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Quand trop d'émotion tue l'émotion

Pour des raisons de cohérence de l'ensemble et pour présenter à nos visiteurs une information fiable et claire, cette section est réservée en écriture aux surdoués diagnostiqués.

Modérateur: Bradeck

Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar sourizeante » Mer 26 Fév 2014 23:06

NB : Ce post est issu de digressions du topic « THQI tentative de compréhension ».

Le constat : nous serions plusieurs à expérimenter une forme de déconnexion, de décalage, en lien avec les émotions. Un trop-plein de ressenti qui abouti à une phase paroxystique plus ou moins violente dans sa forme, puis à une phase de vide émotionnel intérieur.
Je lance donc (face à l'insistance de Tournesol et avec la complicité de *Za*) ce topic pour essayer de formaliser le sujet et voir si d'autres vivent aussi cela.

Offtopic :
Il ne s’agit pas ici de parler
- d’empathie : on ne parle pas d’être envahi par les émotions d’autrui, mais bien par les siennes. Même s’il est évident qu’une forte empathie va venir en rajouter au ressenti propre.
o de dépression existentielle, ou de désintégration positive, bien qu’il y ait très probablement des liens et des connexions entre ces sujets

Tentative de description, sur la base des échanges que j’ai eus ici ou ailleurs, et sur la base de mon propre fonctionnement.

Au départ :
  • Un fonctionnement ou les émotions (bonnes ou mauvaises) sont ressenties avec une intensité plus forte que la moyenne des personnes.
  • Un fonctionnement ou le cognitif n’est jamais indépendant de l’émotionnel. Pas de raisonnement « à froid » possible. Toute réflexion est teintée d’émotion. Ce qui génère parfois des effets de confusion, distorsion, entre les idées, les concepts et le ressenti.
    sourizeante a écrit:il y a souvent une distorsion entre :
    - le discours
    - le non verbal.

    Les codes (encore eux) font qu'une personne bien élevée, même si elle me trouve bizarre, dérangeante, décalée, ne va pas me le dire, et j'aurai un échange cordial en surface.
    Sauf que je ressens profondément -le "malaise",
    -le jugement
    -l'agacement
    de la personne en face de moi

    Au final, même si la discussion a été riche et sympa, je reste avec une (méga)boule au ventre parce que que je sais que l'autre me voit comme a-normale.
  • Ces émotions ne sont pas passagères, volatiles. Elles restent présentes sur un temps assez long, il y a une forme de persistance.
  • Ces émotions s’additionnent en absolu, s’accumulent. Une émotion positive ne vient pas annuler une émotion négative.
  • Chaque émotion est ressentie physiquement avec parfois une somatisation.

Lorsque le niveau émotionnel atteint un certain seuil, il y a un blocage, une saturation, quelque chose disjoncte. Cela passe ou non par un épisode de « crise » ou de « pétage de plomb ».

Après cette phase, on se retrouve en mode « vide », « feuille de papier » ( merci *Za*). Aucune émotion n’est plus ressentie, on se sent étranger au monde.

Et ensuite
  • Soit on accepte ce mode de fonctionnement et on accepte de recommencer à se remplir d’émotions, on s’ouvre au monde, on accepte les conséquences et c'est reparti pour un cycle
  • Soit on refuse de « souffrir » et on se ferme aux émotions, mais en faisant cela on créé un nouveau décalage
  • Soit on apprend à gérer et à vider le trop plein… Et là, je vous donne la main, parce que moi, j’ai pas encore trouvé.
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar sanders » Jeu 27 Fév 2014 00:00

Je me lance aussi.

Je pense être concernée par ce qui est (d)écrit dessus.

Il me semble que si ces émotions sont bien les miennes, elles sont quand même en lien très étroit avec :
- celles de cet autre qui est en interaction avec moi ;
- ce décalage, entre le verbal "affiché" et le non verbal observé chez l'autre, que je ressens.
Car dans ce non verbal circulent à mon sens les émotions de l'autre, mais aussi ses intentions que je présuppose, ses possibles jugements intérieurs, que je ne peux qu'imaginer et donc n'en rien savoir en fait.

Par contre, je ne me dis que depuis très peu de temps que je peux paraitre bizarre aux yeux des autres.
Auparavant, c'est à mes propres yeux que je semblais anormale. Concernant les interactions, j'étais uniquement centrée sur le décalage entre ce qui étais dit et ce que je voyais. Et c'est ce décalage seul qui me semblait étrange.
J''ai réalisé après certaines vérifications que ce n'était pas qu'une question de bonnes manières, que la personne elle-même n'en n'avait pas toujours conscience. Ce que ce que je prenais pour du jugement, de l'agacement, de la mauvaise foi ou encore de l'incohérence, n'existait parfois que dans ma tête du fait d'un décalage oui mais d'une autre nature.
Il s'agissait juste du décalage entre ce que la personne disait et ce qu'elle montrait, pas en lien avec moi ou avec une quelconque intentionnalité, plutôt avec les idées échangées et la logique de pensée de l'autre qui était très différente de la mienne. Si ce n'est pas clair, dites-moi, j'essaierais de préciser.

Concernant le lien étroit entre cognitif et émotionnel, c'est ce qui me fait dire souvent : "oui intellectuellement je peux (comprendre ce qui est attendu, envisager le pour et le contre, saisir les données du problème), émotionnellement non (je ne peux pas gérer la charge émotionnelle induite par la situation, exposer mon point de vue, résoudre le problème lorsque je suis en face de lui)".

La gestion du vide / plein se fait pour ma part dans une certaine anticipation :
- anticipation du trop plein, j'essaie de vider avant que ça déborde ;
- anticipation de trop de vide par anticipation du trop plein.
Cela demande une certaine connaissance de ce fonctionnement, de la rigueur et un effort. La connaissance permet de repérer ses propres signaux d'alarme et de les écouter, la rigueur de ne pas juste les écouter mais de se mette en action et l'effort de le faire même si je n'en n'ai pas envie. Parce que j'ai beau savoir ce qui me permet de vider le trop plein, être certaine que ça va m'éviter la page vide, cela ne rend pas l'action plus aisée pour autant.

Mes outils (ce sont les miens, à chacun de trouver ceux qui lui conviennent) un peu dans le désordre: la marche soutenue et un peu longue en terrain non hyper urbain et un minimum "vert", le contact avec la nature et ses plantes, la méditation centrée sur le corps pour éviter au cerveau de partir dans les idées et pour permettre aux émotions de s'ancrer quelque part, le contact (sans forcément parler) avec quelques ami(e)s en qui j'ai toute confiance, un bain chaud et qui sent bon, un roman bien dépaysant ou un film du même genre, une belle musique.
J'y parviens plus ou moins bien, de plus en plus souvent je cois.
Car le fait d'avoir conscience d'une part de mes signaux d'alarme, d'autre part des conséquences que ça va avoir si je ne fais rien pour ça et enfin que c'est possible sinon d'éviter le vide sidéral tout le temps mais au moins de le rendre moins présent dans ma vie a été libérateur et salvateur pour moi.

J'ajoute que ça n'a pas supprimé le sentiment permanent de déconnexion, non du monde (auquel je me sens depuis toujours infiniment connectée), mais d'une grande partie (la plus grande si je suis honnête) de mes semblables et de leurs réflexions, réactions ...

J'ai juste accepté, après l'avoir compris je crois, cet état de déconnexion permanente comme faisant partie de ma vie. Les autres n'y sont pour rien, moi non plus, c'est ainsi.
Soit on s'en sort et on invente nous-mêmes un destin, soit on continue dans la spirale du déclin.Thanh Nghiem

Je n'aurais jamais cru que ça se débloquerait tout d'un coup comme ça ! - Avr 2017, Napirisha (avec son autorisation)
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar sandrinef » Jeu 27 Fév 2014 08:58

D'abord un grand merci pour ce topic car je suis depuis quelques temps en plein questionnement à ce sujet.

Je me suis coupée de mes émotions durant la majeure partie de ma petite existence. C'était bien évidemment un mécanisme de défense redoutable qui m'a longtemps amputée d'une partie de moi...
Aujourd'hui, je vis pleinement mes émotions, ça déborde dans tous les sens, cela donne lieu à des moments de crises assez intenses (la dernière avant hier, très violente.)
Pendant un temps, j'ai pris un anxiolytique pour m'aider à supporter l'angoisse, mais j'ai arrêté.

