelligence et explicite le rapport aux tests de QI. Même si le livre date de la WAIS-III, on comprend très bien la logique qui a finalement mené à la WAIS-IV.

Un autre grand apport du livre est de déminer les différents débats d’opinion qui accompagnent la notion très sensible d’intelligence, les rapports avec la génétique, les groupes ethniques, les milieux sociaux, etc. La rigueur de Mackintosh lui permet d’aborder ces sujets sereinement, même lorsque les conclusions intuitives font peur. La force de Mackintosh est justement de montrer en quoi ces conclusions intuitives gênantes sont souvent foireuses, en quoi des corrélations génétiques avérés ne démontrent pas des fatalités racistes ou eugéniques, à partir de quel point et comment les différentes idées nauséabondes dépassent la science et basculent dans la supercherie. Ce faisant, il est également à l’aise pour critiquer les théories humanistes – tout à fait recommandables dans leurs intentions – mais qui sont contredites par les faits et augmentent l’obscurantisme plus qu’elles ne servent leur cause.

Ce qui est assez bluffant, c’est que les réponses à bien des débats qui continuent d’agiter la sphère de l’intelligence et du QI trouvent des réponses dans ce livre, qui a déjà pas loin de 20 ans. On se rend compte après la lecture que la plupart des débats ne perdurent qu’à cause de l’ignorance des contributeurs.

Il existe une seconde édition du livre, publiée en 2012, mais qui à ma connaissance n'a pas été traduite. Elle est probablement plus actuelle et j'imagine que quelques points ont évolué (en particulier sur les tests, sur les théories de l'intelligence qui doivent être plus complètes aujourd'hui, etc). Mais la première édition reste une excellente lecture.
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar TourneLune » Lun 22 Aoû 2016 20:18

Merci Fish pour cette présentation. Il est assez étrange que ce livre ne soit pas plus connu alors qu'il n'est plus tout jeune.
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Back2Basics » Lun 22 Aoû 2016 20:20

Salut Fish !

Merci pour le retour, ça a l'air bien intéressant. :) (si je trouve la 2e version à pas trop cher, je pense que je la commanderai)

Comment situerais-tu le contenu par rapport au livre de Gauvrit ? Dans la même veine, je suppose ? Ou tu y a vu des points de vue différents sur certains sujets ? (en espérant que tu ai lu "les surdoués ordinaires", sinon ça tombe un peu à plat ! :lol: )
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Fish » Lun 22 Aoû 2016 22:31

C'est le livre de Gauvrit qui m'a incité à lire celui de Mackintosh: Gauvrit en parle comme d'un excellent livre (et il a raison).

Comparer les deux... ben ils n'ont pas grand chose à voir!

Les surdoués ordinaire traite spécifiquement des surdoués. C'est un excellent résumé global. Mais revers de la médaille, la concision a été obtenue en masquant les preuves et les cheminements de ce qu'il résume - il présente essentiellement les résultats. D'une certaine manière, il faut lui faire confiance. Ce n'est pas un reproche, c'est inévitable dans ce genre d'exercice de synthèse facilement accessible. Le livre de Gauvrit est un bon exemple de vulgarisation scientifique réussie.

A l'opposé, QI et intelligence humaine ne traite quasiment pas des surdoués. C'est un livre conséquent: à la louche il doit y avoir trois fois plus de texte que le livre de N.Gauvrit. Mackintosh reprend à chaque fois les résultats statistiques des études auquel il se réfère, en les citant. Il y a des centaines de références bibliographiques à la fin du bouquin. Il évoque systématiquement les biais qui peuvent entacher ces études. Aussi, Mackintosh va beaucoup, beaucoup plus loin dans les arguments qui peuvent démontrer ou infirmer une théorie, ou simplement tempérer un jugement. Il liste de manière exhaustive pourquoi telle corrélation qui semble prouver telle chose pourrait en fait être due à tel autre paramètre qu'on n'imaginerait pas au premier abord. Il pousse chaque argument dans ses retranchements. Il présente le cheminement complet qui permet de conclure (ou bien souvent, de ne pas conclure). C'est un ode à la rigueur scientifique et à la complexité du monde réel.

Il est assez étrange que ce livre ne soit pas plus connu alors qu'il n'est plus tout jeune.


Une explication possible: ce n'est pas un livre destiné au grand public. C'est pointu, volumineux, et il faut s'accrocher pour le lire - même s'il est bien écrit. Avoir fait des statistiques dans une vie antérieure n'est pas un luxe (et notamment avoir manipulé les ANOVA, ou connaître le sens précis de "significativité" en statistique, jongler avec les intervalles de confiance...).

Une autre piste: il n'y a aucune donnée nouvelle dans ce livre. C'est seulement une synthèse argumentée de l'état des connaissances. Dans les papiers scientifiques, l’habitude est de citer les travaux originaux dont on tire les données. Il y a peu d'intérêt à citer le livre de Mackintosh qui ne serait qu'un intermédiaire vers d'autres travaux - même si un auteur peut très bien avoir consulté telle ou telle étude suite à la lecture du livre de Mackintosh.

Troisième explication: ce livre tue dans l’œuf plein de débats récurrents à propos des tests de QI, de l'intelligence, etc. Les débats entre membres "lambdas" d'un forum ont souvent un rôle social. Il s'y dit beaucoup de bêtises mais ça permet aux gens de s'exprimer, voir de se taper dessus si c'est le but inavoué de certains. Si tous les membres lisaient ce bouquin, ben il n'auraient plus grand chose à dire après, parce que faut commencer à être très solide pour argumenter à ce niveau là.