J'en suis à l'acceptation de ce qui se passe en moi lorsque ça arrive, je n'ai pas de solution, si ce n'est attendre que ça passe. Et ça marche: ça finit toujours par passer...

J'ai décidé que ce n'était pas grave, que cela faisait partie de moi, que c'était le côté pile de ma douance.
Je me suis longtemps anesthésiée, que ce soit pour les émotions négatives ou positives.
Aujourd'hui je ressens de grandes joies également, et je suis perpétuellement sur des montagnes russes émotionnelles. Je l'accepte car c'est mon vrai moi.

J'ai donc connu le décalage provoqué par le fait d'être coupée de ses émotions. Aujourd'hui, j'accepte ce que je vis.

NB: Je précise que je ne suis pas THQI, au cas où cela aurait son importance dans ce sujet.
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar altima » Jeu 27 Fév 2014 17:43

J'ai envie de réagir parce que ça me parle beaucoup.
Pour autant, je ne sais pas si je suis concernée de la même façon que les autres: déjà, je ne suis pas THQI.
Ensuite, ce trop-plein d'émotion m'a déjà menée à une dépression, alors j'ai toujours pensé depuis que j'avais un terrain dépressif qui expliquait les montagnes russes et les plongées en apnée dans des états émotifs assez profonds. Enfin, je n'ai jamais trop su de quoi il en retournait avec cette désintégration positive. Quoi qu'il en soit quand je t'ai lue j'ai ressenti beaucoup d'empathie (oui je sais je suis hors sujet), parce que mince moi aussi je me sens décalée.

Par rapport à ton titre sourizeante, dans mon cas il est clair que parfois la dose d'émotion est tellement forte que je vais chercher à la calfeutrer par tous les moyens parce que je sens bien que sinon je vais déborder. Je pense que si je me laissais aller sans réfléchir aux convenances et en agissant comme si j'étais seule avec personne autour pendant quelques secondes (genre je rentre dans ma bulle invisible pour évacuer tout ça), hé bien il m'arriverait de fondre en larmes, de sauter au plafond, de hurler ou d'incendier des gens, de sauter au cou de quelqu'un, plusieurs fois par jour.

Par rapport à la distorsion entre message perçu et intention de l'énonciateur, je reste très sceptique dans mon cas....je suis limite paranoïaque depuis quelque temps, et je pense que c'est parce que je détecte trop facilement ce que pensent les gens (bon enfin les gens en général hein). Depuis toujours je "scanne" les gens en un clin d'oeil, c'est comme si tout ce qui émanait de la personne m'apparaissait d'un seul coup, et je me trompe rarement. Je me trompe rarement. Inconvénient: ça m'amène à classer d'office les gens en gentils/méchants/mous/faux-culs/intelligents etc. Bon euh dit comme ça c'est pas glorieux, mais comme j'ai tendance à accorder le bénéfice du doute, j'attends toujours de voir par la suite...il s'avère que souvent j'ai raison et à chaque fois je me dis "mince, je le savais, comment je vais faire pour voir cette personne autrement et lui trouver des côtés positifs?". Evidemment quand ça tombe du côté pile, celui qui m'avait dit que la personne était géniale, ça pose pas de souci...Cette petite digression pour en revenir au fait que du coup je capte enfin il me semble, plutôt facilement ce qui peut provenir de quelqu'un. C'est pas toujours le cas hein, y'a aussi des gens pour lesquels je me sens déboussolée parce qu'ils ne sont pas faciles à cerner.

Je pense savoir ce que pense l'autre, j'ai tendance à être un peu parano parce que je suis entourée de faux-cul. Mais ça, c'est juste une conséquence de l'envers du décor: je me sens perçue comme bizarre. C'est indéfinissable, je peux mener n'importe quelle conversation, il y a quasiment à chaque fois un moment où je me sens décalée, pas en phase. En phase de quoi? En phase avec ce que l'autre attend de moi en terme de comportement, de parole...c'est là où je ne sais pas si ça s'apparente à ce que vous ressentez aussi. Quoi qu'il en soit, oui les gens me voient comme bizarre, je le sens beaucoup trop, au début quand je rencontre du monde ça passe inaperçu mais très vite cette sensation d'être l'E.T. de la situation s'impose. Parfois c'est par des propos rapportés par autrui que j'ai su qu'on me qualifiait de bizarre, étrange. J'ai jamais voulu être comme tout le monde donc ça m'arrange mais comme sourizeante, j'ai la boule au ventre très souvent et c'est juste insupportable; au final je suis mieux seule. Ce qui me parle aussi dans le message de sourizeante, c'est les phases alternées de trop-plein suivies de vide...je sais pas, y'a comme une phase de décompensation nécessaire pour contenir la crise. J'ai moi aussi par la suite souvent des périodes que j'appelle de "down", et je sais désormais que je fonctionne comme ça donc ça m'inquiète moins qu'avant. Cela dit j'arrive depuis quelque temps à mieux amortir le choc, les "down" sont moins violents et durent moins longtemps. Sans doute parce que je suis plus indulgente avec moi-même, que je connais le processus, que j'accepte mieux.

C'est seule que je peux "gérer" ce magma d'émotion: comme sanders, la marche dans la nature m'apaise beaucoup. Le silence. Mais aussi tout ce qui est créatif, alors c'est soit le chant soit l'écriture, ça me libère beaucoup de tout ça, désormais (enfin surtout depuis le diagnostic HP), je vois ça comme une hygiène de vie dont je ne peux pas faire l'économie. Avant, je me disais que ça me faisait des hobbies plutôt cool, sauf que c'est pas un truc à côté, c'est aussi vital pour moi que de me brosser les dents, si je le fais pas régulièrement, je vais pas bien...
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar sourizeante » Jeu 27 Fév 2014 19:42

Et bien, je n'imaginais pas que le sujet aurait autant de résonance.

Avant toute chose, je précise un point. Le sujet est issu d'une discussion sur les THQI, CEPENDANT nous en étions arrivé à la conclusion que ce point n'était pas une spécificité THQI (si tant est qu'il y ait des réellement spécificités THQI).

altima a écrit:Par rapport à la distorsion entre message perçu et intention de l'énonciateur, je reste très sceptique dans mon cas....je suis limite paranoïaque depuis quelque temps, et je pense que c'est parce que je détecte trop facilement ce que pensent les gens (bon enfin les gens en général hein). Depuis toujours je "scanne" les gens en un clin d'oeil, c'est comme si tout ce qui émanait de la personne m'apparaissait d'un seul coup, et je me trompe rarement. Je me trompe rarement. Inconvénient: ça m'amène à classer d'office les gens en gentils/méchants/mous/faux-culs/intelligents etc. Bon euh dit comme ça c'est pas glorieux, mais comme j'ai tendance à accorder le bénéfice du doute, j'attends toujours de voir par la suite...il s'avère que souvent j'ai raison et à chaque fois je me dis "mince, je le savais, comment je vais faire pour voir cette personne autrement et lui trouver des côtés positifs?". Evidemment quand ça tombe du côté pile, celui qui m'avait dit que la personne était géniale, ça pose pas de souci...Cette petite digression pour en revenir au fait que du coup je capte enfin il me semble, plutôt facilement ce qui peut provenir de quelqu'un. C'est pas toujours le cas hein, y'a aussi des gens pour lesquels je me sens déboussolée parce qu'ils ne sont pas faciles à cerner.

J'aurais pu l'écrire. ;)
Quand je parle de décalage entre message perçu et intention, je parle bien du fait que l'impression générale ressentie n'est pas cohérente avec le discours de la personne. Et moi aussi, je lutte parfois contre ce que je considère être un a priori injuste, en cherchant des justifications pour ne pas m'arrêter sur ma première impression. Et la plupart du temps, je me rend compte que j'aurais du me faire confiance...

sandrinef a écrit:Pendant un temps, j'ai pris un anxiolytique pour m'aider à supporter l'angoisse, mais j'ai arrêté.