Enfin, une dernière piste: cela ne parle ni de souffrance, ni de surdoués.
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Back2Basics » Lun 22 Aoû 2016 22:40

Merci pour ton retour ! :)
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Maitre Folace » Mar 23 Aoû 2016 09:19

On en trouve de larges extraits sous Google Books

http://books.google.fr/books?id=eBN9pslGSBQC
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Armie » Mar 23 Aoû 2016 11:27

Merci, Fish, tu donnes terriblement envie de le lire.
Fish a écrit: Ce livre tue dans l’œuf plein de débats récurrents à propos des tests de QI, de l'intelligence, etc.

... Bon là évidemment je peux pas m'empêcher de demander... Lesqueeeels?
:angel:
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar madeleine » Mar 23 Aoû 2016 14:49

Mackintosh a écrit:Cependant, au départ de notre investigation, la question important à se poser n'est pas de savoir ce qu'est réellement l'intelligence, ou si les tests de QI réussissent à la mesurer. Au contraire :

Le point important n'est pas de savoir si ce que nous mesurons peut légitimement être appelé "intelligence" , mais si nous avons découvert quelque chose qui a valeur de mesure. (Miles, 1957, p. 159)

Dans ce contexte, ce qui a valeur de mesure doit être quelque chose qui a affaire au concept d'intelligence tel qu'on l'entend normalement, sans qu'on ait besoin de préciser quoi par avance. Autrement dit, il s'agit de quelque chose que nous découvrirons plus avant dans notre investigation. Et comme on le verra, même si les tests de QI sont, à n'en pas douter, loin d'être parfaits, édifiés à l'origine sur la base d'un mélange de sens commun et de théorie psychologique relativement sommaire (s'y risquant par tâtonnements), ces instruments par trop dénigrés semblent correspondre au moins à certains des critères qu'on s'attendrait à voir satisfaits par une mesure adéquate de quelque chose qu'on voudrait nommer intelligence.


Il y a du Paul Dirac dans cette introduction, merci Maître Folace :D

Merci Fish, ça a l'air clair et bien écrit, et en plus ma médiathèque le possède ! Je ne sais s'il s'avérera résumable, mais le cas échéant, j'essaierai.
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Fish » Mar 23 Aoû 2016 15:36

Armie a écrit:Lesqueeeels?


Y'en a plein! Exemples: QI et génétique; QI et ethnies; QI et catégorie socio-professionnelle; QI et éducation; QI et réussite professionnelle; QI et criminalité. Le QI mesure-t-il l'intelligence ? Ou au moins une partie de l'intelligence? Est-ce une pure mesure de labo sans lien avec la vie réelle ? Les génies ont-ils un gros QI ? Les gros QI donnent-ils plus de génies ? Etc, etc.

Quand je parle de "tuer dans l’œuf", cela ne signifie pas que Mackintosh coupe court à tout débat. Au contraire: il est capable d'explorer très loin les arguments dans un sens ou dans l'autre. Du coup il peut faire un débat complet à lui tout seul. Après qu'il soit passé, ben à moins d'être expert du sujet, y'a plus grand chose à dire.
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Grabote » Mer 24 Aoû 2016 08:51

Crois tu que tu pourrais nous en résumer un, genre, chez pas moi, Qi et génétique par exemple ? :vgeek: :angel:
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar *Za* » Mer 24 Aoû 2016 08:58

:o Ohlala oui, ça a l'air d'être une lecture vraiment incontournable ! Et l'antidote à pas mal d'idées fausses et de débats moisis - comme toujours quand on explique en substance un sujet... qu'est-ce que c'est, qu'est-ce que ça n'est pas, comment ça marche, à quoi ça sert...

En tout cas un bouquin dont le résumé aurait toute sa place sur un tel forum :angel:...
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et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête... J. Prévert
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Fish » Mer 24 Aoû 2016 09:29

Faire un résumé... :pale:
Je ne suis pas sûr d'en avoir le courage. Surtout en essayant de ne pas trahir le propos. La partie sur la génétique est l'un des plus gros morceaux avec la partie sur la différence de QI mesurée entre noirs et blancs aux USA (on comprend facilement pourquoi ces sujets nécessitent une attention particulière).
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar TourneLune » Mer 24 Aoû 2016 09:42

A mon avis, on arrive parfois à un tel niveau de détail pour désamorcer les idées à la con qu'un résumé ne pourra pas rendre, on reviendrait à un niveau de débat " idée générale" contre "idée générale". Un certain niveau de démonstration ne se prête pas particulièrement au résumé.
Et de ce que j'ai perçu, ça doit être une livre assez rébarbatif à lire si on n'a pas particulièrement de goût pour ces choses-là. :D :D
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Bradeck » Mer 24 Aoû 2016 11:54

Il a l'air effectivement intéressant, mais : S'il vaut mieux avoir fait des stats pour le lire, déjà il faut en retenir deux choses :
Ce qui est assez bluffant, c’est que les réponses à bien des débats qui continuent d’agiter la sphère de l’intelligence et du QI trouvent des réponses dans ce livre, qui a déjà pas loin de 20 ans. On se rend compte après la lecture que la plupart des débats ne perdurent qu’à cause de l’ignorance des contributeurs.

et
Quand je parle de "tuer dans l’œuf", cela ne signifie pas que Mackintosh coupe court à tout débat. Au contraire: il est capable d'explorer très loin les arguments dans un sens ou dans l'autre. Du coup il peut faire un débat complet à lui tout seul. Après qu'il soit passé, ben à moins d'être expert du sujet, y'a plus grand chose à dire.


Ce qui fournit une réponse "magique" à tout ceux qui ont des préjugés sur l'intelligence :
- Non mais attends, tu as lu « QI et intelligence humaine », de Nicholas Mackintosh ?? Non parce que là dedans, il explicite de manière poussée la problématique, avec une rigueur scientifique sans faille. Non, il faut que tu le lises, et on en reparle après, parce que le résumer tu vois, cela serait le trahir.... :P
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Fish » Mer 24 Aoû 2016 12:44

Ben, oui mais non.

En schématisant, je pense qu'il y a deux niveaux de public:
- le quidam lambda, pour qui ce genre de livre n'est pas facile (mais pas inaccessible non plus). Comme je disais plus haut, le but de pas mal de gens sur un forum est de discuter. C'est un rôle social, même si il y a beaucoup de redite et de bêtises. C'est vrai dans tous les domaines.
- les spécialistes de la question, auteurs de livres ou de thèses, psychologues ou étudiants en psychologies, etc. qui sont sensés être capables de lire ce livre. Et s'ils ne le sont pas, ben on peut se poser la question de la pertinence de leur point de vue sur la psychométrie.

Or les débats stériles sur l'intelligence sont très loin de se réduire aux propos des quidams lambdas. Cela montre que des "pros" continuent de colporter des idées fausses alors que la science a déjà fourni des infos suffisantes pour confirmer ou infirmer certaines hypothèses.

Par ailleurs, ce que montre aussi ce livre, c'est que la question de l'intelligence et de sa mesure est complexe. Il y a quelque chose d'assez gênant à dire "bon, je suis un quidam lambda, je n'ai pas envie de fournir l'effort nécessaire à une bonne compréhension du sujet, mais je donne quand même mon avis avec un ton assuré parce que moi aussi j'ai un cerveau et donc je sais comment tout cela fonctionne". Quand on connaît mal un sujet, on ignore l'ampleur de son ignorance. C'est normal et récurrent, mais un peu d'humilité ne fait alors pas de mal.

Offtopic :
Ca me rappelle un soucis que j'ai eu dans une entreprise. La R&D était divisée en trois départements: informatique, électronique, et mécanique (rien de très original). Les mécanos souffraient que tout le monde dans le boîte se permettait de remettre en cause leurs décisions, chose qui était moins flagrante pour les autres domaines. Un collègue avait résumé la chose ainsi: "j'en ai un peu marre que tout le monde vienne donner son avis sur la conception mécanique sous prétexte qu'ils font du bricolage le week-end".

Et pour être honnête, ça pourrait être utile de résumer au moins certains chapitres du livre de Mackintosh... mais c'est 50 ou 100h de boulot pour faire les choses proprement! J'ai la flemme. Si je dois résumer le livre de Mackintosh, ben je vais un peu refaire le travail qu'a déjà fait Gauvrit.

Offtopic :
Un bon test à mon avis (je viens de l'inventer) pour savoir si vous avez le niveau suffisant en stats': Que comprenez-vous à la phrase suivante ?

La corrélation entre les phénomènes A et B est faible mais néanmoins significative.

Si votre première réaction est "Faudrait savoir! c'est faible ou c'est significatif ?", faut réviser un peu les stats. :vgeek:

P'têt qu' à la place d'un résumé, je pourrais faire une introduction au kit de survie statistique nécessaire pour bien appréhender le bouquin. Mais pour avoir déjà mené ce genre de formation, c'est énormément de boulot (et je m'adressais à des ingénieurs).
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar TourneLune » Mer 24 Aoû 2016 13:27

Pourtant ce serait top et ça vaudrait même sans doute un article sur le site associé au forum ;)
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Fish » Mer 24 Aoû 2016 13:46

J'ai comme l'impression qu'il y a un message subliminal dans ces histoires de résumé, mais je ne vois absolument pas lequel.
Pourtant je cherche, je cherche... :wasntme:
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Bradeck » Mer 24 Aoû 2016 15:14

Flûte, j'aurais du mettre des balises "HALC" (Humour A La Con), mais au moins avec la réponse, j'ai eu une précision à une de mes interrogations : De quel niveau de stats parle-t-on ?

Cela décidera peut-être d'autre à le lire. Comme ça, euh... vous pourrez vous répartir le travail de résumé pour le site ^^

En tous les cas, merci de l'info sur le livre, je m'étais dis après le discours de Gauvrit, qu'il faudrait que j'aille le regarder, et là tu confirme que cela serait intéressant.

Offtopic :
C'est vrai que c'est lourd le coup du résumé, mais cela montre bien l'intérêt suscité par le livre, tout comme le côté : 450 pages d'un discours scientifique austère, et en plus il faut connaître les stats... mmmh... Il n'y a aurait pas un "résumé quelque part ?"
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Grabote » Mer 24 Aoû 2016 18:19

Bon, comme le résumé c'est pas pour tout de suite, :lol:

Est ce que tu pourrais nous dire ce qu'il y a de nouveau pour toi dans ce livre et ce que tu en retiens principalement qui affine ta vision des choses ? ^-^

Edit: désolée pour l'orthographe :1cache:
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Bodji » Jeu 25 Aoû 2016 13:02

Fish a écrit:La corrélation entre les phénomènes A et B est faible mais néanmoins significative.