Tout pareil. En fait, cela me laissait une impression de déconnexion encore plus forte. Je n'étais plus angoissée, mais je n'étais pas moi-même.
Je crois que j'essaye comme toi d'accepter ce que je suis, et d'accueillir les émotions sans les combattre. Cela marche parfois, mais de temps en temps, je me laisse déborder.

sanders a écrit:Mes outils (ce sont les miens, à chacun de trouver ceux qui lui conviennent) un peu dans le désordre: la marche soutenue et un peu longue en terrain non hyper urbain et un minimum "vert", le contact avec la nature et ses plantes, la méditation centrée sur le corps pour éviter au cerveau de partir dans les idées et pour permettre aux émotions de s'ancrer quelque part, le contact (sans forcément parler) avec quelques ami(e)s en qui j'ai toute confiance, un bain chaud et qui sent bon, un roman bien dépaysant ou un film du même genre, une belle musique

Je te rejoins sur le contact avec la nature. J'adore les promenades sur la plage, le bruit des vagues, le cri des mouettes. Ça m'apaise vraiment. Bon manque de pot, je vis près de Paris :roll:
En fait, j'ai longtemps pensé que les chansons que j'écris font partie de ces soupapes de sécurité, et que quand je suis dans un état émotionnel instable, elles sont une façon de fixer les choses. Mais parfois, à contrario, elle cristallisent le ressenti, et c'est pire.

Je retiens la piste de la méditation en tout cas.
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar arizona » Jeu 27 Fév 2014 20:30

sourizeante a écrit:Les codes (encore eux) font qu'une personne bien élevée, même si elle me trouve bizarre, dérangeante, décalée, ne va pas me le dire, et j'aurai un échange cordial en surface.


Moi c'est ça qui me trouble, et qui est à la base, je trouve, de beaucoup de malaise.

Ce qui me paraît perturbant, n'est pas tellement d'avoir des émotions, c'est de ne pas pouvoir les exprimer plus librement. J'entends bien qu'il faut des codes, des règles de savoir-vivre, etc. Mais ne participe-t-on pas soi-même à l'élaboration de ces codes ? Lorsque l'on est avec quelqu'un, ou même en groupe, on élabore au même titre que l'autre la relation qui s'instaure.

Lorsque je ressens ce que tu exprimes, à savoir que l'autre me trouve bizarre, je vais lui demander pourquoi. A un moment, je ne vais pas y tenir, et je vais le dire : mais pourquoi tu me trouve bizarre ? Je vais même lui renvoyer la question : t'es pas un peu bizarre, toi, de me trouver bizarre ? Ce n'est pas agressif, et cela permet de désamorcer pas mal de choses, surtout si c'est demandé avec un peu d'humour, et surtout une réelle volonté de comprendre. Après tout, si il me trouve bizarre, j'ai bien le droit moi aussi de le trouver bizarre, ce n'est que justice quelque part.

Je comprends que l'on refrène ce genre de questions, pour ne pas créer de malaise. Mais en fait, ce n'est qu'un truc temporaire. Le malaise est là, mais personne ne veut le définir, personne ne veut en parler. Et pourquoi donc ?

Pour ne pas créer un malaise, on en crée d'autres, bien plus grand au final. D'une façon avec l'autre, puisque on se retrouve dans une relation où on ne sait pas… Peut-être pense-t-il cela, mais peut-être pas, en tous les cas, on est mal à l'aise.

Ensuite, plus important, avec soi. Cela amène tout ce que vous avez décrit plus haut.

Je trouve plus simple, plutôt que de prendre des anxiolytiques, de dire des choses du genre : écoute, je ne t'aime pas, tu ne m'aime pas, mais on doit composer ensemble là, comment allons-nous faire ? Il y a biens des trucs sur lesquels on peut s'entendre… et puis on ne se connaissait pas il y a une heure, donc en fait, qu'on ne s'aime pas… ça n'a pas vraiment d'importance, si ?

Je trouve aussi plus simple de dire, plutôt que de fuir : écoute, ta façon d'être, elle me dérange, elle me blesse, elle me pompe l'air. Pourquoi fais-tu cela ? Peux-tu être un peu différente avec moi ? Expliquer pourquoi ça dérange, et comprendre pourquoi l'autre fait cela, c'est un énorme chemin dans l'acceptation de l'autre. Et parfois, ces choses s'évanouissent. Parfois pas. Mais au moins on a essayé.

C'est évident que parfois, il n'y a pas moyen de faire cela, il n'y a pas moyen de désamorcer, il n'y a pas moyen d'arriver à exprimer qu'on ressent un malaise. C'est vrai.
Mais je crois tout de même que le nombre de situations où c'est possible est bien plus important qu'on ne le croit. Vraiment.

Et puis il a tous ceux avec qui, vraiment, cela n'a pas d'importance… Si quelqu'un que je trouve très con, me trouve très bizarre ou très conne, ben en fait, ça m'arrange, ça me soulage même. Parfois même ça m'amuse.

J'espère que je ne suis pas HS ( je crois bien que je dis ça chaque fois ), ou que ce que je dis n'est pas blessant, ce n'est évidement pas mon intention. C'est juste ma façon de faire à moi. Quand je peux, je vais essayer de savoir, de désamorcer, de comprendre, d'accepter. Ca marche pas toujours, parfois aussi ça ne m'intéresse tout simplement pas, alors je ne le fais pas, ou bien je n'ai pas l'énergie pour.

Ce que je veux dire au final, c'est que souvent, on manque de communication. Soi même comme l'autre. Et la majorité du temps, c'est cela qui fait qu'une relation capote. Quelle que soit cette relation. Couple, amitié, travail. Ce n'est pas tant que l'autre soit différent, c'est le manque de communication.
Si nous n'étions pas d'ici, nous serions l'infini.
D'une chanson.
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar Miss dans la lune » Jeu 27 Fév 2014 21:48

Je ne me sens pas vraiment concernée. Peut-être l’ai-je été un jour… En fait non, je ne pense pas.
J’ai une mécanique bien rodée.
Je me mets instantanément, ou presque, dans l’état d’esprit du chirurgien lorsque qu’une émotion forte et paralysante surgit. (Je parle ici d’émotion sur point de se chroniciser, et en particulier des négatives, ou que je ressens comme telle.)
D’abord faut-il s’extirper de la situation causale. Une fois à l’abri, je dissèque encore et encore, jusqu’à ce que je réussisse à mettre en pièces le monstre. A partir de là, soit mon comportement peut avoir une influence sur la situation causale, et j’agis de telle sorte à la modifier, soit JE ne peux rien faire et… effectivement, là, j’attends que ça passe… et souvent, ça passe.
S’il se trouve que l’émotion n’est pas issue d’une situation extrinsèque, mais qu’elle est secondaire à mon état d’être, comme la tristesse provenant de l’ennui par exemple, bien, j’essaie d’oublier que je m’ennuie. Comment ? Toujours pareil, en agissant. Pas facile.
Les émotions parlent, j’essaie de les décrypter si je ne peux pas seulement les vivre.
C’est devenu un réflexe, et lorsque je sens poindre le tout début d’une émotion désagréable, je tente de la désamorcer immédiatement, tant et si bien que je me laisse rarement déborder. M’enfin, ça arrive quand même.

C'est finalement tout le contraire du postulat de sourizeante: analyse à "froid" par la mise à distance de l'émotionnel.
(mais, je répète, il s'agit bien d'émotions risquant de mettre en péril mon équilibre, celles qui risquent de s'enkyster.)
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar TourneLune » Jeu 27 Fév 2014 21:56

Personnellement, je n'ai pas de blocages à proprement parler. Il ne m'est jamais arrivé d'avoir trop d'émotions au point que tout s'arrête. Au point de devenir super chiante et tout le temps énervée, oui, mais c'pas pareil :D :D

Par contre, j'ai pu remarquer à diverses occasions, que j'étais capable de m'effondrer pour une bêtise et pour un truc vraiment grave ou dans une situation vraiment à la con où un tel blocage à la fois pourrait arriver et serait vraiment préjudiciable, c'est à la base que ça bloque, à l'entrée.
L'émotion ne "sort pas" tout de suite. Il a pu se passer jusqu'à une semaine avant qu'elle s'exprime, temps retard qui rend mon comportement incompréhensible pour l'entourage, avec une première réaction juste pondérée, parfaite, calme, ok on va gérer, c'est pas grave, etc...
Et une semaine après, la colère, le sentiment d'injustice, la non acceptation qui montent et qui prennent toute la place.

Pourquoi , comment, je n'en sais rien. Globalement, c'est assez pratique quand même, c'est jamais complètement grippé, juste par moment, filtré, comme s'il y avait une sorte de filtre automatique qui se mettait en place tout seul quand ça pourrait faire déconner l'ensemble. Ce filtre laisse passer l'émotion, mais de façon plus progressive et atténuée, moins risquée, moins douloureuse.

C'est juste chiant quand il faudrait se mettre en colère sur le moment parce qu'on a affaire à des gens qui ne comprennent que ça....
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar sourizeante » Ven 28 Fév 2014 09:43

arizona, Miss dans la lune, je comprends ce que vous expliquez. Mais, de mon point de vue, ce que je décris n'est pas tout à fait sur le même plan que ce que vous exprimez de votre côté. (M'en veuillez pas, hein)

Parce que le point n'est pas tant de savoir quelle est l'origine de l'émotion, mais bien de savoir comment la gérer pour éviter une accumulation aboutissant à un blocage.
Encore que j'entends bien ce que tu dis arizona, si il y avait mon de non-dits, peut-être y aurait-il moins d'émotions en décalage à gérer.

Pour ma part, je sais être très lucide sur le "pourquoi" de ce que je ressens. Il ne s'agit pas là d'un phénomène de spleen diffus ou de malaise généralisé comme dans une dépression (J'ai expérimenté il y a quelques années à la mort de mon père, je fais bien la différence). Je pratique d'ailleurs la même méthode analytique que toi, Miss dans la Lune, quand je ne sais pas ce qui cloche.

Miss dans la Lune a écrit:Les émotions parlent, j’essaie de les décrypter si je ne peux pas seulement les vivre.
C’est devenu un réflexe, et lorsque je sens poindre le tout début d’une émotion désagréable

Dans le phénomène que je décris, je sais pertinemment pourquoi je suis triste, ou en colère, ou heureuse.
Et je souhaite insister également sur un point :dans mon cas, les émotions qui me débordent ne sont pas nécessairement des émotions négatives.

Chez moi, le trop plein peut se faire sentir aussi avec des émotions positives. Je ne sais pas si d'autres ici connaissent cela.
Ce n'est pas sans poser quelques difficultés au quotidien, genre quand des amis vous font une surprise génialissime et que vous vous retrouvez bloquée en mode "off" avec juste la capacité d'adresser un "merci c'est sympa" très distant et ce sentiment bizarre de regarder ce qui se passe à travers une vitre.
Et sans détailler trop ce qui relève de considérations plus intimes, le fait de pouvoir être débordée par des émotions agréables, cela n'aide pas toujours à "lâcher prise"...

Tournesol a écrit:L'émotion ne "sort pas" tout de suite. Il a pu se passer jusqu'à une semaine avant qu'elle s'exprime, temps retard qui rend mon comportement incompréhensible pour l'entourage, avec une première réaction juste pondérée, parfaite, calme, ok on va gérer, c'est pas grave, etc...

Je connais aussi cette sensation. C'est très bizarre, l'émotion est là, mais en arrière plan, et le raisonnement prend le lead. Cela m'est arrivé quelquefois dans des situations où je n'avais pas le choix, il fallait que je gère.

Je te demanderai bien de m'expliquer comment tu appliques ton filtre, mais si au final, cela génère chez moi une phase de "chiantitude", y en autour de moi qui vont craquer, vu que dans mon état normal, je suis déjà une emmerdeuse de compétition. :lol:
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar *Za* » Ven 28 Fév 2014 09:45

Je vous rejoins enfin ;) en essayant de mettre un peu d'ordre dans mes réflexions...
D'abord, précisons que nous n'avons pas trouvé, dans la littérature ou sur Internet, de description de ces passages en lien avec le haut potentiel. L'idée a été initialement soulevée par Cyrano dans le post sur le THQI :
Cyrano a écrit:Il semblerait, selon elle, que les THQI, à un moment de leur vie, et surtout s'ils ignorent leur particularité, ferment les écoutilles. Ils se déconnectent du monde quoi...
Elle m'a dit que ça se manifestait différemment selon les individus, mais que cette particularité était criante chez les THQI et réclamait une prise en charge spécifique, qu'on a mise en place d'ailleurs avec un succès...mesuré.

On a un peu dérivé depuis, puisqu'il s'agit ici de déconnexion limitée dans le temps.
Nous voulions savoir si cette particularité se retrouvait plutôt chez les THQI, autant chez les HQI que les THQI, ou bien pas particulièrement ni chez les uns, ni chez les autres...

Pour ma part je n'avais jamais fait le lien avec la douance, seulement avec l'hypersensibilité et l'humeur dépressive (ça a été un sujet important de ma psychothérapie et nous l'avons abordé sans succès).
Et je ne relie pas forcément cet état avec le décalage ressenti face à certaines personnes, mais plus généralement au ressenti brutal des émotions et à leur tendance à s'entasser en moi au point de me faire ressentir une forme de danger intérieur.

C'est pour moi très difficile de décrire ces moments, de me les rappeler précisément.
Je pense qu'il peut y avoir deux raisons à cela :
- ce sont des moments par définition "vides de mots", à la manière de certains rêves ou de très anciens souvenirs. On en retire juste des ressentis bruts. Or ce qui se passe à ces instants correspond justement à une sorte de fuite des ressentis. Qu'en retenir alors ?...- je procède manifestement à une sorte de refoulement de ces passages, comme pour mes épisodes de déprime.

Je sais donc qu'il y a eu ce moment de vide, d'inconsistance, mais il sort de la mesure temporelle, un peu comme si je l'avais traversé en réveil d'anesthésie générale.
En tout cas c'est violent et source d'angoisse.
sourizeante a écrit:Lorsque le niveau émotionnel atteint un certain seuil, il y a un blocage, une saturation, quelque chose disjoncte. Cela passe ou non par un épisode de « crise » ou de « pétage de plomb ».
Après cette phase, on se retrouve en mode « vide », « feuille de papier » ( merci *Za*). Aucune émotion n’est plus ressentie, on se sent étranger au monde.

Effectivement, ça peut suivre un moment de pétage de plomb. Dans ce cas, je constate que le passage à vide est relativement court en général, et finalement porteur de renouveau - comme s'il était suivi d'une forme de "renaissance" au monde.
Mais il m'est arrivé d'expérimenter un vide plus destructeur, plus angoissant, justement quand le moment de crise ne survenait pas.
En fait, quand toutes les émotions, je dirais toute l'agitation interne, s'accumule trop longtemps dans la cocotte-minute, on sait que, tôt ou tard, elle va exploser.
Sauf que parfois, elle n'explose pas. Elle est pleine, au bord de l'explosion, et là, au lieu d'exploser, vous vous retrouvez dans une dimension étrange où la cocotte est pleine mais n'explose pas. Tout se fige, et vous n'existez plus. Vous êtes comme au paroxysme de l'accablement, et d'un coup, c'est trop, alors vous disparaissez, vous déconnectez, vous vous dissolvez.
Dans ce cas, c'est quand finalement la cocotte daigne enfin exploser que vous pouvez vous retrouver.
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Je voulais revenir sur certaines caractéristiques des personnes HP qu'on pourrait rapprocher de ces passages à vide, mais qui à mon avis s'en distinguent :

Les mouvements sinusoïdaux de l'humeur
Il en a été question à plusieurs reprises sur le forum, et notamment ici : Spécificité de la dépression associée au HQI
Je cite un passage :
Mlle Rose a écrit: -le sentiment d'impuissance : on voit le monde se liquéfier, on voit des horreurs, des injustices, des trucs révoltants (ou qui nous révoltent juste nous) et pour des raisons qui sont assez particulières dans la douance, ça ne glisse pas sitôt la télé éteinte ou la situation passée, ça se ressasse et ça monte comme un soufflé, ça finit par faire un terrain bien fertile pour la louze.
- le sentiment de solitude : on peut se sentir un peu seul avec sa pensée et toutes ces choses qui nous bombardent alors qu'elles ne font que frôler la peau des autres sans aucun dommage pour eux... ça finit aussi par être usant quand on n'a pas trouvé d'échappatoire ou qu'on ne comprend pas pourquoi.

Apparemment, cette dépression qui se retrouve fréquemment chez les surdoués s'accompagne de mouvements périodiques de l'humeur, de phases "up" et de phases "down".Dans le cas du passage à vide, ce n'est pas exactement comme la phase "down". D'abord parce que ça survient assez brusquement (il me semble), ensuite parce qu'il n'y a pas particulièrement d'affects négatifs reliés à ce moment de vide - il n'y en a simplement plus du tout. Pour autant, je ne peux pas ne pas faire de lien, parce que ça entre également dans le fonctionnement en "montagnes russes" qu'on peut connaître. Simplement là c'est vraiment une chute à pic ; c'est le "rien" du tout ou rien.