Si votre première réaction est "Faudrait savoir! c'est faible ou c'est significatif ?", faut réviser un peu les stats. :vgeek:


:lol:

Bradeck : j'ai bien ri à ton post, et au delà du 2ème degré tu n'as pas tort : on devrait souvent réviser ses sources avant de causer (moi la première). Mais c'est vrai que les débats ont bien souvent un autre rôle que le développement des connaissances comme le relève Fish... il est bon de s'en rappeler de temps en temps

(c'est plus intéressant et/ou drôle de passer sur votre forum que sur FB quand je disgresse du boulot, merci, j'ai éclaté de rire, même si je suis bien loin d'être une bombe en stats ! )
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Sphax » Jeu 25 Aoû 2016 16:17

Tu me donnes très envie de lire ce livre et pas tant parce qu'il couperait court à tous les débats sur l'intelligence que parce que j'ai le sentiment qu'il les cadrerait simplement. Il y a tellement à discuter autour de l'intelligence, ses mesures et le lien de tout ça avec nous surdoués, que j'ai du mal à croire qu'on risquerait de ne plus avoir de questionnement après l'avoir lu.

Mais par contre d'avoir eu une telle synthèse et réflexion sur le sujet pourrait permettre de mettre de côté un certain nombre de discussions/arguments/opinions que le livre couvre pour élever le débat et le rendre plus intéressant.

Du coup j'ai très envie de le lire même si j'avoue que je ne sais pas encore dans combien de temps je prendrai le temps de m'y consacrer.
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Fish » Lun 29 Aoû 2016 13:36

Bradeck, j’avais bien senti la pointe d’humour. Mais je me suis permis de répondre parce que ta remarque a du sens. Je suis conscient qu’il y a un souci à dire "tant que vous n’avez pas lu ce livre, bouclez-la bande d’ignorants" suivi de "bon courage dans la lecture, je doute que vous y parveniez". Je caricature à mort, mais je suis un peu gêné par mes propres propos parce que je vois bien que ça peut déboucher sur des arguments d’autorité un peu faciles.

Comme je disais plus haut, résumer le livre est délicat, tant à cause du travail que ça représente que du risque de trahir le propos. Le mieux que je puisse faire, c’est de vous donner envie de le lire.

Grabote : il y a énormément de choses à tirer de ce livre. Si je devais en citer quelques unes en vrac :

Le QI est souvent utilisé à tort dans des théories ségrégationnistes et il est combattu à tort par des humanistes. Le problème de fond est que les racistes tirent des conclusions erronées à partir de faits avérés, et qu’en ayant peur de cela les humanistes nient les faits avérés. Mais quand on aborde ce sujet sereinement et avec une attitude scientifique, on se rend compte qu’il y a énormément de travaux derrière et que la construction des tests de QI est loin d’être un simple reflet des préjugés de ses auteurs.

L’étude de l’intelligence a ceci de curieux qu’on a commencé dès le début par chercher les différences entre individus, alors que dans les autres domaines, on cherche en premier ce qui est commun. Comme si je disais, pour faire comprendre ce qu’est un mammifère : la girafe a un long coup, alors que le dauphin vit dans l’eau et que le chimpanzé est omnivore… Cela rejoint d’ailleurs le sujet sur la différence entre linéaire et arborescent. On retrouve ça partout: les surdoués pensent différemment des autres. Mais quand Mélusine pose la question du fonctionnement « normal » de ces autres, on se rend compte que personne n’a vraiment pris soin de définir cette norme. Plus on creuse, plus on trouve que cette idée est floue.

Le QI corrèle assez bien avec la réussite scolaire : la variation de QI "explique" entre 40 et 70% de la variation des performances scolaires. Il corrèle avec la réussite professionnelle, mais la part de variance expliquée chute à 15-35%. Ce qui montre à la fois que cet indice vaut quelque chose, mais aussi qu’on n’est pas entièrement déterminé par le QI.

La performance à un test de QI dépend de facteurs génétiques et environnementaux (scolarité des parents, milieu social, nombre d’enfants, etc.) Le poids de la génétique est très élevé, et cela choque bien des humanistes. Mais cela n’a rien de surprenant : si on tente de réduire le poids des facteurs environnementaux, si on était parvenu à réduire totalement le poids de la scolarité et de l’origine sociale des parents, il ne resterait que pour seule et unique source de variabilité la part génétique, qui expliquerait alors 100% de la variation du QI. Dans nos sociétés occidentales, qui ont vu au XXème siècle la mise en place d’états providence visant à réduire les inégalités sociales, ainsi que d’une scolarité gratuite et obligatoire visant à apporter la même qualité d’éduction à tous, il ne faut pas être étonné que ces deux facteurs soient aujourd’hui une faible cause de disparité des QI.

Je pourrais donner d’autres exemples. Mais j’ai envie de dire : lisez le livre ! ;)
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar Grabote » Sam 3 Sep 2016 09:02

Merci Fish :)

(héhé, perso tu m'as autant donné envie de le lire que découragée :1cache: )
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar madeleine » Dim 16 Oct 2016 16:13

J'ai terminé ce livre, qui quoique fouillé reste abordable, et comme l'auteur s'est donné la peine de terminer chacun de ses chapitres par un résumé de sa main, je les recopie ici pour tous ceux qui n'auraient pas le temps d'absorber les 489 pages de cet ouvrage incontournable. Il y a quelques indications bibliographiques d'ouvrages en français attachées à chaque chapitre, que je ne recopierai pas ici.

Chapitre 1 Les premiers développements et utilisations des tests de QI

Résumé
On admet habituellement qu'une investigation en psychologie doit commencer par une définition claire et précise de l'objet d'étude ; et puisque les utilisateurs du QI ne sont pas parvenus à fournir une telle définition de l'"intelligence" que leurs tests s'efforcent de mesurer, ils ont échoué dès ce premier obstacle. Mais les bonnes définitions sont le produit final de l'investigation scientifique, non son point de départ. En admettant qu'on ait une idée toute prête et grossière de ce qu'on veut étudier, nous pouvons procéder par approximations successives. C'est ce qui s'st passé avec le développement des tests de QI : les premières tentatives de Galton et Cattell pour mesurer l'intelligence à l'aide de tests de discrimination sensorielle ou de temps de réaction furent abandonnées, voyant que ces tests n'arrivaient pas à concorder avec un critère extérieur évident de l'intelligence - les notes des étudiants à l'université. Partant de l'hypothèse que les enfants deviennent intellectuellement plus compétents en grandissant, Binet utilisa l'âge des jeunes enfants comme critère externe de l'intelligence et développa une série de tests basés sur cette simple prémisse : un test d'intelligence destiné aux enfants âgés de 6 ans devrait contenir une suite d'items auxquels la majorité des enfants de cet âge, mais peu de ceux de 4 ans et éventuellement tous ceux âgés de 8 ans, devraient pouvoir répondre correctement. D'autres raffinements et tâtonnements empiriques, basés sur un échantillon normalisé de quelques 1000 enfants âgés de 4 à 14 ans, ont abouti au test Stanford-Binet de Terman qui a servi pendant longtemps de point de référence pour la mesure d'autres tests de QI.
Le test Stanford-Binet est-il une bonne mesure de l'intelligence ? De nouveau, nous ne cherchons pas à répondre immédiatement à une telle question. Mais on peut montrer que les scores à ce test et à d'autres tests de QI parviennent globalement à répondre à ce qu'on attend d'une mesure de l'intelligence (ce point sera examiné plus à fond au chapitre 2). Une question moins scientifique est de savoir si les tests de QI ont cautionné de bons ou de mauvais objectifs - l'accusation habituelle étant que, dès leurs toutes premières applications, ils furent utilisés comme instruments d'oppression à l'encontre des pauvres et des déshérités. Ceux qui ont conçu et développé les tout premiers tests de QI étaient, à n'en pas douter, imprégnés des nombreux préjugés de l'époque, et leurs points de vue nous apparaissent aujourd'hui ignobles. Mais dès lors que ces opinions étaient si largement défendues, il n'est pas surprenant qu'elles aient nourri la politique sociale à ce moment-là, et on n'a pas vraiment la preuve que les hommes politiques de l'époque ont été plus affectés par les utilisateurs mêmes des tests de QI que par leurs tests.


Chapitre 2 Les théories psychométriques de l'intelligence

Résumé
A la suite du travail des pionniers que furent Binet et Terman, le développement ultérieur des tests modernes de QI a été marqué par une prolifération de tests différents au moment où les psychométriciens cherchaient une réponse pour savoir si l'intelligence était avant tout conceptualisée comme un processus global unique ou comme une pluralité d'aptitudes et d'habiletés différentes. Certains tests, telles les échelles de Wechsler, ont succédé aux tests de Stanford-Binet en incluant une grande variété de types d'items différents, basés en partie sur l'intuition pragmatique selon laquelle différents types d'items pourraient favoriser ou pénaliser des individus différents. Par conséquent, le seul test équilibré serait celui qui garantit un juste équilibre entre les items favorisant un individu et ceux qui favorisent un autre individu. Sur des bases théoriques, Spearman pensait également que plus les items dans une batterie de tests étaient variés, mieux elle devait mesurer le facteur général, g. commun à tous les tests de QI.
Cependant il est vite apparu que différents types de test mesuraient en réalité des aspects différents de l'intelligence : un consensus général s'est établi pour qu'une distinction puisse au moins être faite entre le QI verbal, le raisonnement non verbal, et le QI spatial. D'après Thurstone, un ensemble de distinctions plus fines pouvait être établi entre une demi-douzaine au minimum d'"aptitudes mentales primaires" (qui incluaient le QI verbal, le raisonnement et le QI spatial), mais il n'en reste pas moins que dans l'ensemble de la population, les individus qui obtiennent des scores élevés à un type de test ont tendance à obtenir, en moyenne, des scores élevés à la plupart des autres tests. A tout le moins, c'est pourquoi on peut raisonnablement parler d'individus qui sont d'une manière générale plus intelligents que d'autres, et utiliser un score de QI global qui constitue un résumé utile. Une meilleure compréhension des interrelations entre différents types de test exige de faire appel aux techniques de l'analyse factorielle que nous reprendrons au chapitre 6.
Mais comment les utilisateurs de l'épreuve de QI savaient-ils que n'importe lequel de leurs tests mesurait quelque chose qu'on voudrait appeler l'intelligence ? Un examen des écrits de Binet, Terman et Wechsler révèle chez ces auteurs une confiance remarquable qui reposait sur des preuves empiriques relativement maigres. Binet ainsi que Terman pouvaient montrer une concordance somme toute modeste entre les scores des enfants au test et l'évaluation par les enseignants de leur intelligence ou de leurs performances scolaires, mais l'un comme l'autre ont soutenu que ces évaluations n'étaient elles-mêmes ni des indices fidèles ni des indices valides de l'intelligence. Travaillant avec des adultes, Wechsler ne disposait pour ainsi dire d'aucun critère externe de l'intelligence à partir duquel il aurait pu valider ses tests. Cependant, des recherches empiriques ultérieures ont confirmé que les scores au test de QI corrèlent assez bien, dans une fourchette de 0,40-0,70, avec une variété d'indices du niveau scolaire, et aux environs de 0,50 avec des mesures du statut professionnel, et enfin plus modestement (variant le plus souvent de 0,15 à 0,40) avec d'autres indices de l'activité professionnelle comme le salaire ou les évaluations de l'efficacité au travail faites par des superviseurs. Dans la plupart des cas, les corrélations sont prédictives : ainsi les scores de QI d'enfants à l'âge de 10 ans corrèlent autour de 0,40 avec leur niveau de fin de scolarité et leur statut professionnel à l'âge de 40 ans. D'ailleurs ces corrélations ne peuvent totalement s'expliquer de façon satisfaisante en disant que le QI et le statut scolaire ou professionnel sont l'un et l'autre un sous-produit du statut socio-économique parental.
De même les scores aux tests de QI sont fidèles et relativement stables durant de très longues périodes de temps. Dès l'âge de 7 ou 8 ans, le QI de l'enfant prédit très bien le QI de l'adulte. Les tests standards de QI administrés dans la tranche d'âge 2-4 ans ne prédisent pas du tout aussi bien le QI ultérieur, mais une mesure recueillie pendant la première année de la vie, la vitesse d'habituation à un stimulus nouveau, corrèle autour de 0,50 avec le QI à l'âge de 10 ans. On a longtemps pensé que même si les performances de adultes au test restent assez stables entre 18 et 40 ans, elles déclinent ensuite très nettement - notamment avec les tests de QI non verbal. Cela provient pour une large part, mais pas totalement, d'un artefact dû aux études transversales. Les recherches longitudinales, par contraste, suggèrent que les performances au test de QI se maintiennent fort bien jusqu'à 5-10 ans avant la mort.