Le trop-plein de pensées qui vous déconnecte de la réalité
Même s'il y a cette idée de coupure du réel, de déconnexion pour se mettre à l'abri, c'est différent, par le blocage de toute pensée. On est comme obnubilé, la pensée se fige au lieu de pédaler à toute vitesse.
J'ai même l'impression que les moments où on se laisse envahir par nos pensées (et ça arrive souvent lorsqu'on se sent en décalage avec la situation ou l'interlocuteur, c'est une façon de se sortir de ce moment inconfortable) sont un peu des soupapes qui évitent le passage à vide. Ou bien ne font que le remettre à plus tard ?... En tout cas, dans les moments de trop plein, les moments où ça patine à l'intérieur, je sens que le besoin de me couper des autres et de me retrouver seule avec mes pensées se fait plus insistant. Pour éviter l'instant "disjoncteur" tant redouté ?...
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar Hoppy » Ven 28 Fév 2014 10:40

Décidément ce forum est une mine d'or (l'or, ici, serait alors "la réflexion"). Ce sujet est super intéressant ! J'arrive pas à organiser ma pensée, là tout de suite à ce sujet, mais ça me parle beaucoup.

J'y reviendrais à tête reposée et avec un peu plus de temps.
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar lechalote » Ven 28 Fév 2014 12:28

Moi aussi je trouve ce sujet passionnant. Je me demande si ça n'est pas en lien avec une forme de "dissolution de l'égo" dont parle Eckhart Tolle. L'émotion est aussi une réaction de l'égo, quelque chose qui se passe en surface, et quand on est débordés par elles, en danger, c'est une forme de paix qui s'instaure par le lâcher prise et une forme de centrage automatique vers ce qui est essentiel en soi en se coupant de ses émotions. En tous cas, c'est ce qui m'était arrivé dans une situation particulière ingérable pour moi, quand je me suis rendu compte qu'il y a un endroit qui existe en soi où ne peut plus nous atteindre, et que j'ai retrouvé dans des lectures sur le "lâcher prise".
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar arizona » Ven 28 Fév 2014 20:20

Walalla, il y a tellement d'éléments différents abordés ici….

Pour arriver à vider la chose avant qu'elle n'explose, j'ai l'impression que j'ai changé l'ordre des étapes.

La phase feuille blanche, je l'utilise pour me " vider ", et non pas pour " réparer ", ( ce que fait za ). Bien que vider soit réparateur lui aussi. Simplement, je crois que vider prend moins de temps ( beaucoup moins ! ) que réparer.

Et pour décrire ce que c'est ce passage à vide, j'aurai envie d'utiliser certains mots de za : à la manière de certains rêves ou de très anciens souvenirs. On en retire juste des ressentis bruts. Oui c'est cela, exactement cela. Moi je reste couchée, je ne bouge plus un orteil, et comme je lui disait ce matin, c'est comme si je regardais un film. Comme si j'étais une immense toile sur laquelle est projetée un film, ou plutôt le film.
C'est comme si j'arrivais à me concentrer en une toute petite chose, infiniment petite, qui trouve refuge à l'intérieur de mon corps, et que là, je suis complètement à nu, mais je suis aussi totalement libre, et totalement protégée. Une partie de moi est alors la feuille blanche, ou bien la toile, et l'autre partie de moi, cette boule concentrée, projette sur la toile ce film, que je regarde. Ce film, c'est toutes les émotions qui sortent. L'autre partie de moi les regarde, sans vraiment les regarder, et lorsque je suis vidée de toutes ces émotions, je me lève, c'est fini. Enfin ce n'est pas fini, ce n'est jamais fini, mais j'ai vidé beaucoup. En fait, je crois que ça a un peu la même fonction que le rêve, simplement on a pas eu le temps en rêvant de " ranger, nettoyer, sortir de soi " toutes ces choses, alors il faut en prendre le temps de façon "consciente" - je suis obligée de mettre ce mot entre guillemet, parce que je ne suis pas consciente de ce qu'il se passe. Enfin si je suis consciente, mais ma volonté n'entre pas en jeu. Mais je suis éveillée, et je peux arrêter le processus si je veux.
( Comme tous ces mots - moi, conscience - sont difficiles à utiliser… Je les utilise dans un sens simple, ni psychologique ou psyqqchose, ni philosophique, ni... )

Cette façon de me "concentrer" m'a aussi permis de gérer certaines situations de peur intense, ou de stress intense, ou simplement extrêmement désagréables. Il m'est impossible de gérer ces situations avec mon moi réparti dans tout mon corps, c'est trop grand, il y a trop de choses à gérer, alors de même, je me regroupe et je me retrouve dans une petite boule qui elle, va agir. Mais ce sont des situations extrêmes, cela m'est arrivé 4 ou 5 fois dans ma vie où magiquement, j'ai du, et su adopter ce comportement. Je crois que ce sont ces situations de stress intense qui m'ont " montré " d'une certaine façon comment faire pour réussir à me concentrer comme cela, à n'être plus qu'une petite boule de concentré de moi. La peur, le stress, la peur de mourir, ou de voir l'autre mourir, m'ont montré comment faire, et j'ai su reproduire cela et l'utiliser non plus pour survivre, mais pour vivre.

Donc en fait, je ne me retrouve jamais dans la situation de za, ou la cocotte n'explose pas, et où la personne se dissout… elle n'existe plus. Je "choisis librement ", disons plutôt : je laisse faire avant que cette étape n' arrive. Je deviens cette feuille blanche, éclairée par un rayon lumineux.

Je ne peux pas être d'accord avec toi sourizeante lorsque tu dis que
Parce que le point n'est pas tant de savoir quelle est l'origine de l'émotion, mais bien de savoir comment la gérer pour éviter une accumulation aboutissant à un blocage.

Je pense que connaître l'origine des émotions permet - non pas de les faire disparaître, mais les rend vivables, elles n'ont plus besoin d'être gérer. Et au lieu de s'empiler, elles se placent côte à côte, ce qui ne donne plus cette impression de trop. Comme si en hauteur il y avait une limite, mais pas en largeur… www, vachement clair ce que j'écris là… :think: Mais là tout de suite, je ne vois pas comment l'exprimer autrement.

PS. Ce sujet me parle vraiment beaucoup.
J'ai une seule fois été voir un psy, et c'était quand j'ai passé le test. Elle m'a dit : pourquoi venez-vous ? J'ai dit : Parce que veux passer la WAIS, et je veux pouvoir vivre avec mes émotions. Après le test, elle m'a dit : vous allez souffrir, ça va faire mal ( oui madame, d'accord ). Mais vous n'avez pas besoin de moi je crois, enfin si jamais, revenez me voir. Mais je n'irai pas, j'aime bien faire les choses toute seule.
Ce n'était il n'y a pas si longtemps - le mois d'août, donc je suis encore en plein dans ce sujet. Mais moi je suis passé par la phase, enfant, toute petite - vers 4-5 ans, où j'ai juste… Tout coupé. Bam. Plus rien. Il ne restait plus rien que la solitude, la peur, et une tristesse permanente, qui ne sont plus à considérer comme des émotions, c'est juste : un état de fait. Mais cela tombe dans le sujet des faux-self. Et ce qu'il s'est passé après, comment je me suis dépatouillée, c'est long et pas fort intéressant pour les autres. Donc le coup de la vitre, je le connais bien. Enfin je le connaissais bien.
Tout ça pour dire que je crois vraiment très important de savoir pourquoi on se retrouve derrière une vitre comme tu le dit sourizeante. Parce que cette vitre, c'est une protection. Comme le fait de disjoncter est une protection pour le cerveau, comme pour empêcher un système électrique de griller.
Il est intéressant je trouve de savoir de quoi l'on se protège. Qu'on ne veuille pas griller, cela me parait plutôt sain :D . Mais de quoi se protège-t'on ? Retirer la vitre sans savoir ce qu'il y a derrière, c'est possible je suppose, mais peut-être dangereux, en tous les cas brutal. Parfois aussi, brutal est ce qui fonctionne le mieux, et surtout, le plus vite. Parfois c'est trop brutal, et complètement ingérable, j'en sais rien… Moi je suis plutôt adepte du : attends attends arizona, on va d'abord aller voir ce qu'il y a derrière cette vitre, et quand on aura bien vu, ben la nuit pendant qu'ils y prennent pas gaffe, hop hop on va arranger les trucs, et quand ce sera suffisamment arrangé, ben la vitre va s'effondrer toute seule.