Chapitre 3 L'héritabilité du QI

Résumé
L'héritabilité est une statistique de population qui réfère à la proportion de la variation totale d'une caractéristique donnée dans une population donnée, et pouvant être imputée à des différences génétiques entre les membres de cette population. Ainsi, il n'y a aucune raison de penser qu'il n'existe qu'un seul chiffre représentant l'héritabilité du QI : elle peut varier d'une population à l'autre, ou d'un moment à l'autre dans la même population.
On ne peut estimer l'héritabilité du QI, ou toute autre caractéristique humaine pour n'importe quelle population, que si on parvient à dissocier pour cette caractéristique les sources de variation génétique d'une part et environnementale d'autre part. L'existence de jumeaux identiques (MZ), ainsi que la pratique de l'adoption, représentent les deux méthodes les plus souvent utilisées pour estimer les héritabilités. Qu'ils soient élevés ensemble ou séparément, les jumeaux MZ se ressemblent énormément dans leurs QI : lorsqu'ils sont élevés ensemble, la corrélation dans leurs scores de QI approche la fidélité des tests et est sensiblement plus élevée que celle de la plupart des autres mesures psychologiques. Quand les enfants sont adoptés, la corrélation entre leurs scores de QI et ceux de leurs parents adoptifs est habituellement inférieure à celle observée entre les enfants et leurs parents dans les familles biologiques ordinaires ; en même temps, ces enfants adoptés continuent de ressembler dans leur QI à leur mères naturelles - habituellement plus qu'à leurs mères adoptives.
Tous ces éléments concordent avec l'idée selon laquelle le QI est doté d'une héritabilité substantielle. Mais on devrait toujours se rappeler que les expériences naturelles sur lesquelles s'appuie ce genre de conclusion sont inévitablement imparfaites. Même si aujourd'hui on peut à coup sûr rejeter l'affirmation de critiques pour qui il n'existe aucune donnée suffisante attestant que les scores de QI sont dans une certaine mesure héréditaires, on ne doit pas oublier les sources de confusions qui empoisonnent la plupart des expériences naturelles et les problèmes qui accompagnent leur interprétation. Deux autres points méritent aussi d'être retenus : les tentatives destinées à fournir des estimations quantitatives de l'héritabilité du QI rencontrent de sérieux problèmes pour expliquer toutes les caractéristiques des données ; et on n'a ensuite aucune idée de la façon dont les gènes affectent réellement le QI de l'enfant en développement. Il n'existe aucune preuve suffisamment solide qui permet de dire que des variations du QI observées plus tard sont causées par des variations dans les capacités du cerveau néo-natal (quoi que cela puisse signifier), et il est tout aussi plausible de supposer que les effets génétiques sur le QI sont indirectement médiatisés via l'environnement. Ainsi il est probable que si des jumeaux identiques séparés se ressemblent dans leur QI, c'est en partie parce qu'ils continuent de se créer des environnements similaires dans leurs foyers d'adoption respectifs.
Les études en génétique du comportement ont aussi clairement montré que les facteurs environnementaux ont un impact direct sur les scores de QI des enfants. D'une manière générale, les individus vivant dans une même famille présentent une plus grande ressemblance dans leurs QI comparé à ceux qui vivent séparément. Mais certaines preuves indiquent que cette influence de l'environnement familial sur les scores de QI diminue en même temps que les enfants grandissent, et certains généticiens du comportement ont soutenu qu'elle disparaissait complètement dès l'âge de 18-20 ans. On a par conséquent quelques raisons de penser que les influences environnementales les plus importantes sur le QI sont celles qui sont propres à chaque individu, c'est-à-dire celles qui incitent les frères et sœurs élevés ensemble d'avoir un QI différent.


La suite un peu plus tard ...
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Re: Livre: QI et intelligence humaine, de Nicholas Mackintosh

Messagepar madeleine » Lun 17 Oct 2016 21:21

Chapitre 4 Les effets de l'environnement sur le QI

Résumé
De façon assez surprenante, la meilleure preuve d'un effet environnemental suffisamment grand sur les scores de QI consiste en ce que dans la plupart des pays industrialisés, il a été constaté une augmentation moyenne des scores aux tests d'environ 20 points voire plus au cours de ces 75 dernières années. L'effet est à la fois important et certainement environnemental, mais personne ne sait réellement quelle en est l'origine. Le mieux auquel on puisse s'attendre, c'est qu'il reflète l'intervention d'un grand nombre de facteurs, chacun ayant un impact limité. Ce qui est probablement tout aussi vrai des causes environnementales des différences dans le QI au sein de n'importe quelle génération.
De nombreux facteurs sont corrélés avec les différences observées dans le QI : la classe sociale des parents ; leur comportement et leurs attitudes prénatales ; les complications prénatales et périnatales ; la nutrition et la santé ; la taille de la famille et l'ordre des naissances ; les années passées à l'école. C'est une chose que d'établir de telles corrélations ; c'est un autre problème de les interpréter correctement. Bon nombre de ces facteurs sont eux-mêmes inter-corrélés, en sorte que l'ampleur de leur propre corrélation avec le QI d'un enfant doit surestimer l'ampleur de leur contribution causale. Dans bien des cas (par exemple, l'attitude parentale), la direction de la causalité peut être orientée depuis le QI de l'enfant vers le comportement des parents plutôt que l'inverse. Dans bien d'autres cas (statut parental, comportement parental), il peut y avoir une contribution génétique à la corrélation.
Même si le consensus actuel des généticiens du comportement semble être de croire que les différences dans le milieu familial n'ont pour ainsi dire aucun impact sur les scores du QI des enfants après l'âge d’environ 18 ans, ce point de vue est loin d'avoir fourni suffisamment de preuves. Néanmoins, tout porte à croire que la plupart des sources de variation environnementales dans le QI opèrent à l'intérieur des familles, d'où des différences de QI entre frères et sœurs, plutôt qu'entre les familles, qui les feraient se ressembler.

Chapitre 5 Les différences de groupe

Résumé
Dès leur introduction, les tests de QI ont révélé des différences dans les scores moyens de tests entre divers groupes sociaux et ethniques. Au moins certaines de ces différences sont "réelles", dans le sens qu'elles peuvent être répliquées et qu'elles persistent, même si d'autres, comme les différences entre populations urbaines et rurales en Grande-Bretagne et aux États-Unis, semblent avoir disparu. La question est : quelles sont les causes de ces différences ? Il n'y a aucune raison pour qu'on s'attende à fournir une seule et unique réponse à tous ces cas de figure.
Les scores de QI des enfants sont moyennement corrélés avec le statut social de leurs parents. Alors qu'une part de cet effet consiste probablement en un effet environnemental de la classe sociale sur le QI (chapitre 4), il n'en va pas de même pour une autre part de cet effet. Les enfants n'héritent pas simplement de la classe sociale à laquelle leurs parents appartiennent ; ils déterminent leur propre statut professionnel adulte, et il est avéré que des différences de statut entre les parents et leurs enfants sont associées à des différences dans leurs scores du QI : des enfants désireux de grimper dans l'échelle sociale tendent à avoir des scores de QI plus élevés que ceux de leurs parents. Ce qui suggère que les différences de classe sociale dans le QI sont recréées à chaque génération, et que l'association entre les deux n'est pas juste un effet du statut social sur le QI.
La différence de groupe dans le QI la plus largement étudiée est sans conteste celle qui distingue les Noirs et les Blancs vivant aux États-Unis. La différence habituellement relevée est d'environ 15 points, mais elle a été probablement plus grande à un moment donné et semble à l'heure actuelle devoir être légèrement plus petite. En dépit d'affirmations contraires, notons qu'il existe peu de preuves d'une différence qui serait à l'origine génétique. Une partie des résultats d'une étude américaine sur l'adoption va dans le sens d'une interprétation génétique, mais d'autres aspects de cette étude mettent tout autant l'accent sur une interprétation environnementale, tandis que deux autres études menées avec des enfants Noirs et Blancs élevés dans des conditions comparables, l'une allemande et l'autre britannique, n'ont trouvé aucune différence entre leurs scores du QI. Si c'est un effet environnemental, il reste encore à montrer quelles sont les causes environnementales proximales.
Il existe d'autres différences de groupe ethnique dans les scores du QI. Les Chinois et les Japonais semblent obtenir des scores plus élevés que les Blancs aux tests de QI spatial et sont susceptibles d'obtenir des scores plus élevés sur d'autres tests non verbaux. Aucune preuve ne permet de décider de l'origine environnementale ou génétique de ces différences.
Un point de vue largement répandu consiste à dire que les différences observées entre des groupes différents ne sont pas dues à des différences réelles d'intelligence, mais reflètent simplement la présence de biais dans les tests. Le sens le plus clair du mot "biais" est le suivant : un test de QI est biaisé au dépens d'un groupe dès lors qu'il sous-estime le véritable niveau d'"intelligence" des individus de ce groupe. Partant, il est bien évident que la seule manière de prouver qu'un test de QI a ou n'a pas été biaisé consisterait à comparer ses résultats à une meilleure mesure, plus indépendante, de l'"intelligence". Et quelle serait-elle ? Autrement dit, il importe de reconnaître le caractère absurde et dangereux des déclarations péremptoires à propos de l'intelligence moyenne des paysans africains qui sont fondées sur des résultats de tests de QI standard : un test de QI ne peut que se proposer de mesurer l'intelligence des individus qui partagent un certain bagage culturel.
D'une manière générale, les deux sexes ne semblent pas différer grandement dans le QI moyen, et cette conclusion n'est pas simplement un artefact d'une politique menée de façon délibérée par les testeurs de QI en vue d'éliminer les items qui favorisent un sexe ou l'autre. Mais les deux sexes diffèrent dans certaines composantes du QI - une des différences les plus saillantes a trait au fait que les hommes obtiennent de meilleurs scores que les femmes sur la plupart des tests de QI spatial. Des explications à la fois biologiques et environnementales de cette différence ont été avancées - mais la distinction entre les deux n'est pas aussi claire que certains auteurs ont laissé supposer.