Mais chacun sa façon de préparer la soupe, hein :)
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar sourizeante » Ven 28 Fév 2014 22:16

arizona, je comprends bien que dans ton cas, comprendre l'origine de l'émotion te permet de gérer.
Ce que j'essaie de dire, peut-être maladroitement, c'est que moi, cela ne me suffit pas pour gérer.
Je sais pourquoi je ressens tel ou tel sentiment, mais il n'en est pas moins violent, prégnant, envahissant.

Y a quelqu'un d'autre qui expérimente cela???

Souriz en mode "en fait je suis moins tant plus bizarre que je ne l'aurais pas cru que je le soite"


Ps :envoyé d'un téléphone, désolée pour les accents manquants.
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar arizona » Ven 28 Fév 2014 23:27

Nan t'es pas bizarre, t'es Souri !! Pas pareil :ensoleillé:

Bon je vais faire la lourdingue, et continuer à causer, je vais essayer autrement.
Parce que ce n'est pas seulement le pourquoi de cette émotion, sa provenance, son origine, etc etc.
C'est le : pourquoi me submerge-t'elle, et comment faire pour que ne pas ? Toi Souri tu a apparemment accès à la première information, mais pas trop à la seconde. Mais ces deux informations sont cachées derrière ta vitre… et ne sont pas forcément liées entre elles.

Prennons la douleur. ( physique j'entends ). Disons, puisque c'est ton cas, qu'on sait d'où elle vient. Peu importe, disons un nerf bien coincé.
Parfois, elle submerge, on ne peut pas la contrôler du tout.. parfois tant, que l'on s'évanouit. Cela m'est déjà arrivé, et c'est comparable au disjoncteur dont on parle plus haut.
Ici ce n'est pas l'origine de la douleur dont on parle, elle est connue. Ce dont on parle, c'est qu'on s'est évanoui de douleur.
Si je comprends ce que tu dis, tu n'as pas de signe qui te permet de voir qu'elle va te submerger ? Parce que si tu as des signes, il y a aussi moyen de la contrer. S'isoler, se concentrer, prendre des médocs, etc.. Sanders par exemple explique comment elle voit arriver les choses, et comment elle a appris à les gérer, mais si je comprends bien, toi pas ?
( C'est pas une critique, hein, on discute, pour moi aussi, il y a des émotions que je peux reconnaître comme telles, et leur origine - ou tout au moins une part - , mais dont je ne comprends pas l'intensité, je pense que c'est le cas de tout le monde ).

Je prends un autre exemple, que je schématise à l'extrême : Un enfant va connaître une réelle peur provenant par exemple d'un objet rouge faisant énormément de bruit. Il va être identifié que ce qui a fait peur à l'enfant, c'est le bruit.
Disons que l'enfant connaît une seconde peur avec un objet rouge plein de voyants lumineux hyper agressifs. Cette seconde peur est beaucoup plus intense, et devient à peine gérable. La conclusion vite faite, c'est que les lumières aléatoires et agressives font plus peur à l'enfant que le bruit.
Or, ces deux objets sont rouges. L'enfant, lors de sa peur avec le bruit, inconsciemment, a associé la couleur rouge au bruit et à la peur.
Sa deuxième peur sera plus grande, parce que le rouge est quelque par associé à la peur, dont ça rajoute une couche, et ensuite parce que le fait que l'objet soit rouge, lui fait craindre que le bruit se mette de la partie, en plus des lumières. Mais lui-même ne s'en rend pas compte. Ni parfois personne, pendant longtemps.
Simplement, il va penser connaître l'origine de ses peurs - le bruit, et là, c'est juste. Mais il va aussi penser que la lumière lui fait plus peur que le bruit, et là c'est faux… Il a construit cette image, de par sa première expérience, qui a été bien plus terrifiante avec la lumière que le bruit.

C'est pas si simple, je trouve, d'être si sûr ni de l'origine de ces émotions, ni du pourquoi de leur intensité… Toi tu as l'air d'avoir des certitudes, tu dis : je sais pourquoi je ressens tel ou tel sentiment, et franchement, ça m'épate. Je veux bien savoir comment tu fais :)
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar sourizeante » Sam 1 Mar 2014 10:53

arizona a écrit: Bon je vais faire la lourdingue, et continuer à causer, je vais essayer autrement.


Où tu as vu que tu faisais la lourdingue ? En tout cas, pour ma part, je ne vais pas te reprocher de m'aider à réfléchir. :-)

arizona a écrit: Prenons la douleur. ( physique j'entends ). Disons, puisque c'est ton cas, qu'on sait d'où elle vient. Peu importe, disons un nerf bien coincé.
Parfois, elle submerge, on ne peut pas la contrôler du tout.. parfois tant, que l'on s'évanouit. Cela m'est déjà arrivé, et c'est comparable au disjoncteur dont on parle plus haut.
Ici ce n'est pas l'origine de la douleur dont on parle, elle est connue. Ce dont on parle, c'est qu'on s'est évanoui de douleur.

J'avais jamais fait le rapprochement, c'est super intéressant cette comparaison.
Cela m'interpelle d'autant plus que j'ai une très forte tolérance à la douleur physique, c'est quelque chose que je gère très bien
(ou alors je pense le gérer et j'ai jamais eu vraiment mal... Mais bon, je vis au quotidien avec un disque pincé et une sympathique sciatique. Et puis, un accouchement sans péridurale, ça me semble une bonne référence dans ce domaine. :muscle: )

Du coup, là tout de suite, je me demande quelle stratégie j'ai mis en place par rapport à la douleur physique et comment je peux l'appliquer au trop plein d'émotion...

En fait, depuis toute petite on me répète que c'est normal d'avoir mal, alors je crois que je l'accepte, alors que je n'ai jamais été "éduquée" à accepter les émotions.
Cela me semble rejoindre les réflexions de certaines (ben vi pour le moment, si j'ai suivi, y a que des filles qui interviennent) dont sandrinef sur le fait d'accepter ce qu'on vit.
Faut que je creuse ...

arizona a écrit: C'est pas si simple, je trouve, d'être si sûr ni de l'origine de ces émotions, ni du pourquoi de leur intensité… Toi tu as l'air d'avoir des certitudes, tu dis : je sais pourquoi je ressens tel ou tel sentiment, et franchement, ça m'épate. Je veux bien savoir comment tu fais :)

Arfff, des certitudes, je n'en ai jamais réellement sur rien tu sais. Mais j'ai la prétention d'être lucide. Bien sûr, il n'est pas exclu que parfois je confonde des émotions, cela m'est arrivé dans le passé, mais c'est de plus en plus rare.

Je crois que pour bien identifier l'origine d'une émotion, il ne faut pas s'épargner, se regarder sans angélisme.
Comme par exemple, admettre que parfois ce qu'on prend pour de la tristesse c'est juste une blessure d'orgueil.

Souvent, on se trompe parce qu'on refuse de voir que certaines émotions sont mues par des instincts primaires. Ou on refuse d'admettre avoir des émotions que la "morale générale" réprouve (désir, envie, jalousie, colère...) sous prétexte qu'elles appartiennent au coté obscur de la Force...

Offtopic :
Ca manque, un smiley Darth Vador. :lol:
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar madeleine » Sam 1 Mar 2014 18:29