Chapitre 6 Analyse factorielle et structure des aptitudes humaines

Résumé
Que mesurent les tests de QI ? Leurs concepteurs affirment qu'ils mesurent les différences individuelles d'intelligence. Mais y a-t-il une chose comme l'intelligence qui puisse être mesurée ? Les psychométriciens ont employé l'analyse factorielle comme première méthode pour essayer de répondre à cette question. A proprement parler, l'analyse factorielle n'est rien d'autre qu'une technique visant à simplifier, pour mieux les repérer, des patterns à l'intérieur de grandes matrices de corrélations. Si nous administrons à un échantillon de la population une grande batterie de tests composée par exemple de dix tests séparés, nous pouvons calculer la corrélation entre chaque paire de tests, mais la matrice de 100 corrélations qui en résulte sera bien trop lourde pour qu'on puisse en extraire une signification. L'analyse factorielle repose sur le postulat selon lequel si la performance sur deux tests corrèle, c'est parce que ces deux tests mesurent en partie la même chose. Ainsi notre matrice de corrélations 10 x 10 de départ peut être rendue plus intelligible si on arrive à montrer qu'elle peut être à même d'expliquer ce constat, en postulant un nombre beaucoup plus réduit de facteurs hypothétiques avec lesquels les dix tests ont corrélé plus ou moins.
Dans le cas limite, l'analyse factorielle est capable de montrer que le postulat d'un facteur unique suffit à expliquer le pattern de corrélations dans sa totalité. Spearman pensait que cela était vrai pour la matrice de corrélations d'une batterie de tests de QI, et a appelé ce facteur unique g. Il a ainsi affirmé que le QI mesurait un processus sous-jacent unique d'intelligence générale. Pensant que l'intelligence humaine est mieux conceptualisée sous la forme d'un ensemble de facultés ou d'aptitudes cognitives largement indépendantes, Thurstone a cherché à rejeter la conclusion de Spearman et s'est efforcé de montrer qu'une technique différente d'analyse factorielle révélait l'existence de groupement de tests qui corrélaient très fortement l'un avec l'autre, mais moins avec des tests situés dans d'autres groupements.
Du fait que Thurstone a utilisé des procédures d'analyse factorielle (rotation en une structure simple) assez différentes de celles employées par les successeurs de Spearman (analyse en composantes principales), on a souvent dit que l'analyse factorielle ne révèlera jamais quoi que ce soit de la structure des aptitudes humaines. Il existe un nombre indéfini de solutions factorielles mathématiquement équivalentes pour toute matrice de corrélations, et le choix d'une solution par rapport à une autre n'est rien d'autre que le reflet des préjugés théoriques des factorialistes. Ce genre d'affirmation ignore deux points importants. Premièrement, le pattern d'inter-corrélations réellement observé entre un grand nombre de tests de QI différents écarte les solutions retenues au début par Spearman et Thurstone - et les deux hommes l'ont admis. La solution de Spearman est éliminée parce que, dans toute matrice de ce type, on trouve des groupements de tests qui corrèlent davantage l'un avec l'autre qu'ils ne le font avec les tests appartenant à d'autres groupements. La solution de Thurstone est éliminée à cause de la diversité positive globale : les corrélations entre différents groupement de tests sont toutes positives. Mais Spearman comme Thurstone pouvaient se consoler de cet aspect des données qui contredisait le préjugé théorique de l'autre. Ainsi il existe un facteur général commun à tous les tests de QI, mais il y a aussi un certain nombre de facteurs plus spécifiques - qu'on appelle habituellement verbal, raisonnement non verbal, spatial, vitesse perceptive, etc., et qui sont identifiés par des groupes de tests différents.
Deuxièmement, même si des procédures différentes d'analyse factorielle vont produire des solutions factorielles plus ou moins différentes pour n'importe quelle matrice de corrélations, la nature de cette matrice déterminera quelles sont les solutions possibles, et il est assez simple de voir les solutions différentes.
L'analyse factorielle ne peut pas faire mieux que de décrire les relations entre des tests de QI différents. Cela n'équivaut pas à une découverte de la structure des aptitudes humaines. On ne pourra y parvenir que par le développement et la mise à l'épreuve d'une théorie psychologique. Ainsi le fait qu'un facteur général puisse toujours être extrait d'une batterie de tests de QI ne signifie pas la présence d'un processus cognitif sous-jacent unique identifié par tous les tests de QI. Il se peut également que tous les tests de QI repèrent un grand nombre de processus différents, mais avec un certain chevauchement dans l'ensemble des processus identifiés par des groupes de tests différents. La décision entre ces possibilités nécessitera une analyse théorique et expérimentale.
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