Si je peux m'incruster deux minutes avec mes gros sabots, pour amener un ptit truc sur l'émotion (sabordage, débordage, terreur et censure, mille sabords)
elle a plein d'origines, dont certaines n'ont rien à voir avec la causalité directe.
Je m'esplique.
le vecteur d'une émotion c'est de la chimie ; adrénaline et consorts; des fois c'est lié à des expériences iRL et des fois bêtement à des déséquilibres dans des systèmes proches et ça se cumule. P.ex. cycle oestrogène-progestérone déséquilibré amène déséquilibre du sommeil, troubles anxieux, pleurs incoercibles et paradoxaux etc.
En outre la partie du cerveau qui traite ces signaux est totalement dépendante de la qualité des informations qui lui sont soumises et cherche ensuite à faire une construction sensée avec ce dont il dispose, mais c'est parfois très absurde.
exemple : Je me sens affreusement triste, il n'y a à cela aucune raison objective mais mon cerveau va en construire une parce que c'est son job. Ou parfois, il n'y arrive pas et alors il se met en mode non-sense pour un temps plus ou moins long mais là, il ne propose plus aucune interprétation de la réalité, d'où cette sensation de déconnexion.
Tout ça sort du travail de Michael S. Gazzaniga, chercheur en sciences cognitives. Je suis en train laborieusement d'extraire un résumé de son ouvrage "Le libre arbitre et la science du cerveau" pour alimenter un autre fil qui me tient à coeur ;) , mais si vous trouvez cette hypothèse intéressante, je peux développer un peu ici aussi.
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar *Za* » Sam 1 Mar 2014 19:01

madeleine a écrit:Le vecteur d'une émotion c'est de la chimie ; adrénaline et consorts; des fois c'est lié à des expériences iRL et des fois bêtement à des déséquilibres dans des systèmes proches et ça se cumule. P.ex. cycle oestrogène-progestérone déséquilibré amène déséquilibre du sommeil, troubles anxieux, pleurs incoercibles et paradoxaux etc.
En outre la partie du cerveau qui traite ces signaux est totalement dépendante de la qualité des informations qui lui sont soumises et cherche ensuite à faire une construction sensée avec ce dont il dispose, mais c'est parfois très absurde.
exemple : Je me sens affreusement triste, il n'y a à cela aucune raison objective mais mon cerveau va en construire une parce que c'est son job. Ou parfois, il n'y arrive pas et alors il se met en mode non-sense pour un temps plus ou moins long mais là, il ne propose plus aucune interprétation de la réalité, d'où cette sensation de déconnexion.

Madeleine, j'y pensais justement aujourd'hui, suite aussi au post d'arizona qui parlait de la douleur...
Je m'explique aussi : on a parlé plus haut du fait de se sentir comme sous médocs.
Ça m'a rappelé qu'il y a pleins d'autres moments où je me sens comme droguée ou saoule sous un excès d'émotions ou plus généralement d'agitation intérieure, sans pour autant me sentir vide.

L'idée est : si on est hypersensible, est-ce que les neurotransmetteurs, ou la sensibilité des récepteurs, n'ont pas tendance à s'emballer facilement ?

Dans ce cas, on pourrait tomber facilement dans des impressions très fortes d'euphorie, excitation, ou au contraire d'abattement total voire de vide...
Drogués par notre propre chimie interne.
Ces passages à vide n'étant donc qu'un cas particulier des sursauts incontrôlables de nos petites molécules ^^.

J'espère qu'on ne tombe pas dans du farfelu... Mais est-ce que ça vous parle ?
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar Hoppy » Sam 1 Mar 2014 20:49

Je ne trouve pas que l'on tombe dans des réflexions farfelues. Je veux dire, c'est tout de même prouvé que la chimie de notre cerveau peut facilement mener la danse. Les endorphines par exemple, parce que j'ai l'impression que c'est celle-ci la chouchoute des études à ce sujet.

Aussi, comme l'a cité Madeleine, il y a l'adrénaline ou le cortisol qui, après un petit shoot du cerveau peut nous donner cette impression d'être sous médoc. C'est un peu le même principe qu'une drogue en fait, tout ce qui monte finit par redescendre et cela peut donner des sensations étranges. Ce sont les glandes surrénales qui génèrent tout cela, je trouve ça forcément logique qu'il y ait un impact sur le système nerveux dans son ensemble. Je pense que ce fonctionnement-là pourrait s'appliquer à tout le panel d'émotion avec des réactions forcément différentes en fonction de l'émotion ressentie.

Après, je m'interroge régulièrement sur ce sujet en lien avec la douance. Je me demande si le fait que par exemple, il y ait plus de connexions neuronales, nous n'avons pas plus de chances de ressentir ces "effets secondaires" là ou alors plus intensément forcément. Cela me parait logique que l'hypersensibilité du surdoué engendre plus d'actions et donc de réactions dans le cerveau d'une personne à haut potentiel qu'une personne normale. En fait, je me demande si on ne vivrait pas l'hypersensibilité différemment en fonction du potentiel de la personne.

Je m'éloigne un peu du sujet, mais pas tant :angel:
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar madeleine » Dim 2 Mar 2014 10:19

Hoppy a écrit:Après, je m'interroge régulièrement sur ce sujet en lien avec la douance. Je me demande si le fait que par exemple, il y ait plus de connexions neuronales, nous n'avons pas plus de chances de ressentir ces "effets secondaires" là ou alors plus intensément forcément. Cela me parait logique que l'hypersensibilité du surdoué engendre plus d'actions et donc de réactions dans le cerveau d'une personne à haut potentiel qu'une personne normale. En fait, je me demande si on ne vivrait pas l'hypersensibilité différemment en fonction du potentiel de la personne.


*Za* a écrit:Ça m'a rappelé qu'il y a pleins d'autres moments où je me sens comme droguée ou saoule sous un excès d'émotions ou plus généralement d'agitation intérieure, sans pour autant me sentir vide.

L'idée est : si on est hypersensible, est-ce que les neurotransmetteurs, ou la sensibilité des récepteurs, n'ont pas tendance à s'emballer facilement ?


Je rapproche les deux questions qui me paraissent parler de la même chose, le lien avec le surdon.
Ca me questionne aussi :-)
Il me semble, en l'état actuel de ma recherche à ce sujet, que la personne HP a plus de chances de sur-interpréter ses émotions et donc de créer des boucles rétroactives, que de "sur-sentir" l'émotion. Ce qui caractérise le haut potentiel d'un point de vue neurologique ce sont des activation particulières dans le cortex, et non pas (mais à vérifier) dans le cerveau limbique qui traite les émotions.
Les émotions, ce sont des "objets" plutôt bruts, puissants, que nous partageons avec a minima tous les mammifères, ce qui permet une certaine empathie avec les musaraignes ; il semblerait que nous nous singulariserions dans le traitement secondaire, réflexif et cortical que nous en faisons.
Ce qui me paraît donc possible, c'est qu'une personne dotée d'un réseau neuronal plus dense que la moyenne court le risque d'accorder trop de sens, trop d'investissement à sa "chimie interne" et par là d'éventuellement la surexciter.
Mais on peut aussi envisager d'autres explications à la sur-émotivité, des voies neurale privilégiées différentes sans faire intervenir le surdon ; ça vaudrait la peine de chercher.
D'où l'intérêt de la méditation et de toute technique qui permet de débrancher, le temps que le corps évacue le trop-plein de chimie contradictoire (ça doit faire un sacré cocktail!).
Il y a un intérêt également à poser des freins dans nos cartes mentales, nos représentations de la validité de nos émotions, de manière à éviter les effets de boucle et l'inévitable saturation, du type humour, dialogue, mais aussi sport.
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar Raphaël » Dim 2 Mar 2014 15:36

Voilà quelques jours que je lis ce topic en y réfléchissant...

Si les émotions sont des objets bruts et puissants que nous partageons avec les animaux, la psyché humaine dispose d'une grande capacité à générer des émotions au fil des pensées. Manger une madeleine va provoquer chez l'animal un plaisir de manger, et une satiété, et chez un narrateur de Proust le point de départ d'À la Recherche du Temps Perdu, une cascade de souvenirs, puis une réflexion sur la mémoire, le temps et la littérature publiée en sept tomes et quinze ans.

La douance là dedans? C'est juste la mise à disposition d'un véhicule à enchaîner les pensées et donc à créer de l'émotion avec un moteur plus puissant que la moyenne. Et parcourir les routes de la pensée à toute vitesse, c'est tantôt grisant, tantôt anxiogène, selon la nature des routes que l'on prend. D'où des chances plus importantes de faire des dépressions, et une plus grande capacité de résilience. D'où les mood swings, l'on enchaîne les pensées et les émotions qui en découlent, changeant notre humeur au gré des virages et des cahots.

Je suppose que vous savez que le système nerveux dispose d'une capacité d'anesthésie. Et que le corps peut réduire, de lui-même, sa sensibilité à la douleur si celle-ci se fait longue, ou si des impératifs extérieurs entrent en jeu. Plus impressionnant, le cerveau est capable d'évaluer les chances de douleur future, et d'anesthésier la partie concernée à l'avance. Par exemple quand on fait une prise de sang à notre voisin de chambrée, à l’hôpital, le cerveau anesthésie le bras correspondant à celui qui se fait piquer chez le voisin...

Du coup il ne me paraît pas absurde de penser que, suite à des émotions et des pensées anxiogènes par leur nature ou par leur intensité/rythme, l'esprit puisse s'anesthésier. Bon, dans les faits cette anesthésie serait difficile à différencier de la simple fatigue générée, et je n'y crois pas trop. Mais c'est surtout de l'anesthésie préventive dont je voulais parler.
L'esprit reconnaît les situations potentiellement anxiogènes et déclare le blocus et/ou l'anesthésie préventive, qui "tuerai" alors l'émotion dans une phase dépressive plus ou moins courte/longue et plus ou moins intense.

Sinon, étant moi même sujet à des mood swings impressionnants, je connais cette ivresse de sens. Au cours d'une conversation particulièrement animée, ou quand je lis à voix haute un roman très prenant avec la musique à fond la caisse... Cette ivresse de sens peut donner le vertige aussi sûrement que l'ivresse des sens. Les pensées naissent et meurent comme des bulles de champagne. Elles passent et tournent en laissant des traînées de feu tels les phares des citées nocturnes filmées en avance rapide.

Et quand ce sont des pensées négatives, colériques, angoissées, alors là ce sont les bulldozers et les tanks qui passent en avance rapide, ils érodent les routes, créent des fissures, des crevasses, des canyons, des saignées qui siphonnent la lumière, l'espoir et la raison comme autant de trous noirs... À ce moment là, l'anesthésie est vécue comme l'armistice. La fin des hostilités, comme une chance de repos. Le néant est plus agréable que la torture...
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar madeleine » Dim 2 Mar 2014 18:16

Raphaêl te lire est une chance ! Dis comme ça ça fait presque envie :D
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar *Za* » Lun 3 Mar 2014 06:04

Raphaël a écrit:Je suppose que vous savez que le système nerveux dispose d'une capacité d'anesthésie. [...]
L'esprit reconnaît les situations potentiellement anxiogènes et déclare le blocus et/ou l'anesthésie préventive, qui "tuerai" alors l'émotion dans une phase dépressive plus ou moins courte/longue et plus ou moins intense.
Ta théorie est en effet très intéressante.
Ça me fait repenser à l'hypothèse de base de la psy de Cyrano : si, à cause de cette "surexcitabilité" liée à la douance (plus forte encore chez les THQI ?...), on subit trop violemment les fortes variations de notre chimie interne, est-ce qu'à un moment le cerveau ne choisirait pas l'anesthésie durable pour avoir la paix ? Être "drogué" contre son gré, ça va bien cinq minutes. Du coup, on se déconnecterait, et on garderait l'anesthésie émotionnelle comme fonctionnement par défaut.
(Très, très flippant de mon point de vue).
Offtopic :
Raphaël a écrit:À ce moment là, l'anesthésie est vécue comme l'armistice. La fin des hostilités, comme une chance de repos. Le néant est plus agréable que la torture...
Je pense qu'on vit ces moments chacun différemment... Pour moi, l'anesthésie, ce vide, à part comme passage après crise, ça peut être la pire des choses, vraiment. Je préfère encore la douleur au néant.
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar Miss dans la lune » Lun 3 Mar 2014 23:04

J'ai l'impression que tout le monde n'entend pas la même chose de ce mot « déconnexion » :
- Le lâcher-prise.
- L'épuisement consécutif à un flot trop important d'émotions.
- Le disjoncteur position off qui serait alors un système de sauvegarde d'urgence (comme l'évanouissement dans la douleur dont parlait arizona)
- ... ?
Ce serait intéressant que vous donniez des exemples concrets.
Dans ton exemple souriz, celui de la surprise de tes amis, je me demande ce que tu as ressenti.
Une joie immense, mais que tu n'as pas su exprimer ? Une joie modérée, du coup en décalage avec la joie espérée de tes amis ? Avec du coup, la sensation de leur être redevable ? De la gêne de te retrouver au centre de tous les regards ? Une absence totale d'émotions ?...?

Comprendre une émotion ce n'est pas seulement identifier la situation responsable de celle-ci.
Bon parfois, c'est simple : il est mort --> je suis triste.
D'autres fois les émotions sont complexes, ou ne sont pas directement corrélées à la situation. Je ne sais pas, prenons la honte, un mélange de colère et de tristesse. Une honte vraiment envahissante, paralysante. Je ne suis pas sûre que cela soit si simple de reconnaître son origine. Si l'on ne fait pas une petite introspection, on risque juste de vouloir éviter les situations dans lesquelles elle pourrait se manifester, la mettre au tiroir et essayer de l'oublier. Et elle reviendra. C'est en ça que je parlais de dissection, c'est de l'auto-dissection.

(En psychiatrie, les phobiques, ou les personnes en état de choc post traumatique (après un accident grave par exemple) peuvent bénéficier d'une thérapie cognitive-comportementale. Le principe c'est de les remettre progressivement dans la situation de leur peur irrationnelle (ascenseur, magasin, remonter dans une voiture...) . À force, une nouvelle boucle s'installe, et c'est le phénomène d'habituation : l'émotion disparait, ou au moins décroit.)

Enfin voilà, juste pour dire que je ne pense pas que subir passivement ses émotions soit une fatalité, même chez les surdoués. (Mais je suis ptêtre optimiste hein!)

( Et aussi que les « codes » (encore) ne font que les accentuer, puisqu'ils empêchent souvent leur expression et leur verbalisation.)
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Re: Quand trop d'émotion tue l'émotion

Messagepar *Za* » Mar 4 Mar 2014 07:25

Miss dans la lune a écrit:J'ai l'impression que tout le monde n'entend pas la même chose de ce mot « déconnexion » :
- Le lâcher-prise.
- L'épuisement consécutif à un flot trop important d'émotions.
- Le disjoncteur position off qui serait alors un système de sauvegarde d'urgence (comme l'évanouissement dans la douleur dont parlait arizona)

Peut-être qu'on a un peu digressé du sujet de départ. Mais si tu relis bien le premier post de sourizeante, c'est assez clair. Faisons abstraction du passage qui parle des émotions en elles-mêmes et d'où elles proviennent, etc. de "Au départ" jusqu'à "...somatisation", paragraphe qui a entraîné pas mal de remarques.

Le cœur du sujet, c'est bien :
Surplus d'émotions ---> déconnexion involontaire, brutale, précédée ou non d'un moment de crise. Anesthésie plus ou moins longue de la pensée et des émotions.
(tu es d'accord, Souri ?)

Ce n'est pas un lâcher-prise, parce qu'il ne se fait pas consciemment. Ce n'est pas non plus un "simple" épuisement, ça va bien plus loin, c'est vraiment une sensation de vide intense, comme si l'on n'existait plus vraiment.
Il se peut que ce soit une sauvegarde d'urgence, qui nous coupe brutalement de nos émotions. Il se peut que ce soit au contraire ce qui arrive quand on a laissé les émotions s'amonceler au-delà de notre capacité à les supporter. Effectivement, sur ce point je ne suis pas sûre qu'on parle exactement de la même chose avec Arizona... ou bien on ne le vit pas pareil. En tout cas, pour ma part, la description de Souri de ces moments correspond précisément à ce que j'ai pu ressentir. Est-ce possible qu'il s'agisse d'une forme d'"auto-anesthésie", avec une base chimique ? Je n'en sais rien.

Miss dans la lune a écrit:Comprendre une émotion ce n'est pas seulement identifier la situation responsable de celle-ci.
[...]
Enfin voilà, juste pour dire que je ne pense pas que subir passivement ses émotions soit une fatalité, même chez les surdoués. (Mais je suis ptêtre optimiste hein!)
( Et aussi que les « codes » (encore) ne font que les accentuer, puisqu'ils empêchent souvent leur expression et leur verbalisation.)

C'est vrai, le fait d'observer ses émotions, d'essayer de les comprendre, permet parfois d'éviter le trop-plein, de baisser la pression/l'agitation interne. C'est une bonne piste, mais ce n'est pas toujours facile, ni suffisant...
Pour les exemples concrets, je dirais que ça peut survenir à l'issue de n'importe quelle période un peu trop riche émotionnellement, surtout si je n'ai pas pu bénéficier de moments tranquilles, à moi, où évacuer justement un peu de ce trop-plein. Ça peut être suite à une semaine particulièrement stressante où j'ai eu à faire face à des conflits au boulot + d'autres sources de stress à la maison (par exemple un proche malade). Ça peut-être suite à un super week-end entre amis, ou une soirée particulièrement allumée. Ça m'est arrivé aussi suite à un accrochage en voiture, au milieu d'une semaine très chargée.
Il y a un moment où une mini-goutte fait basculer le disjoncteur, et là, BLANC, ton cerveau décide de ne plus être là.
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